Un savant mélange. Tadej Pogacar donne, déjà, l'impression de connaître toutes les ficelles du métier, quand il doit slalomer entre les questions pièges. Mais le prodige slovène dégage, toujours, un sentiment d'innocence qui vient nous rappeler qu'il n'a que 23 ans. La conférence de presse qu'il a tenue avec son équipe UAE Emirates, ce jeudi, veille de départ du Tour de France, a ainsi transpiré la quiétude.
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"Je ne pense pas à l'histoire tant que cela, presque pas du tout d'ailleurs", a répondu le double tenant du titre, quand il a été questionné sur la perspective d'intégrer la caste des triples lauréats de la Grande Boucle. Sa préparation a été "bonne, pas très différente de l'an passé". "Je suis peut-être même un peu plus confiant", avertit Pogacar, qui vient de remporter son Tour national… comme en 2021.
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Nous n'avons pas besoin d’être agressifs ou défensifs
Sa polyvalence peut lui permettre d'attendre la haute montagne pour frapper, tout comme de tirer profit d'une entame taillée pour les spécialistes des classiques. Mais pour lui, il n'y a pas de débat sur le moment opportun pour se dévoiler : "La première semaine est difficile, avec des possibilités de bordures, des pavés, le pont… mais nous sommes une équipe très forte, unie, nous n'avons pas besoin d’être agressifs ou défensifs."
"Nous devons juste être bien placés et nous sommes prêts à cela", a résumé Pogacar. Cette première semaine passée, Rafal Majka pourrait lui être d'un précieux soutien. Leur compli-cité, frappante lors du Tour de Slovénie, s'est encore illustrée jeudi. Quand le grimpeur po-lonais, présent lors de ce point presse, a comparé le temps qu'il passe avec sa femme et celui qu'il partage avec son leader, les deux hommes ont ri de bon cœur.

Tadej Pogacar hilare, en conférence de presse, à la veille du départ - Tour de France 2022

Crédit: Getty Images

Pogacar-Vingegaard, du rire aux larmes

Cet éclat de rires a fait écho à la présentation des équipes, mercredi à Copenhague, d'où le Tour de France (1er-24 juillet) s’élancera vendredi. Sur l'estrade, "Pogi" a fait son one-man-show. Quelques minutes plus tôt, Jonas Vingegaard s'y était présenté les yeux embués, gagné par l'émotion d'un départ à domicile, qui lui ajoute une dose de pression. Le contraste est prégnant, entre l'attitude de Pogacar et celle de son dauphin de l'an dernier.
Un dauphin que Tadej Pogacar estime, à en croire ses propos. La tête d'affiche de l'équipe UAE Emirates a refusé d'établir une hiérarchie entre ses challengers, dans un discours très convenu : "Il y a trois semaines de course, tellement d'équipes et de coureurs très forts…" Mais il a salué les qualités de Vingegaard, "un des meilleurs grimpeurs du monde" qui cohabite avec Primoz Roglic chez Jumbo-Visma : "Il a prouvé qu'il pouvait être bon sur un Grand Tour, il est très complet."

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Je ne pense pas être capable (de gagner le chrono)
C'est d'un contre-la-montre majestueux que Pogacar a choqué le monde du cyclisme et conquis son premier Tour de France, en 2020. Dès la 1re étape, il pourrait être attendu sur le podium, d'où un calme d'autant plus désarmant. "J'ai des gens importants autour de moi, parmi mon équipe, mes amis, un bon environnement qui ne me met pas de pression. On se fait confiance, cela aide à être relax avant la plus grande course du monde", explique-t-il.
Quant à ce premier round de 13,2 kilomètres, il ne l'aborde pas comme un favori, même s'il ne craint pas de prendre les commandes trop tôt - "tu ne dis jamais non au maillot jaune" : "Je ne pense pas être capable (de gagner le chrono, NDLR), je vais faire mon maximum, chaque chrono pour moi est une histoire différente." Comme chaque Tour débute par une page blanche. Mais Pogacar en a toujours écrit l'épilogue victorieux, en deux essais.

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