Tour de France 2024 | Les débats du Tour : fallait-il emmener Lenny Martinez (Groupama-FDJ) sur le Tour ?

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Jonas Vingegaard a mis son équipe à rouler et s'est dévoilé face à Tadej Pogacar. Sans succès. S'est-il trompé de stratégie ? A l'attaque pour la première fois sur ce Tour de France, Lenny Martinez retrouve des couleurs, suffisant pour justifier sa présence sur la Grande Boucle ? Avec des écarts substantiels après la 15e étape, peut-on dire que le classement général est d'ores et déjà gelé ?

Vingegaard et Visma ont voulu l'essorer, Pogacar les a assommés : le résumé

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Vingegaard s’est-il trompé de stratégie ?

Amaury Erdogan-Gutierrez
Que pouvait-il raisonnablement faire de plus ? Après la correction de la veille, le double tenant de la Grande Boucle se devait de répliquer, et avec la forme. Cette fois, le terrain penchait de son côté, avec des conditions météorologiques avantageuses. Une chaleur étouffante qui a souvent été une alliée de choix face à un Tadej Pogacar qui abhorre les températures caniculaires. Bref, le décor planté, il fallait ensuite répondre présent.
Les acteurs rangés en ordre de bataille, le personnel de Visma | Lease a bike a défilé aux avant-postes du cortège, escortant un grimpeur touché par la varicelle et attendu au tournant. Le feu d’artifice n’est jamais arrivé. Sans faire pschitt, la détonation s’est lissée sur plusieurs kilomètres. "Vingo" et sa formation ont tout donné. Il n’a pas l’armada des années passées, ni celle de Pogacar. Et le Scandinave, amoureux des efforts longs et réguliers, ne peut rivaliser avec la giclette de son rival. Le Danois est tombé les armes à la main. Tombé sur plus fort, surtout.
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Une "belle déculottée pour Vingegaard" face à un Pogacar "énorme"

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Vincent Brégevin
Je rejoins Amaury. Pour moi, la Visma n'avait tout simplement pas d'autre choix que de passer à l'attaque sur le Plateau de Beille. Leur stratégie défensive ne se justifiait plus. Il fallait réagir après la claque reçue la veille sur le Pla d'Adet et les conditions s'y prêtaient. Bien sûr, le bilan est lourd à l'arrivée de cette 15e étape si l'on regarde la situation par le prisme du duel pour le maillot jaune entre Pogacar et Vingegaard, et c'est bien compliqué de faire autrement. Mais tout n'est pas à jeter.
La Visma aurait tort d'oublier que sa stratégie a aussi eu des conséquences positives. Elle a permis de consolider la deuxième place de Vingegaard en creusant un écart sur Remco Evenepoel. Et de distancer le reste de la concurrence. Pogacar est juste trop fort et le Danois peut difficilement se satisfaire d'une deuxième place sur un Tour qu'il a remporté à deux reprises. Mais face à ce Slovène que rien ne semble pouvoir arrêter, être le meilleur des autres est une grande performance, surtout pour un coureur qui n'avait aucune certitude en débarquant sur le Tour.
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Le tournant : A 5,5 km du Plateau de Beille, Pogacar accélère et achève Vingegaard

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Fallait-il emmener Martinez sur le Tour ?

Amaury Erdogan-Gutierrez
Nous sommes au crépuscule de la deuxième semaine, et le verdict est sans appel. Lenny Martinez n’a pas sa place sur ce Tour de France 2024. Le niveau brut du garçon n’est pas en cause, loin de là. Encore moins à un âge aussi précoce (21 ans), où ses temps de passage restent fulgurants. Mais le Cannois n’est clairement pas dans la forme de sa vie. En manque de jambes sur le dernier Tour de Suisse, dernière escale avant la Grande Boucle, le grimpeur de poche (1m68) y a affiché une condition déclinante, point de rupture d’un printemps victorieux, avec cinq bouquets dans l’escarcelle.
Il n’aurait pas dû prendre le départ à mon sens, surtout avec la Vuelta dans la foulée. L’épreuve ibérique correspond parfaitement aux qualités d’escaladeur racé du Français, plus jeune porteur du maillot rouge de l’histoire. Alors, certes, Martinez semble reprendre du poil de la bête après un début de Tour pénible, où il n’a pas lâché les derniers strapontins. Dimanche, le Tricolore s’est rebellé, malgré des sensations mitigées. Il s’est mêlé à la bagarre pour l’échappée du jour. Suffisant pour légitimer la décision de l’avoir embarqué ? Non. Seule une victoire d’étape me convaincra du contraire.
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Vincent Brégevin
Lenny Martinez rate son Tour de France, c'est la réalité du moment. Sa présence dans l'échappée sur la route du Plateau de Beille ne corrige pas mon impression. C'est trop peu pour un coureur dont on attend tellement, même s'il n'a que 21 ans. Sa baisse de régime était assez nette sur le Tour de Suisse, comme l'a souligné Amaury, et ses performances sur la Grande Boucle ne font que confirmer sa méforme. Et les efforts consentis n'annoncent en effet pas grand-chose de bon pour la Vuelta.
Mais je ne dirais pas qu'il n'avait pas sa place sur le Tour de France. Il reste l'un des coureurs tricolores les plus performants sur l'ensemble de la saison. De ce point de vue, je me demandais clairement pourquoi la Groupama FDJ ne voulait pas l'aligner sur la Grande Boucle quand c'était la tendance, je ne peux pas basculer sur une impression radicalement opposée malgré son niveau insuffisant. Même si j'attends moi aussi un coup d'éclat de sa part dans la dernière semaine pour en avoir le cœur net.
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Le général est-il gelé ?

Amaury Erdogan-Gutierrez
Concentrons-nous sur le top 10. On le répète à l’envi, Tadej Pogacar semble filer tout droit vers un troisième sacre sur le Tour de France, et un légendaire doublé Giro-Tour. Dauphin isolé à plus de trois minutes du maillot jaune, Jonas Vingegaard reste un cran au-dessus de Remco Evenepoel, même si le chrono final de Nice est à l’avantage de ce dernier. Statu quo donc pour le podium, dans cet ordre.
Il n’est pas exclu que le top 5 subisse quelques changements, avec une embellie de Carlos Rodriguez après sa défaillance de dimanche. J’étends les prétendants à ce quintet final jusqu’à Adam Yates, 7e. De Giulio Ciccone (8e) à Matteo Jorgenson (12e), les sièges risquent de glisser, dans un sens comme dans l’autre. Mais il est clair que le suspense a pris un sérieux coup sur le casque. Même s’il reste encore deux étapes alpestres au dénivelé positif vertigineux, je n’attends aucun bouleversement dans ce général.
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Vincent Brégevin
Pour le trio de tête, oui, c'est gelé à mon avis. Même si Remco Evenepoel peut éventuellement refaire une partie de son retard sur le chrono final à Nice, je ne le vois pas combler plus de deux minutes sur Vingegaard, qui pourrait même le distancer encore dans les Alpes. Derrière en revanche, ça peut bouger. João Almeida, Mikel Landa et Carlos Rodriguez se tiennent en seulement 33 secondes, impossible de dire que c'est figé avec la dernière semaine qui nous attend. Même si, en l'état, l'ordre de ce trio traduit bien la forme du moment.
Pour compléter le Top 10, c'est aussi ouvert à mes jeux. Je ne pense pas tellement à Matteo Jorgenson, qui va continuer à travailler pour Vingegaard. Mais finir dans le Top 10 sera un objectif pour Felix Gall, 11e actuellement, tant la Décathlon AG2R La Mondiale déçoit depuis le débat de ce Tour de France. Giulio Ciccone, Derek Gee, Santiago Buitrago et Gall se tiennent en 1'13", ça promet une petite lutte à quatre pour trois places. Oui, ce n'est pas exactement le type d'enjeu sur lequel s'enflammer pour une troisième semaine de Tour. Mais à l'avant de la course, les jeux me semblent faits, alors…
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