Cyclisme | Des podiums en Catalogne, au Pays basque, maintenant au Romandie : Florian Lipowitz est-il un leader plus crédible que Remco Evenepoel ?
Par Emile Pawlik
Mis à jour 04/05/2026 à 00:19 GMT+2
Deuxième du Tour de Romandie, Florian Lipowitz a mis fin à un printemps prolifique après ses 2e et 3e place, respectivement au Pays basque et en Catalogne. Fiable, serein et encore plus fort que l'an passé, l'Allemand de la Red Bull-Bora-hansgrohe a un profil qui paraît bien plus solide pour tenir le rôle de leader sur le prochain Tour de France, devant son coéquipier Remco Evenepoel.
Lipowitz a attaqué, Pogacar l'a mangé : l'arrivée de la 5e étape
Video credit: Eurosport
Trois podiums et encore plus de promesses. Avec sa deuxième place glanée sur le Tour de Romandie, Florian Lipowitz (Red Bull-Bora-hansgrohe) a mis fin à un bloc de courses par étapes solide et régulier, à son image. A chaque fois, il est tombé sur un os qu'il s'appelle Jonas Vingegaard, Paul Seixas ou Tadej Pogacar, mais il n'a jamais rechigné à se donner corps et âme pour ramener des places qui le confortent dans sa position au sein de son équipe.
"Pour moi, c'est presque l'homme de la semaine, juge Steve Chainel, consultant pour Eurosport. Parce qu'il a répondu présent, il a tenté, il n'avait pas de peur, de crainte de se dire de toute façon je suis battu… Je trouve que c'est une valeur sûre." A l'arrivée à Leysin, l'Allemand a encore montré ses limites face au Slovène, plus rapide et punchy que lui. Mais il était le meilleur des "autres" comme souvent. C'est un homme satisfait qui s'est présenté devant la presse.
Trois podiums, ça donne forcément de la confiance pour le Tour
"Depuis la Catalogne, ça s'est très bien passé aussi bien à l'entraînement qu'en course, je me suis senti de mieux en mieux. Trois podiums, ça donne forcément de la confiance pour le Tour", a réagi le deuxième du général en Romandie, cette semaine. Troisième du Tour de France l'an passé, Florian Lipowitz a forcément à nouveau la Grande Boucle dans le viseur. Cette année, il ne sera pas le seul dans sa formation à avoir les dents longues au départ à Barcelone. Parce que la formation allemande, parmi les plus gros budgets du circuit, a attiré dans ses filets Remco Evenepoel, que l'on ne présente plus.
Oui mais le Belge et le Tour, c'est une histoire d'amour vache. Une histoire d'échecs, de désillusions et de quelques succès sur les chronos, sa discipline chérie. Après un bloc de courses par étapes si probant et avec l'historique du vainqueur de l'Amstel Gold Race sur la course, la question du partage des tâches va forcément se poser. "On sait que Lipowitz, c'est un coureur qui sait suivre les meilleurs, qu'il a compris comment on courrait le Tour, qui a peu de points faibles… Sur la première semaine du Tour, je garderais les deux (Evenepoel et lui) en réserve et le vrai leader, c'est Lipowitz", analyse Steve Chainel.
Lorsqu'on lui propose de tracer les contours de la stratégie de la Red Bull-Bora-hansgrohe, la théorie se heurte à la réalité. "Alors, Remco dans l'idée, il peut aller gagner pas mal d'étape, je pense qu'il peut même aller chercher un maillot de meilleur grimpeur s'il perd 20 ou 25 minutes dès la première semaine", anticipe le Vosgien, sauf que… "Il n'est pas payé à ce prix pour prendre 25 minutes", recadre Chainel.
L'ego de Remco, un frein ?
C'est tout le nœud de l'énigme qui va se poser à la formation allemande. Aujourd'hui, Florian Lipowitz est assurément un coureur qui a plus de références sur le Tour de France, un coureur prometteur qui a "une énorme marge de progression", dixit notre consultant, parce que le coureur originaire du Bade-Wurtemberg est arrivé tardivement dans le monde du cyclisme, lui l'ancien biathlète.
Comment va-t-il faire pour composer avec l'ego tellurique de Remco Evenepoel, parmi les plus grandes stars du peloton ? Difficile de voir le Belge se ranger derrière la cause de l'Allemand pour lui permettre de glaner un nouveau podium, ou plus. A moins d'être surpris. "C'est un coureur qui ne fait pas de vagues, ce n'est pas lui qu'on verra avoir des déclarations fracassantes ou réagir aux provocations de ses adversaires. Lui il s'en fout, il est dans sa course", juge, admiratif, Steve Chainel. Est-ce un problème de riches d'avoir deux coureurs aussi forts dans leur besace ? Sûrement, oui. Reste à savoir qui en ressortira le plus grandi entre "Lipo" et Remco.
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