Tour de France 2024 - Les chemins blancs, innovation mûrement réfléchie… et flop en prévision ?

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Sans cesse en quête de nouveautés sur les routes de la Grande Boucle, les organisateurs ont cette fois introduit au parcours de la 111e édition les chemins blancs. Une nouveauté sur le Tour que Thierry Gouvenou et Christian Prudhomme avaient depuis longtemps en tête de proposer, sans réussir à caler ces routes blanches aux magnifiques paysages. Mais à l’intérêt sportif qui reste à démontrer.

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Le symbole est évident. La ficelle presque trop grosse. Impossible de savoir si tout cela n’est que le fruit du hasard mais voir apparaître des chemins blancs au programme d’un Tour de France qui s’élance de Florence, capitale d’une Toscane et ses "Strade Bianche", est un sacré clin d’œil. Il s’agit surtout de la principale attraction d’une 111e édition plutôt classique en termes de cols, même si certains reviennent après une longue absence (31 ans pour Isola 2000, 16 pour la Bonette, etc…). Une nouveauté à laquelle les organisateurs tenaient depuis longtemps.
"On avait envie de mettre des chemins blancs depuis 2016, expliquait Thierry Gouvenou pour Cyclism’Actu. On voulait déjà en mettre sur l'étape d'Epernay en 2019, mais on n'avait pas trouvé les chemins qui nous convenaient, c'était trop dangereux. Et on a finalement trouvé ces chemins-là". Des secteurs blancs empierrés qui n’ont pas grand-chose à voir avec les Strade Bianche, dont l’influence n’est évidemment pas anodine sur cette recrudescence des chemins blancs sur les Grands Tours, après ceux du Giro en 2021 et, encore, en 2024. "Les chemins blancs, ça fait partie du cyclisme actuel", avoue Aurélien Paret-Peintre. Le Tour ne pouvait pas s’en passer éternellement. Et ne le souhaitait pas, d’ailleurs.
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"Notre dogme, c’est qu’il n’y a pas de dogme, en dehors d’une limite : ne pas avoir trois arrivées au sprint consécutives, expliquait Christian Prudhomme au micro de France Info. Loin des massifs, il faut aller chercher des terrains sélectifs. On utilise des côtes, des contre-la-montre, des pavés, et là on mise sur les chemins blancs de la Champagne. Ils sont souvent précédés ou suivis d’une côte, parfois très raide. Il y aura 2 000 mètres de dénivelé ce jour-là, et 32 kilomètres de chemins blancs". Un vrai terrain de jeu pour les coureurs habitués aux joutes des Strade Bianche et un terrain pas forcément favorable aux coureurs du classement général. Mais qui a fait ses preuves.
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"On y est allé pour le Tour de France femmes en 2022, et cela avait fonctionné", rappelle le directeur du Tour de France. Marlen Reusser (SD Worx) s’était alors imposée en solitaire sur des chemins blancs que les coureurs retrouveront en partie en juillet prochain. "On a été sur le terrain de nombreuses fois, poursuit Gouvenou. On a revu nos plans, puisqu'au début ce n'était pas Troyes-Troyes qui était prévu, mais c'était finalement le mieux pour emprunter les meilleurs passages. On a été très attentifs à la qualité des chemins." Une attention quasi obligatoire pour une étape qui sera sujette aux crevaisons, comme cela avait été le cas en 2022, et qui cristallise déjà toutes les curiosités. Peut-être même trop.
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"Comme pour l’étape des pavés de 2022, ça fait beaucoup de bruit pour finalement pas grand-chose, tempère Aurélien Paret-Peintre. Forcément il y a du spectacle parce qu’il y a des crevaisons, les mecs des classiques vont se disputer la gagne mais on a bien vu il y a deux ans qu’avec les favoris, dès qu’il y a un problème, les équipiers attendent et au final, on était arrivé groupé à 80, sans qu’il y ait trop d’écarts. Alors c’est difficile, oui. Ce sera une journée très stressante, il faut trouver le matériel pour, faire les reconnaissances nécessaires… Mais il n’y aura pas trop d’écarts". Après tout, sur le Giro 2021, à l’exception d’un Remco Evenepoel qui n’était pas en condition de disputer un Grand Tour après sa grave blessure, les favoris s’étaient tenus en une trentaine de secondes. Mais après tout, si cette 9e étape autour de Troyes nous réserve le même spectacle que sur les routes de Montalcino, ou que celui des Strade Bianche, qu’importe les écarts. Ce sera l’une des journées phares du Tour 2024.
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