Tour de France 2024 | Tadej Pogacar, Jonas Vingegaard, Remco Evenepoel : Un suspense factice ?

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Après neuf jours de course, le classement général du Tour de France place les quatre premiers en un tout petit peu d'une minute et trente secondes, renforçant l'idée que pour la victoire finale, personne n'a réellement pris l'ascendant. Mais plus encore que le niveau de Tadej Pogacar, Remco Evenepoel, Jonas Vingegaard et Primoz Roglic, c'est le parcours qui induit cet écart relatif.

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Si Christian Prudhomme et son équipe voulaient arriver à Orléans, pour la première journée de repos, avec un suspense entier, le coup est réussi. Après neuf étapes au menu varié, tous les favoris pour la victoire finale, de Tadej Pogacar à Primoz Roglic en passant par Jonas Vingegaard et Remco Evenepoel, sont encore dans le jeu. Si le premier a montré sa supériorité en plusieurs occasions, il n'a pas encore écrasé la course. Mais n'est-ce qu'une question de jours ?
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Pogacar accélère à 90km de l'arrivée, Evenepoel va le chercher

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Jusqu'ici, il n'y en a que pour lui, à une exception près. Battu sur le contre-la-montre par le meilleur rouleur du monde en Bourgogne, Pogacar avait lâché 12 secondes ce jour-là à Remco Evenepoel mais pour le reste, il fut toujours à la manœuvre. C'est lui qui avait attaqué dans San Luca le deuxième jour, encore lui qui a bougé au sommet du Galibier, toujours lui pour tout essayer sur les chemins blancs dimanche, aidé cette fois par son compère belge. Au bout de neuf jours de course dont quatre propices aux différences, l'avance de Pogacar s'élève à 33 secondes sur son dauphin et à une minute quinze sur son plus grand rival, le double tenant du titre. Pas mal, non ?

Un menu varié mais pas de plat de résistance

Pourtant, le menu proposé, s'il fut varié donc, n'offrait pas de plat de résistance à proprement parler. En Italie, vers Bologne principalement, le terrain n'incitait qu'à l'escarmouche tout au plus. Dans les Alpes, grimpé par son versant le moins compliqué, le Galibier ne poussait pas aux plus grandes folies. "Long" d'à peine 25 kilomètres, le contre-la-montre n'était pas de nature à créer de vrais écarts. Et sur les chemins blancs dimanche, il a fallu une Visma | Lease a Bike puissante pour contrecarrer les plans d'un Pogacar au-dessus de la mêlée, ce dont même Jonas Vingegaard a convenu.
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Coup de feu dans le Galibier : l'attaque fulgurante de Pogacar à 20km de l'arrivée

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En somme, le Slovène a presque toujours été le plus fort quand ça comptait. Aussi, l'envie existe de l'imaginer intouchable, terme employé à deux reprises par Remco Evenepoel, avant le début du Tour puis après le chrono, jusqu'à Nice. Sans ce départ italien et cette arrivée inédite dans le sud de la France qui a obligé les organisateurs à tracer un parcours baroque, où en serait-il ? Avec une vraie grande étape de montagne de plus, aurait-il pu frapper plus fort encore ? Rappelons qu'il avait collé 50 secondes à ses rivaux en quelques hectomètres de montée et quelques kilomètres de descente…

La montée en puissance de Vingegaard pour seule inconnue ?

Si l'on répond par l'affirmative à cette question alors on pense qu'il écrasera le Tour, ou au moins qu'il en rabotera une grande partie de son suspense, samedi et dimanche prochain vers les Pyrénées, au Pla d'Adet puis au Plateau de Beille. A vrai dire, beaucoup d'indices convergent en ce sens. Sa forme, resplendissante, premièrement, celle un peu moins parfaite d'un Vingegaard qui n'a pas tenu sa roue plus de deux minutes dans le Galibier, deuxièmement, la puissance de son équipe, en montagne seulement, enfin. Ainsi, il faudra peut-être attendre le deuxième weekend pour qu'une hiérarchie indiscutable se déclare mais pas parce que le niveau de chacun l'empêchait, simplement car rien jusque-là ne le permettait vraiment.
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Vingegaard ne "passe" pas avec Pogacar et Evenepoel

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Au fond, le seul à pouvoir empêcher le Tour de France 2024 de connaître une ultime semaine dénuée d'intérêt s'appelle Jonas Vingegaard. Non pas que Remco Evenepoel ne soit pas un valeureux adversaire mais on lui projette des faiblesses, en haute montagne, rédhibitoires. Doit-on croire à une montée en puissance du Danois, à ce plan secret que lui et son équipe semblent avoir mis sur pied ? Après tout, ceux de 2022 et 2023 avaient parfaitement fonctionné. Problème, cette fois la donne est différente et sa préparation tronquée pourrait bien peser lourd au final.
Ce Tour de France 2024 fait la part belle à la patience et devrait, sur le papier, empêcher toutes conclusions hâtives. C'est évidemment mieux ainsi mais après neuf jours de course, il n'y a plus qu'un favori et il s'appelle Tadej Pogacar. Ceci ne dit rien du destin du maillot jaune, simplement qu'avec une autre configuration, ce fait serait peut-être incontestable quand il n'est qu'un avis parmi d'autres aujourd'hui.
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"La guéguerre psychologique est à l'avantage de Vingegaard"

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