Tour de France 2022 - Alpe d'Huez - Romain Bardet à quitte ou double : "C'était un coup à exploser…"

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TOUR DE FRANCE 2022 - Contrairement au Col du Granon, Romain Bardet a subi les événements dans l'ascension de l'Alpe d'Huez ce jeudi. Distancé à 4,5 kilomètres du sommet, l'ancien dauphin de Jonas Vingegaard n'a concédé que 19 secondes sur la ligne. La preuve qu'il n'était pas loin du niveau du maillot jaune et de Tadej Pogacar. Il a préféré prendre "son rythme" de peur d'exploser.

Bardet : "J'ai pris un coup de chaud au milieu de l'Alpe"

Video credit: Eurosport

Il y a bien longtemps que Romain Bardet ne s'était pas retrouvé deuxième du classement général du Tour de France. Depuis 2017 en fait, au matin d'un chrono terrible pour lui à Marseille qui l'avait vu chuter d'un rang et sauver son podium pour une petite seconde. Pour se faire dauphin de Jonas Vingegaard, l'Auvergnat a dû puiser loin dans les réserves. La bataille du Galibier au Granon fut terrible, mais il avait tenu le choc, faisant mieux que se défendre. La chanson a été différente vers l'Alpe d'Huez. Cette fois, Bardet a encaissé tout en limitant. Son expérience lui a dicté de monter vers l'arrivée à son rythme, pour ne pas trop perdre.
"Ce n'était pas une super journée pour moi. J'ai eu un coup de chaud dans l'Alpe d'Huez, j'ai commencé à avoir des frissons, se remémore Bardet, excellent depuis le lancement du Tour à Copenhague. J'ai préféré prendre mon rythme, sinon c'était un coup à exploser complètement et ce n'était pas ce que je voulais." Habituellement, quand un leader craque si loin de l'arrivée (plus de quatre kilomètres dans son cas), l'addition peut être salée. Entre 45'' et 1'30'' selon s'il explose complètement et/ou que ses adversaires haussent le rythme ou pas.
Il n'en a rien été pour un Bardet qui a coupé la ligne 19 secondes seulement après Tadej Pogacar qui a pourtant accéléré trois fois, en comptant son sprint final, pour décramponner ou au moins tester Jonas Vingegaard. Même dans ces conditions, Bardet les a gardés à portée de tir. "Ça ne s'est pas joué à grand-chose parce qu'ils ne montaient pas plus vite devant, j'aurais peut-être dû me positionner un peu mieux." Des regrets ? Pas vraiment au final car le coup de chaud fut sérieux pour un Bardet qui a évité le pire.
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"A un moment donné, j'ai vraiment senti la chaleur qui m'envahissait. Quand j'ai commencé à avoir les frissons, le pouls qui tapait dans les tempes, je me suis dit qu'il fallait que je prenne mon rythme." Bien que l'impression visuelle ne fut pas impressionnante, les Jumbo-Visma ont imposé un rythme élevé au pied de l'Alpe d'Huez. Pour preuve, Pogacar, Vingegaard, Thomas, Mas, Kuss, Yates, mais aussi Bardet ont dompté ses 21 lacets en moins de 40 minutes, loin d'être anodin.
Questionné sur le moment où il a lâché, Bardet a détaillé le cheminement qui l'a poussé à prendre la décision de monter à son rythme : "C'était une question de gestion, soit essayer de tenir 30 secondes et si ça ne montait pas plus vite, je pouvais tenir. Et dans le cas contraire, j'explosais. Je savais que je pouvais tenir ce rythme jusqu'à l'arrivée." Du haut de ses neuf Tour de France, Bardet a imité Gaudu qui préfère, depuis mercredi, ne pas prendre le risque de s'exposer à la grosse défaillance, celle qui vous écarte de la lutte pour le podium. Celle qu'a connu Enric Mas au Granon par exemple (+8'08'' sur Vingegaard).
"C'est le Tour de France aussi : les journées où on est moins bien, il faut savoir faire le dos rond", conclut Bardet. Après le chrono, les pavés, la Planche et les Alpes, il est quatrième du général à seulement neuf secondes du podium et 13 de Tadej Pogacar. Il aurait sans aucun doute signé pour un tel bilan le 20 mai dernier quand, la mort dans l'âme, il abandonnait le Tour d'Italie. C'était sur la 13e étape, ce chiffre maudit pour lui qui avait vu ses espoirs s'envoler sur la 13e journée du Tour 2020. Ce vendredi, le Tour 2022 vivra du Bourg d'Oisans à Saint-Etienne sa… 13e étape.
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