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Tour de France 2024 - Réussite française, Roglic inquiétant et sprint royal à Turin : voici nos débats du Tour
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Publié 30/06/2024 à 22:05 GMT+2
Avec une nouvelle victoire française, celle de Kevin Vauquelin à Bologne, les Français vivent pour l'heure un Tour de France incroyable. Mais ont-ils déjà réussi leur 111e édition ? C'est une de nos questions des débats de ce jour, où nous évoquons la prestation de Primoz Roglic ce dimanche et le sprint attendu à Turin, lundi.
Vauquelin prend le relais de Bardet, Pogacar prend son maillot jaune : le résumé vidéo
Video credit: Eurosport
Le Tour des Français est-il réussi ?
Jean-Baptiste Duluc
Deux victoires d’étapes sur deux, un maillot jaune, de folles émotions et des scénarii magnifiques…. Ce début de France est extraordinaire pour le clan tricolore et personne, absolument personne, n’aurait osé parier sur une telle entame. Il était déjà optimiste de rêver à pareil bilan à la fin de cette 111e édition. Alors, oui, évidemment que le Tour des Français est déjà réussi !
Après tout, il faut remonter à l’édition 2020 (victoire et maillot jaune pour Alaphilippe, victoire de Peters) pour trouver un Tour de France aussi réussi pour les Français et, à l’exception de 2019, il s’agit d’ores et déjà du meilleur bilan depuis l’édition 2012. Même s’il faudra sans doute attendre un Top 10 de Guillaume Martin et/ou Romain Bardet pour en faire une très bonne édition, elle est déjà réussie.
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Vauquelin triomphe, mais Bardet perd le maillot jaune : l'arrivée de la 2e étape en vidéo
Video credit: Eurosport
Christophe Gaudot
Je ne serai pas aussi catégorie que Jean-Baptiste. Évidemment, à l'aune de ce premier weekend, il est bien difficile de ne pas s'enflammer. Il fallait remonter à 1968 pour voir la trace d'un début de Tour de France aussi grandiose pour l'Hexagone. Et aux victoires, Romain Bardet et Kevin Vauquelin ont ajouté la manière et une sacrée dose d'émotion pour le premier.
Reste qu'à mes yeux, ce merveilleux premier weekend ne suffira pas. Sauf miracle du côté de Romain Bardet, voire de Guillaume Martin, la France n'aura pas de représentant haut placé au classement général. Aussi, les presque trois semaines qui viennent pourraient paraître bien longues si plus aucun coureur français ne se mettait en valeur. J'attends quelque chose d'un David Gaudu, un Lenny Martinez ou d'autres.
Roglic, est-ce inquiétant ?
Jean-Baptiste Duluc
On attendait avec impatience la montée de San Luca pour avoir plus d’indications sur la forme des favoris. Si Jonas Vingegaard a rassuré, difficile d’en dire autant de Primoz Roglic. Le Slovène de la Bora-Hansgrohe, pourtant double vainqueur au sommet de l’ascension au-dessus de Bologne sur le Tour d'Emilie, normalement très à l’aise sur ce genre de pentes, a semblé étonnamment en difficulté, au point d’être un temps distancé par le groupe des favoris avant l‘attaque de Pogacar.
Si, à l’arrivée, Roglic ne perd pas grand-chose sur Pogacar et Vingegaard (21''), sans doute au-dessus de lui de toute manière, il a surtout perdu du temps sur Remco Evenepoel et Richard Carapaz, deux adversaires directs dans la course au podium final. Les secondes perdues ne pèseront peut-être pas lourd à Nice, et peut-être même dès mardi à Valloire, mais l’impression laissée par le Slovène ce dimanche, elle, est assez inquiétante.
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Primoz Roglic
Crédit: Getty Images
Christophe Gaudot
Non, je ne suis pas inquiet pour Primoz Roglic. A San Luca, il était comme chez lui mais le Tour d'Emilie, ce n'est pas le Tour de France où les enjeux sont démultipliés et la place bien difficile à se faire parfois. Comme je ne tire pas de conclusions hâtives sur les formes de Tadej Pogacar, Jonas Vingegaard ou Remco Evenepoel, je ne le fais pas pour lui.
A mes yeux, ce n'est pas parce qu'il a coincé sur une pente à près de 20% qu'il sera en difficulté dans les Alpes, sur les chronos ou dans les Pyrénées. J'attends de le voir mardi sur les pentes du Galibier pour me faire une première impression même si je pense que la manière de courir de Tadej Pogacar ne sied absolument pas à ses qualités et qu'il va souffrir pendant trois semaines.
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Evenepoel peut-il voir plus grand ?
Video credit: Eurosport
Qui pour s’imposer à Turin ?
Jean-Baptiste Duluc
Inutile de débattre sur l’immense favori de lundi : il s’appelle Jasper Philipsen. Quadruple vainqueur d’étape et maillot vert l’an passé, le sprinteur d’Alpecin-Deceuninck sera l’homme à battre à Turin, surtout avec Mathieu Van der Poel en poisson-pilote. Mais, en 2024, le vainqueur de Milan-Sanremo n’a pas été aussi dominant que la saison passée jusqu’ici et ne semble plus aussi intouchable.
Vu le début de Tour de France infernal des Français, et la pluie annoncée lundi qui pourrait rabattre les cartes, je miserais sur une grosse cote : Arnaud Démare. La formation Arkéa-B&B Hotels est décomplexée par son premier succès en Grand Tour acquis dimanche et le Français a montré des jambes intéressantes vers Bologne, en dominant le sprint intermédiaire. La confiance n’est pas au top mais, avec la victoire de Vauquelin, il pourrait créer la surprise, surtout en retrouvant son train.
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Tour de France : Cycling - Tour de France - Stage 3 - Clip - Map
Video credit: Eurosport
Christophe Gaudot
Je comprends pourquoi Jean-Baptiste veut miser sur une victoire française, après tout la dynamique est de ce côté ! Mais je n'imagine pas Jasper Philipsen battu ce lundi à Turin. Après tout, l'autre grand sprinteur cette saison se nomme Tim Merlier et chez Soudal Quick-Step, on a décidé de ne faire corps qu'autour de Remco Evenepoel et de le laisser à la maison.
Sans Merlier, je ne dirais pas que Philipsen n'a aucun adversaire mais je pense que personne, parmi les présents, peut le battre à la régulière. Sans un sprint un peu fou, peut-être à cause de la pluie, Philipsen sera imbattable à mes yeux. Et même avec, il reste mon favori, loin devant les autres.
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