Paul Seixas, la trajectoire d'une météorite qui va tout emporter

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Le rideau est tombé sur la première saison professionnelle de Paul Seixas (Decathlon-AG2R La Mondiale) au soir d'un Tour de Lombardie achevé à une 7e place un peu décevante pour lui, bluffante une nouvelle fois pour les autres. Cette ultime performance en 2025 donne plus de poids encore aux idées les plus folles que l'on se fait sur son talent.

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Le temps dira si Paul Seixas n'était finalement qu'une comète que l'on a pris plaisir à observer parce qu'un passage comme celui-ci est d'une rareté telle qu'on ne peut s'empêcher de tout imaginer. Il n'y a aucun autre juge plus absolu que le temps qui passera et pauvre mortel, nous ne pouvons faire que des estimations. Comme ces scientifiques calculant la trajectoire de tel ou tel astre pour juger si oui ou non il s'écrasera sur la Terre, nous nous efforçons de définir la trajectoire qu'adoptera la carrière de ce gamin en or. Les données en notre possession permettent d'envisager les scénarios les plus fous.
Trente-sept jours de course professionnelle, voilà tout ce que nous avons. Cinq semaines dans une saison qui dure de janvier à octobre, c'est une poussière et pourtant, ces dernières sorties donnent l'impression qu'il n'y en a eu que pour lui. Pour un peu, cette 7e place sur le Tour de Lombardie, le Monument des grimpeurs, son premier galop d'essai dans cette confrérie à part qui fait la grandeur du cyclisme, laisserait presque un goût amer à l'heure de refermer un livre pourtant candidat au Goncourt du premier roman.

Seixas était déçu à Bergame et ne l'a pas caché

Il n'y avait qu'à l'observer de près à l'ombre de la vieille ville de Bergame pour voir dans ses rictus, dans son œil et dans sa souffrance contenue, comme s'il ne l'avait pas tout à fait méritée, que Seixas n'était pas pleinement satisfait. Et pourtant… "Qui aurait dit, au soir du Grand Prix La Marseillaise, que Paul Seixas allait finir 7e d'un Monument comme le Lombardie en fin de saison ?", interroge Julien Jurdie, son directeur sportif énamouré comme les autres, comme ses coéquipiers qui se sont tous rangés derrière son talent samedi.
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Il y a 251 jours, le Lyonnais n'était qu'une promesse. Acteur (5e) il l'était déjà mais il fallait savoir lire dans les étoiles pour écrire la suite telle qu'elle s'est déroulée sous nos yeux. Jamais, Seixas n'a déçu, dépassant au contraire à chaque sortie les attentes, les envoyant valser quelque part entre Mars et Jupiter, d'où il vient peut-être. "Ce fut une saison presque très linéaire, rembobine Jurdie. A chaque fois, on voyait que la marge de progression augmentait." Decathlon-AG2R La Mondiale avait envisagé une victoire sur une course de moindre envergure, objectif qu'il n'a pas rempli tout en explosant ce plafond de verre que d'autres lui avaient curieusement mis au-dessus de la tête.

Aucun rêve ne lui sera interdit

Le Critérium du Dauphiné fut une bascule parce qu'il y avait là ce qui se fait de mieux au monde et que Seixas a évolué dans ce gang de requins avec les dents bien acérées (8e du général final). Son été en équipe de France (vainqueur du Tour de l'Avenir, 13e des Mondiaux et 3e des Europe chez les grands) a continué de dessiner cette trajectoire ascendante. Il devait être au Tour de Luxembourg, il a, à la place et excusez du peu, affronté Tadej Pogacar et Remco Evenepoel les yeux dans les yeux.
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On attendait donc avec impatience les "retrouvailles" avec ces deux affreux et si, cette fois, Seixas a un peu baissé pavillon, c'était pour finir au sein d'un groupe de cadors (Del Toro, Pidcock et Bernal). Cette 7e place n'est autre que la dernière information envoyée sur Terre par la météorite Seixas. Tout dans ce qu'il fait crie qu'il faut désormais lever les yeux au ciel pour éviter de se la prendre sur la tête. La précaution fera long feu tant ils seront nombreux, si tout va bien, à ne pouvoir s'empêcher d'attendre trop longtemps pour s'écarter, subjugué par la lumière et l'aura qui l'entourent.
Dans un bus où certains de ses coéquipiers posaient leurs fesses pour la dernière fois ce samedi en Lombardie (Tronchon, Berthet, Vendrame), Seixas a dit merci car c'est ce que font les leaders. Cette équipe, c'est la sienne, sinon comment expliquer qu'elle se soit comportée toute la journée comme un groupe au service d'un cador ? "On a un leader qui est légitime dans le peloton à 19 ans", souffle Julien Jurdie. Et si finalement, tenter de calculer sa trajectoire était une erreur ? Après tout, il en fera ce qu'il en veut. Tout ce que l'on peut dire aujourd'hui au soir de son premier Tour de Lombardie, c'est qu'aucun rêve ne lui sera interdit.
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