Tour de Hongrie I Benoît Cosnefroy, de la peur du chômage à leader chez UAE
Par Vincent Bregevin
Publié 14/05/2026 à 00:20 GMT+2
Il ne savait pas trop de quoi son avenir serait fait en septembre dernier. Au bout d’une année galère, Benoît Cosnefroy a été le premier surpris de rejoindre Tadej Pogacar chez UAE Emirates-XRG. Vainqueur de sa première course sous ses nouvelles couleurs lors du GP du Morbihan samedi, le Français sera leader de son équipe sur le Tour de Hongrie, après l’avoir été sur les Ardennaises. Sacré destin.
Cosnefroy privatise encore la côte de Cadoudal : sa 3e victoire au sprint
Video credit: Eurosport
"Je n'avais pas le droit de me rasseoir avant la ligne." Benoît Cosnefroy était en mission samedi à Plumelec. Il avait à cœur de gagner pour rendre le plus bel hommage à son grand-père, décédé une semaine plus tôt. Il y avait la perspective d’un record avec un quatrième sacre sur le GP du Morbihan. Mais ce n’est pas forcément le genre d’objectif qu’il se fixe. Gagner sur son terrain de prédilection, y décrocher sa première victoire sous les couleurs d’UAE avec un statut de leader, c’était beaucoup plus symbolique.
Cosnefroy n’avait plus levé les bras depuis son succès à Plumelec un an plus tôt. Un vrai soulagement à l’époque après des mois de galère avec un genou en vrac. Mais le destin s’était acharné sur lui. Seulement 13 courses après son retour à la compétition sur le Tour de Romandie, le Normand avait chuté sur le Tour de Suisse en juin. La fin de sa saison avait été actée dès le mois de septembre. Celle d’une aventure de onze ans avec AG2R également. Et à ce moment-là, les prétendants ne se bousculaient pas au portillon. Les contacts avec PicNic PostNL n’avaient pas abouti.
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Cosnefroy, vainqueur libéré : "Ça fait huit mois que je galère, toute l'émotion monte"
Video credit: Eurosport
"Quand en septembre je n'avais rien, j'avoue que j'ai eu peur", reconnaissait Cosnefroy en décembre dernier, lors de la présentation d’UAE Emirates-XRG. Deux mois plus tôt, l’équipe de Tadej Pogacar était venue le chercher, à sa grande surprise. "Franchement, je ne l'ai pas vu venir, avait-il affirmé. C'est dingue. J'ai un peu l'impression d'être un gymnaste qui a réussi son salto et tombe pieds joints en saluant tout le monde. J'ai toujours su qu'ils étaient intéressés, mais entre être intéressés et signer le contrat, la route est souvent longue."
Cosnefroy a repris la sienne en janvier, enchaînant les courses en Espagne avant de participer au Tirreno-Adriatico. Son corps l’a enfin laissé en paix. "Ces deux opérations me paraissent bien loin, ça me paraît assez fou de le dire ainsi, glissait-il dans L’Equipe à la mi-avril. Je ne ressens plus aucune gêne, alors que j'en avais beaucoup ces dernières années. C'est enfin agréable de monter sur mon vélo. Je me sens libéré, c'est un soulagement."
"J’ai été recruté pour scorer sur ces courses-là"
Le Normand a pu monter en puissance à son rythme et retrouver son niveau. Le programme qu’il s’était fixé avec UAE Emirates-XRG allait dans ce sens. "Je vais courir beaucoup de courses de seconde zone, indiquait-il en décembre dernier. Ça me va très bien. Je sais que si je suis à mon niveau, je vais pouvoir jouer et gagner des courses. C'est pour ça qu'ils m'ont pris d'ailleurs. Ils ne m'ont pas pris pour monter les cols du Tour de France devant."
L’objectif était ailleurs. Il y avait d’abord les Ardennaises qu’il affectionne tant. Là où on a retrouvé le grand Cosnefroy, troisième de l’Amstel Gold Race après avoir terminé la Flèche Brabançonne à la même place. Et assumé un statut de leader que son équipe a toujours été prête à lui offrir. "Sur le côté leadership, c’est une équipe très ouverte, qui donne l’opportunité à tout le monde, soulignait-il en avril dans Bistrot Vélo. Il faut combiner la forme et le profil de la course. C’est une équipe qui ne bride pas ses coureurs."
Il a su saisir cette chance, aussi parce que le contexte s’y prêtait au sein d’une équipe diminuée notamment par les absences d’Isaac del Toro et de Jan Christen sur le mois d’avril. "Ça arrive là que je me retrouve leader sur les Ardennaises, mais c’est sûr qu’on a beaucoup de blessés et ma forme arrive au bon moment, reconnaissait-il dans Bistrot Vélo. C’est un concours de circonstances. Tout le monde attendait ce moment, ça aurait pu arriver en début de saison, mais je n’avais pas la forme pour le faire."
La forme est bien là désormais, et il l’a aussi affichée en tant qu’équipier pour Tadej Pogacar dans la Côte de la Redoute sur Liège-Bastogne-Liège, quelques jours après avoir pris la 4e place en tant que leader sur Liège-Bastogne-Liège. Sa victoire sur le GP du Morbihan a bien validé cette impression en attendant le Tour de Hongrie, où il assumera encore le leadership d’UAE. "J’ai été recruté pour scorer sur ces courses-là", glissait-il dans Bistrot Vélo. Cosnefroy n’imaginait certainement prendre cette voie en septembre dernier. Mais le Normand ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.
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