Gilbert finit en trombe

Gilbert finit en trombe

Gilbert finit en trombe
Par Eurosport

Le 16/10/2009 à 15:38Mis à jour

Déjà vainqueur de Paris-Tours la semaine dernière, le Belge Philippe Gilbert (Silence-Lotto) a confirmé qu'il était l'homme de cette fin de saison en dominant Samuel Sanchez dans la ligne droite d'arrivée du Tour de Lombardie. Le Russe Alexandre Kolobnev (Saxo Bank) complète le podium.

Philippe Gilbert n'en finit plus de gagner. En moins de dix jours, le Belge, récemment transformé en "cannibale" dans une sorte de réminiscence "merckxienne" a renforcé son palmarès de quatre victoires de prestige. Mieux, le protégé de Marc Sergeant, plein de confiance et désormais intouchable au moment où la décision s'effectue, n'a pas connu l'échec durant cette période puisqu'il a fait mouche à chaque fois qu'il s'est accroché un dossard dans le dos. Littéralement survolté en cette fin de saison, le puncheur de l'équipe Silence-Lotto, déjà vainqueur de la Coppa Sabatini, de Paris-Tours devant un certain Tom Boonen et du Tour du Piémont, a terminé sa saison en beauté en enlevant avec brio une 103e édition très relevée du Tour de Lombardie.

Considéré comme un excellent coureur depuis ses débuts professionnels à la Française des Jeux en 2003, Gilbert n'a eu depuis de cesse de progresser. Vainqueur du Het Volk en 2006 et 2008 puis lauréat de Paris-Tours l'automne dernier, le Wallon a poursuivi sa progression au printemps. Régulièrement placé sur les Classiques (3e du Tour des Flandres, 4e de l'Amstel Gold Race et de Liège-Bastogne-Liège) et vainqueur d'une étape du Giro, il est donc encore parvenu à franchir un nouveau cap. En un mot, l'excellent coureur, dont tous les observateurs louent depuis toujours le professionnalisme et le sens tactique est devenu un gagneur.

Le dévouement d'Evans

Sa victoire samedi en Lombardie est un modèle du genre, une course menée à la perfection. Après une très longue phase d'approche où il s'est échiné à en faire le moins possible, Gilbert s'est fendu d'une accélération pleine de certitudes et de maestria au plus fort de la pente de la montée de San Fermo della Battaglia avant de dominer le malin Samuel Sanchez, seul coureur à être parvenu à tenir sa roue au moment où il a fait parler son explosivité, d'un sprint conduit avec la sérénité qui caractérise souvent les coureurs en pleine confiance. Toujours très vigilant dans la partie finale de cette épreuve à l'ambiance et au profil si singulier, Gilbert a produit son effort au moment opportun après avoir bénéficié du dévouement d'un coéquipier de luxe en la personne du récent champion du monde Cadel Evans, chargé de ramener à la raison Alexandre Vinokourov (Astana) et Jacob Fugslang (Saxo Bank) qui avaient tenté le coup dans le final.

Auparavant, six costauds avaient essayé de tromper la vigilance du peloton en unissant leurs efforts après le sommet de la terrible montée de la Madonna del Ghissalo, objet d'un dynamitage en règle du décidément très combatif Johnny Hoogerland. Dans cette échappée, on retrouvait, outre le Néerlandais, son coéquipier Matteo Carrara, Mauro Santambrogio (Lampre), Dries Devenyns (Quick Step), Gustav Larsson (Saxo Bank) et Daniel Martin (Garmin) mais leurs velléités furent finalement annihilées par une poursuite menée tambour-battant par les Euskaltel de Sanchez, les Rabobank de Gesink et les Liquigas de Basso.

Impressionnant de maîtrise face à Sanchez dans les derniers hectomètres, Philippe Gilbert n'a finalement gagné que d'une demi-roue sur la chaussée de Côme mais cet écart ténu suffit à faire de lui le nouvel homme fort des Classiques. A quelques heures de sa fin de saison (ndlr; il devrait être dimanche au départ du Chrono des Nations), l'ancien coureur de Marc Madiot va sans doute savourer pleinement ce moment de grâce avant de se reconcentrer sur une saison 2010 où, fort de cette nouvelle dimension, il sera assurément parmi les garçons à battre du Poggio à la Côte de Saint Nicolas en passant par le Mur de Grammont et le Cauberg.

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