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Tour de France I Vingegaard (Visma) mate Pogacar (UAE) au sprint et s'impose au Lioran
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Publié 10/07/2024 à 16:34 GMT+2
Drôle de onzième étape, ce mercredi, sur le Tour de France. D'abord lâché après une attaque foudroyante de Tadej Pogacar au Puy Mary, Jonas Vingegaard est parvenu à refaire son retard de 36 secondes petit à petit avant... de régler le porteur du maillot jaune au sprint. Le Slovène a coincé. Remco Evenepoel termine troisième au Lioran mais reste deuxième au général, Primoz Roglic a chuté.
Vingegaard coiffe Pogacar au sprint : sa victoire coup de poing en vidéo
Video credit: Eurosport
La bataille du Massif Central s'est révélée à la hauteur des plus folles espérances, et peut-être plus encore. Après une entame de 11e étape rendue dingo par les baroudeurs, Tadej Pogacar s'est envolé à 32 km de l'arrivée sur les pentes infernales du Puy Mary. L'écart a atteint la demi-minute, l'affaire semblait entendue, mais Jonas Vingegaard a fini par revenir avant, grosse surprise, de le battre au sprint au Lioran. Un retournement de situation inattendu et un coup sur la caboche du Slovène, qui conserve néanmoins son maillot jaune avec 1'14" d'avance sur le Danois et 1'06" sur Remco Evenepoel, qui a limité la casse en prenant la 3e place ce mercredi.
Lorsque Vingegaard s'est montré incapable de répondre à l'attaque surpuissante de son rival dans le dernier kilomètre du Puy Mary Pas de Peyrol (1re catégorie), on pensait le Tour sur un point de bascule, en passe d'être assommé. Mais le Danois n'a jamais sombré. Au contraire. Au sommet, il avait déjà refait une partie de son retard, signe que le rapport de force n'était pas si déséquilibré.
Pogacar avait pourtant fait le trou
Dans la descente longue de dix bornes, l'écart s'est néanmoins sensiblement creusé, "Vigo" étant même repris par son ex-coéquipier Primoz Roglic puis par le groupe Evenepoel. Ces hommes comptaient 35" de retard au pied du col de Pertus (2e catégorie, 4,4km à 7,9%). Rédhibitoire ? Pas pour le double vainqueur sortant du Tour.
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Comment Pogacar s'est fait avoir par Vingegaard dans le sprint final
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Le leader de Visma-Lease a Bike a imprimé son tempo, sans rien demander à quiconque, lâchant un à un ses compagnons avant de revenir sur Pogacar dans les derniers hectomètres de l'ascension. Entre-temps, ce dernier avait multiplié les coups d'œil et les conversations à l'oreillette, comme s'il était victime d'une crevaison lente ou d'un mystérieux problème mécanique. Agité, perturbé, le maillot jaune a donc été repris à 15 km du but avant de placer un petit sprint au sommet pour remporter le Point Bonus, soit 8" de bonifications contre 5 pour Vingegaard.
Il faudra bien compter sur Vingegaard
Contrairement à l'étape des chemins, le Danois a alors relayé Pogacar. Les deux hommes ne se sont plus quittés jusqu'à la ligne, ne tentant pas de s'écharper une dernière fois dans la montée roulante menant au col de Font de Cère (3e catégorie, 3,3km à 5,8%). Au sprint, Vingegaard ne semblait avoir aucune chance de décrocher sa 4e victoire d'étape sur le Tour, sa première cette année, face au punch de son rival. Mais ce dernier n'a jamais pu remonter le Danois, retombant à plusieurs reprises sur sa selle avant de s'incliner d'une demi-roue, après 211 kilomètres et 4200 mètres de dénivelé parcourus à 42,5 km/h de moyenne (!).
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Vingegaard : "Il y a trois mois, je ne m'en pensais pas capable"
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Sur le plan comptable, c'est une opération quasi-nulle. Vingegaard n'a repris qu'une seconde à Pogacar à travers le jeu des bonifications. Mais psychologiquement, le Danois a marqué des gros points pour la suite. Il demeure toutefois 3e au général, Evenepoel n'ayant concédé au Lioran que 25" au duo régnant sur le Tour depuis quatre ans. Le Belge composait un autre duo avec Primoz Roglic qui, victime d'une chute dans une épingle avant la flamme rouge, a pris la 4e place du jour à 55". Le Slovène, toujours 4e au général, est désormais relégué à 2'45".
Bardet privé d'échappée
Avant cette explication royale et renversante, la bataille fut féroce, interminable même, pour prendre l'échappée. Il a fallu deux heures de course, soit près de 100 kilomètres, pour voir le bon coup se dessiner enfin, mais sans Romain Bardet, victime d'une crevaison au pire des moments. Lorsqu'il a traversé la foule massée dans son "virage", dans le Puy Mary, l'Auvergnat n'était donc pas devant, mais derrière le groupe maillot jaune, ce qui avait l'avantage de lui laisser le temps de savourer ce moment d'éternité.
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Marée humaine et grosses émotions : Bardet dans le "virage Bardet"
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Parmi les dix élus de l'échappée, on trouvait six Français : Grégoire, Martin, Vercher, Armirail, Lapeira et Bernard, qui furent accompagnés par Carapaz, Onley, Lazkano et Healy, dernier rescapé. Pas de chance pour eux : Pogacar avait très envie de s'imposer. Ses équipiers n'ont jamais laissé l'écart passer les deux minutes, écart enregistré au pied de Néronne (2e catégorie), qui lançait officiellement le final très musclé à 45 kilomètres de l'arrivée. Avant le dénouement foufou que l'on connaît.
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