Thomas Voeckler après son attaque au Tour de Lombardie 2013 : "J'étais à ma place" (interview)

Voeckler: "J'étais à ma place"
Par Europcar

Le 07/10/2013 à 01:02Mis à jour Le 07/10/2013 à 13:14

Grand animateur du Tour de Lombardie, Thomas Voeckler (Europcar) assure ne rien regretter. Il a fait ce qu'il avait à faire, nous a-t-il confié par téléphone.

Thomas Voeckler, quelles étaient les consignes dans le bus ce matin ?

T. V. : Il y avait des coureurs protégés au sein de l'équipe, à savoir Cyril Gautier et moi. On devait se préserver pour le final. Mais au briefing, on n'a pas eu de consignes particulières. On voit comment on se sent. J'ai tenté quelque chose. J'ai essayé de loin car au moment où je suis parti, les équipes n'étaient pas encore bien formées. Il manquait beaucoup de coéquipiers. Mais c'est le jeu. Je crois que ça s'est regroupé un peu plus tard et le peloton est revenu sur moi.

N'avez-vous pas regretté de partir seul dans un raid solitaire ?

T. V: Oui et non. Parfois on ne choisit pas forcément qui nous accompagne. Quand on est seul on peut gérer notre effort et ça a ses avantages. En partant d'aussi loin et seul je savais que ça allait être dur mais je suis quand même très heureux d'avoir fait ça. 

Vincenzo Nibali avait fait le même numéro il y a deux ans. Vous saviez que c'était risqué...

T. V: Bien sur ! Je n'ai pas la prétention d'avoir le niveau sportif de Nibali. Moi j'ai tenté de si loin car je ne peux pas faire autrement. Je ne peux pas suivre un Joaquim Rodriguez dans ce genre de final. J'aurais à la limite pu accrocher un top, 10 et encore. J'ai fait ce que j'avais à faire. Je me sentais bien et j'aurais regretté de ne pas l'avoir fait. Je suis content d'avoir pris des risques au moment où ça temporisait. 

Avec le recul, vous ne vous dites pas qu'il aurait été préférable de rester dans le peloton?

T. V: Non, je ne regrette vraiment rien. Je n'aurais jamais pu suivre dans le final. J'ai eu jusqu'à trois minutes d'avance sur le peloton à un moment. Je suis sûr que si j'avais eu 45 secondes ou une minute de plus d'avance après la Madonna del Ghisella, ça passait. Mais ça s'est passé autrement. C'est pas grave. Je fais partie des nombreux coureurs qui ont essayé sur le Tour de Lombardie. Je ne peux pas dire que je n'ai pas eu de chance, je pense que j'étais à ma place.

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