Tour de Guangxi - Paul Magnier (Soudal Quick-Step), cinq étapes en Chine, 19 victoires en 2025… et la suite ? "Un Monument ou une grande Classique"
Par Vincent Bregevin
Mis à jour 19/10/2025 à 17:28 GMT+2
Paul Magnier a bouclé une saison remarquable dimanche, en signant sa 19e victoire de l’année sur la dernière étape du Tour de Guangxi. Le Français de 21 ans sera attendu sur des courses plus importantes la saison prochaine pour confirmer. Surtout sur les classiques, même si la question se pose tant ses qualités de sprinter sur les courses à étapes sont évidentes.
Et de 5 qui font 19 : sprint et dernier bouquet pour Magnier
Video credit: Eurosport
Il était seul au monde, ou presque. Arrivé en Chine fort de 14 victoires sur l’ensemble de l’année 2025, Paul Magnier a poursuivi sa razzia sur le Tour de Guangxi. Dimanche, il a ajouté un cinquième bouquet en six jours de course pour conclure sa saison avec 19 succès. L’extra-terrestre Tadej Pogacar est le seul à en compter plus (20 victoires) et aucun Français n’a fait aussi bien depuis Laurent Jalabert en 1997. Cela suffit déjà à poser des attentes importantes autour de l’Isérois pour la saison prochaine.
Mais elles doivent être tempérées. Magnier a remporté 13 de ses 19 victoires sur des courses qui ne faisaient pas partie du World Tour. Et ses six autres succès, une sur une étape du Tour de Pologne, et donc ses cinq victoires sur le Tour de Guangxi, sont venues lors d’épreuves de faible catégorie du World Tour. Mais cela fait partie d’un processus. "Cette année, il a découvert le plus haut niveau avec parcimonie, résume Nicolas Fritsch, consultant pour Eurosport. On attend Paul Magnier sur des grands tours, des Classiques, mais chaque chose en son temps."
Un programme plus corsé en 2026
C’est la prochaine étape. Celle qui lui était proposée en 2025 a été franchie avec succès. A 21 ans, il a prouvé une capacité à s’imposer régulièrement sur des courses moins prestigieuses. La suite, c’est de tenter de transposer cette faculté à gagner à l’échelon supérieur, avec vraisemblablement un programme plus corsé en 2026. Le choix des épreuves auxquelles il va participer aura ainsi une importance cruciale. Et il ne s’annonce pas évident.
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"Il est imbattable" : Magnier s'impose encore au sprint
Video credit: Eurosport
Si Magnier a bien prouvé quelque chose cette saison, c’est qu’il était capable de gagner sur plusieurs terrains. Le Tour de Guangxi (5 victoires), dans la foulée de la Cro Race (5 victoires) et du Tour de Slovaquie (4 victoires), a confirmé des vertus évidentes de sprinter qui lui offrent des perspectives très intéressantes sur les courses à étapes. Mais il a aussi montré des qualités remarquables sur les Classiques, à l’image de ses podiums sur le Het Nieuwsblad (3e) ou l’ADAC Cyclassics (3e). Doit-il pour autant privilégier un type de courses en particulier ?
"Ce que fait Philipsen, c’est pas mal"
"Après, ce sont des choix de carrière, expose Nicolas Fritsch. Soit se contenter d’être un pur sprinter et de bosser à fond pour scorer un max, en gagnant des étapes sur les grands tours notamment. Ou se dire qu’il ne veut pas se limiter à ça. Dans le genre, ce que fait Jasper Philipsen, c’est pas mal. En début de saison, c’est un coureur de classiques, et quand ça bascule sur le Tour de France, c’est un sprinter. C’est ce que faisait aussi Tom Boonen. Magnier, je le vois plutôt comme ça."
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Le sprinter Magnier trépigne : "On s'est focalisé sur ma puissance, je me sens prêt"
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Cette hypothèse prend tout son sens au regard de l’évolution de sa formation, la Soudal Quick-Step. "Il n’y aura plus Remco Evenepoel (en partance pour Red Bull - Bora - Hansgrohe, NDLR), ça change la donne, souligne Nicolas Fritsch. Il y a Alberto Dainese qui vient chez eux, c’est plus un pur sprinter qu’un coureur capable de gagner des classiques. Donc je pense que Magnier aura sa carte à jouer sur les classiques. Il est dans l’équipe parfaite pour progresser."
"Voir ce que je peux faire à un niveau plus élevé"
Prioriser les classiques ressemble à la suite logique des choses pour Magnier. C’est en tout cas le projet de la Soudal Quick-Step avec lui. "Faire confiance à un jeune Français de 21 ans dans une équipe comme Soudal Quick-Step, ce n’est vraiment pas rien, souligne Nicolas Fritsch. Ils croient beaucoup en lui… Ce n’est pas comme il y a 20 ans, c’est un peu plus international, mais c’est l’ADN flandrien. Pour qu’un Français s’épanouisse dans l’équipe, ça veut dire beaucoup. Ce n’est pas facile de s’imposer dans ce genre d’équipe quand on est jeune comme ça."
Mais ce projet, c’est aussi celui du coureur lui-même. Magnier est conscient que l’étendue de son registre doit rester son meilleur atout, mais il sait très bien lequel l’attire le plus. "Je suis excité de voir ce que je peux faire à un niveau plus élevé l'année prochaine, j'espère pouvoir faire encore mieux, a-t-il lancé après sa victoire sur le Tour de Guangxi. Mais je vais y aller étape par étape. À un moment donné dans ma carrière, j'espère aussi pouvoir remporter un Monument ou une grande Classique." Le rendez-vous est pris.
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"Chapeau", semble dire Magnier : Van der Poel a survolé le sprint
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