Tour de France 2024 - 3e étape : Biniam Girmay vainqueur au sprint, Richard Carapaz en jaune

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C'était le jour de gloire de Biniam Girmay. L'Érythréen a remporté la 3e étape du Tour de France, qui s'est conclue par un sprint nerveux et marqué par une grosse chute dans le final. Le coureur de l'équipe Intermarché-Wanty a devancé Fernando Gaviria et Arnaud De Lie. Tadej Pogacar a vécu une journée tranquille, mais a cédé son maillot jaune à Richard Carapaz, mieux classé que lui à l'arrivée.

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Troisième jour et troisième maillot jaune différent sur le Tour. Après Romain Bardet et Tadej Pogacar, c'est Richard Carapaz (EF Education-EasyPost) qui s'empare de la tunique de leader, une première pour lui, à l'issue de la 3e étape remportée à Turin par Biniam Girmay (Intermarché-Wanty), premier Érythréen à lever les bras sur la Grande Boucle. L'Equatorien demeure classé dans la même seconde que le Slovène mais le devance désormais à l'addition des places, un mouchoir dans lequel se trouvent toujours Remco Evenepoel (3e) et Jonas Vingegaard (4e) à la veille de la traversée des Alpes.
C'était le jour le plus long, la plus grande distance à parcourir sur cette 111e édition du Tour avec 230,8 kilomètres au départ de Plaisance. Elle ne laissera pas un souvenir impérissable : pas d'échappée à se mettre sous la dent avant le festin du sprint, à l'exception de la doublette d'Uno-X (Abrahamsen et Kulset) qui a tronqué sa fugue d'une pause-pipi, à 219 km de l'arrivée, puis du solo pour le prix de la combativité de Fabien Grellier (TotalEnergies), sorti à 66km de la ligne et repris 37 bornes plus loin.
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Un jour (presque) sans échappée

Mais les temps faibles sont la rançon des temps forts, le prérequis de leur existence, et celui-ci a soulagé les corps déjà usés par deux premières étapes harassantes, à la veille de remettre le couvert sur le Galibier, premier gros morceau de ce Tour de France. Il y eut pourtant une passe d'armes entre les cadors, assez unique en son genre. Les quatre premiers du général se tenant dans la même seconde, c'est à l'addition des places qu'il faut les départager depuis dimanche.
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Au départ de la 3e étape, Pogacar menait la danse (18) devant Evenepoel (20), Vingegaard (29) et Carapaz (32). Si l'on pouvait douter de la volonté réelle de Pogacar de conserver son maillot jaune aussi loin de l'arrivée à Nice, et de celle de Vingegaard de lui prendre pour les mêmes raisons, Evenepoel et Carapaz n'ont pas les mêmes hautes ambitions finales et le palmarès assez large pour oser faire la fine bouche.

Carapaz en bon comptable

Les deux n'avaient d'ailleurs jamais goûté au maillot jaune et c'était une assez bonne raison que de se mettre à table, surtout vu le peu d'efforts à faire pour le revêtir. Il fallait accepter de frotter avec les grosses cuisses intéressées par la victoire d'étape, ce qui n'est pas sans risque, et réussir à éviter la chute massive qui a coupé le peloton en deux, et mis fin aux ambitions du favori Jasper Philipsen, après la banderole des trois derniers kilomètres, juste ce qu'il faut pour laisser tout le monde dans le même temps malgré les écarts sur la ligne.
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Grande première pour Girmay

Idéalement emmené par ses coéquipiers, Carapaz fut le seul membre du quatuor "survivant" dans le premier groupe. En prenant la 14e place d'étape, alors que Pogacar ne s'est classé que 38e, il ravit donc le maillot jaune à ce dernier pour devenir le premier Equatorien à le porter. Pour Girmay et l'Erythrée, il s'agit aussi d'une grande première. Seulement deux coureurs du continent africain avaient déjà remporté une étape sur le Tour, deux Sud-Africains : Robert Hunter à Montpellier en 2007 et Daryl Impey à Brioude en 2019. On ne l'avait pas vraiment vu venir, pour le coup, Girmay n'étant au mieux qu'un outsider parmi d'autres vu la densité du plateau des sprinteurs sur ce Tour.
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Mais il n'y a pas eu photo sur la ligne. Il s'est imposé avec un beau vélo d'avance sur Fernando Gaviria (Movistar), Arnaud de Lie (Lotto Dstny) et Mads Pedersen (Lidl-Trekà) pour signer sa troisième victoire de la saison et sa deuxième sur un grand tour, deux ans après son triomphe sur le Giro (10e étape), qu'il avait dû quitter le soir-même en se prenant, sur le podium, le bouchon de sa bouteille de champagne dans l'oeil.
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