Le Tour du jour après la 9e étape : le roi Mathieu Van der Poel s'est mêlé à la course des gueux, et c'était fabuleux

La 9e étape du Tour de France a été gagnée par Tim Merlier, dimanche à Châteauroux. Circulez, il n'y a rien à voir ? Loin s'en faut, puisque Mathieu Van der Poel a peu ou prou figuré en tête du premier au dernier kilomètre, du fait d'un pari fou, entrepris avec son coéquipier Jonas Rickaert. Pour Tadej Pogacar, l'information de ce dimanche est la perte de Joao Almeida. Voici notre Tour du jour.

Le numéro de Van der Poel et Rickaert, une journée à toute allure : le résumé en vidéo

Video credit: Eurosport

Le fait du jour

On espérait un sursaut des baroudeurs, au lendemain d'une étape sauvée de l'ennui par le duo de TotalEnergies. On a donc été déçus, d'abord, de voir les candidats toujours aussi peu nombreux. Encore deux hommes. De la même équipe. Nouveau Trophée Baracchi. Mais il y avait un invité surprise, qui au fond ne nous surprend plus vraiment : Mathieu Van der Poel. L'ancien champion du monde s'est fait un malin plaisir, en créant le nôtre aussi, en répondant à l'invitation de son coéquipier Jonas Rickaert à former une échappée dès le km 0.
C'était un coup absurde, sur la forme comme sur le fond. Van der Poel dans une échappée publicitaire, c'est le seigneur qui descend de son château pour se grimer en vagabond dans la plaine. Du pur théâtre. Et pourtant. L'octuple vainqueur de monument a pris son rôle très au sérieux. Plutôt que de jouer, d'en garder sous la pédale, le Néerlandais et son complice ont appuyé sans retenue pour amorcer un bras de fer que le peloton, décontenancé, n'a d'abord pas considéré à sa juste valeur.
picture

Van der Poel englouti par le peloton dans le final, Merlier s'impose au sprint

Video credit: Eurosport

Après le sprint intermédiaire, au kilomètre 24, la doublette d'Alpecin-Deceuninck ne s'est pas relevée et la sueur ne coulait alors plus seulement sur les jambes des Lidl-Trek, seule formation à tenter d'assurer la poursuite. L'écart grimpant à 5'30", la situation n'était clairement plus sous contrôle. Le salut de Tim Merlier, vainqueur à Châteauroux, est finalement venu d'une alliance totale au sein de la caste des sprinteurs, même ceux qu'on n'attendait pas. La tentative de "VDP" a pris fin assez cruellement, juste après la flamme rouge.
Mais c'était d'une beauté folle, de voir le roi des classiques mettre à genoux le peloton, juste pour le fun. Le grand Mathieu nous aura mis la chair de Poel. Une preuve de plus qu'il est un champion à part.
picture

Pogacar : "Almeida aurait été d'une grande aide en montagne"

Video credit: Eurosport

Le grand perdant

Parler de "petit perdant" est peut-être plus pertinent étant donné qu'il a conservé toute son avance sur ses rivaux. Mais Tadej Pogacar n'a pas vécu une belle journée. Son bras droit Joao Almeida a abandonné, deux jours après avoir chuté. Parfois isolé ce dimanche dans le vent, "Pogi" le sera peut-être un peu plus que prévu en montagne. Et si cela lui coûte cher, le petit perdant du 13 juillet deviendra grand.

L'image du jour

L'effort brutal de Wout van Aert, pendant une minute et demie, pour "sauter" d'un peloton à l'autre. Mal placé quand cela a borduré, le Belge a réussi un tour de force à 75 bornes de l'arrivée. Il a semblé le payer durant la dernière heure de cette 9e étape du Tour de France.
picture

Van Aert, piégé dans la première tentative de bordure, revient au prix d'un énorme effort

Video credit: Eurosport

On a aimé

Le fameux pari, un peu fou, de Mathieu Van der Poel et Jonas Rickaert, et la stratégie de leurs coéquipiers, pour couper les relais dans le peloton.
Le final haletant qui en a accouché.
La tension ambiante lorsque le peloton était prêt à se scinder, avec l'aide d'Eole.
La bravoure de Georg Zimmermann.

On n'a pas aimé

Que le mouvement de Van der Poel n'ait pas titillé d'autres potentiels attaquants. Beaucoup d'équipes qui ne disposaient pas d'un des deux favoris du jour ont misé sur un sprint. Cela s'entend. Mais il est possible de jouer son va-tout différemment.
Que la seule information du jour (indirecte) dans la course au sacre soit due à une blessure.

La stat : 50,013 km/H

Il n'aura fallu que trois heures 28 minutes et 52 secondes à Tim Merlier pour couvrir les 174,1 kilomètres entre Chinon et Châteauroux. Dit autrement, cela fait pile poil 50km/h de moyenne pour la vainqueur de l'étape, une barre symbolique pour la première fois atteinte sur une étape en ligne du Tour au XXIe siècle. Ces 50,013 km/h (le chiffre officiel) constituent la deuxième vitesse la plus importante dans l'histoire de l'épreuve. La référence absolue demeure la 4e étape de 1999 entre Laval et Blois. Mario Cipollini s'était imposé au sprint, bouclant les 194,5 kilomètres de course à 50,355 km/h de moyenne.
picture

Gouvenou : "Les équipes de sprinteurs coupent la branche sur laquelle elles sont assises"

Video credit: Eurosport

La décla

Mathieu Van der Poel : "On en avait parlé avec Jonas [Rickaert], on voulait y aller aujourd'hui. Son rêve était d'être sur le podium, sur le Tour de France. Je voulais l'aider à obtenir le prix de la combativité… Il l'a eu, c'est sûr ?! Alors, je suis très content (…) Je pense qu'on a produit un bon spectacle. Ce n'était pas pour le maillot vert, uniquement pour l'échappée. On a souffert mais on a aussi profité."

Juste pour savoir

Une telle moyenne avec deux coureurs dans l'échappée... Que serait-il advenu du record avec un groupe de dix baroudeurs patentés ?
N'était-ce pas une belle journée pour attaquer Tadej Pogacar ?
4 450 mètres de dénivelé positif répartis sur 165,3km, avec neuf jours dans les pattes, ça vous dit ? Pourvu que cela botte les coureurs, parce que c'est le menu de ce lundi.
Rejoignez Plus de 3M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité