Tour de France 2025 | Pour Florian Lipowitz, rattraper Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard ou rester dans leur ombre, comme les autres

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Invité surprise du podium du Tour de France pour le grand public, confirmation pour les plus initiés, Florian Lipowitz a validé sa progression fulgurante de cette année. L'Allemand de 24 ans est monté sur le podium toujours derrière les deux mêmes monstres. Après le temps des promesses, il s'agit de combler l'écart avec les meilleurs, au risque d'être dans leur ombre, comme tous les autres.

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C'est un peu passé inaperçu dans ce Tour, mais Florian Lipowitz a réalisé ce que personne n'avait réalisé auparavant. Enfin, il en fait partie. Pour la première fois de l'histoire, le podium de la Grande Boucle et du Critérium du Dauphiné est exactement le même. Le tiercé dans l'ordre : Pogacar-Vingegaard-Lipowitz. L'Allemand de la Red Bull Bora Hansgrohe ne sort pas de nulle part, déjà sur Paris-Nice, il était allé chercher la 2e place derrière Matteo Jorgenson, un peu à la surprise générale, même si c'était en l'absence des deux ogres qui monopolisent les deux premières marches du podium de la Grande Boucle depuis cinq ans. 
Cette année, on parlait de Remco Evenepoel comme du troisième homme, derrière le Danois et le Slovène. Sauf que le Belge a enchaîné les pépins avec une chute grave durant sa préparation hivernale, puis un nouveau contre-temps avant le Tour qui lui a pourri son objectif de monter pour la deuxième fois de suite sur le podium. Dans un sens, Florian Lipowitz en a profité, mais ce serait être malhonnête que de dire que Remco Evenepoel est forcément au-dessus de l'ancien biathlète dans ses meilleures dispositions. L'Allemand, qui a débuté sa carrière professionnelle dans la formation Bora-Hansgrohe en 2023, est un phénomène.

Progression fulgurante

L'un des meilleurs grimpeurs du monde, capable de rivaliser avec les meilleurs, comme dans les pentes de La Plagne, où on l'a vu suivre les deux ogres qui se neutralisaient, certes, mais qui n'amusaient pas non plus la galerie. Dans les pentes de Hautacam, Florian Lipowitz s'est beaucoup rapproché de Jonas Vingegaard, en perdition, et a même rivalisé avec la vitesse supersonique de Tadej Pogacar dans la deuxième partie de l'ascension. Bref, l'Allemand a la puissance et la force pour rivaliser à certains moments, mais il n'a pas encore l'étoffe de ses deux rivaux. A 24 ans (il en aura 25 en septembre), cela serait dur et prématuré de déjà l'enterrer et de le cantonner à un rôle d'éternel challenger pour toute sa carrière.
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Le coéquipier de Primoz Roglic, avec qui il a longtemps partagé le leadership au sein de leur équipe, a des dispositions en haute montagne très intéressantes et a pris son temps pour arriver au haut niveau. Lors de la dernière journée de repos à Montpellier, il a pris le temps de revenir sur sa progression. "Lorsque j'ai rejoint l'équipe, j'ai énormément progressé chaque année, et cette année la préparation s'est très bien passée", a-t-il expliqué. L'an passé, il avait goûté aux joies des Grands Tours sur la Vuelta, qu'il avait achevée à une honorable 7e place, alors que son leader, Primoz Roglic remportait la course. Un déclic, selon lui. "L'année dernière, sur le Tour d'Espagne, j'étais très heureux de me prouver que je peux courir trois semaines, mais sur le Tour c'est différent", reconnaissait le maillot blanc. Plus tôt l'année dernière, il était aligné sur le Giro, mais avait dû abandonner dès la 6e étape à cause d'une maladie, un mal récurrent qui l'a donc laissé tranquille cette saison.

Un monde d'écart avec les deux autres

Pour atteindre les sommets et dépasser Pogacar et Vingegaard, l'Allemand a encore du chemin à parcourir. Pour remettre un peu les choses en perspective, un monde sépare Lipowitz des deux premiers. Il compte plus de 7' de retard sur le Danois et 11' sur le quadruple vainqueur du Tour. Il faudra notamment parvenir à canaliser son énergie débordante qui le pousse parfois à tenter des offensives un poil saugrenues ou à courir n'importe comment. Sur les routes du col de la Loze, il s'était isolé et avait lâché à petit feu jusqu'à risquer de perdre sa place sur le podium au profit d'Oscar Onley, l'autre révélation du Tour de France. Heureusement pour lui, tout est bien qui finit bien, mais cela sera quelque chose à surveiller pour la suite de sa carrière. Qui sait désormais jusqu'où "Lipo" peut aller ?
Déstabiliser le couple Pogacar-Vingegaard est un défi sur lequel beaucoup de coureurs se sont déjà cassé les dents. On a envie d'y croire car il est dans une très bonne équipe, qui a du budget et de l'ambition. Le troisième homme de ce Tour pourrait d'ailleurs être rejoint par le troisième homme originel, en la personne de Remco Evenepoel, qui est annoncé par la Gazzetta dello Sport en partance vers la formation allemande, avec un accord qui aurait été trouvé.
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Florian Lipowitz et Remco Evenepoel pourraient être coéquipiers la saison prochaine

Crédit: Getty Images

Le Belge et l'Allemand se retrouveraient alors dans la même formation, soit pour unir leurs forces pour faire tomber les mastodontes, soit pour faire du chacun pour soi et se neutraliser. On a vu par le passé que pour faire tomber Tadej Pogacar, il faut un effectif huilé et très fort, cela en prend donc le chemin, même si l'on a vu cette année que cela ne suffit plus forcément. Pour sortir de son carcan, "Lipo" devra soit énormément progresser, soit attendre que les deux monstres se décident à raccrocher la bicyclette. Et on penche plutôt pour la deuxième option, même si on ne sait jamais.
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