Tour de Romandie – Vainqueur de la 2e étape au sprint devant Dorian Godon, Tadej Pogacar livre les raisons de son changement de stratégie
Mis à jour 30/04/2026 à 19:38 GMT+2
Il ne lui manquait plus que ça. On le connaissait grimpeur, rouleur, puncheur, descendeur, flahute, et le voilà aussi sprinteur. Vainqueur la veille en réglant un quatuor, Tadej Pogacar a récidivé devant un peloton réduit et quelques gros clients comme Dorian Godon. Le Slovène récolte les fruits de sa mue de classicman, tout en expliquant les raisons d'une approche si singulière.
Pogacar s'offre Godon et un deuxième sprint en deux jours : sa victoire en vidéo
Video credit: Eurosport
Mais à quoi joue-t-il ? Avec Tadej Pogacar, on avait l'habitude d'un passe-temps monocorde. Lui et ses sbires contre un peloton tordu sur le macadam, recette éprouvée pour la victoire, jusqu'à l'opulence, qui n'arrivait presque jamais. Le dernier Tour de France, terminé le genou affaibli et le moral décati, avait soulevé des symptômes prononcés de lassitude sur les courses par étapes. Alors, sur ce Tour de Romandie où son approche reste encore une énigme, tout semble bon pour s'amuser, sans oublier de gagner. Nouvel exemple jeudi sur la 2e étape avec un sprint en petit comité d'une trentaine de coureurs, enlevé devant de sacrés clients (Dorian Godon, Albert Philipsen).
"Pogi" n'est pas ce genre de coureurs à brider sa communication ou s'échapper au moment d'accueillir les questions concernant sa tactique du jour. Le Slovène s'encombre peu des fioritures, annonce, à qui veut l'entendre et le croire, qu'il agira. Pour le lieu et le moment, même lui semble quelquefois plongé dans le brouillard, jusqu'au clignotement soudain, dans la tête et les jambes, le poussant à dégainer. Ce fut le cas sur la 1re étape, avec une attaque précoce, juste au-dessus du pied de l'énorme épine d'Ovronnaz (8,9 km à 9,8%).
Vent décourageant, mue déconcertante
Moins souverain, donc plus malin ? Les voix s'empilent et s'écharpent pour tenter d'expliquer ce qui se passe dans les jambes du prodige de Klanec. Plus lourd (de un ou deux kilos), Pogacar (UAE Emirates – XRG) a axé son hiver sur la préparation des classiques et des efforts violents de plusieurs minutes. Pour les cols longs, la remise en selle se fera sur le tas et progressivement. Aussi, le Slovène, pas (encore) intouchable près des cimes, s'amuse à récolter les fruits d'une mue engagée vers un profil de classicman.
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Pogacar dompte Martinez au sprint : l'arrivée de la 1re étape en vidéo
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Naïvement, on jugeait surtout le porteur du paletot jaune l'emporter au prix d'une ogive posée dans la dernière difficulté, la côte de Vuillens, avec le sommet à trois bornes de la ligne. Sans aucun doute, Pogacar était le plus fort dans la bosse. Les sprinteurs forcés de reculer par l'armada déployée par Red Bull-BORA-hansgrohe, Pogacar s'est lui contenté de naviguer, entre les estocades des uns et les regards attentistes des autres. "On a mis quelqu'un à l'avant car on voulait un sprint, explique le vainqueur du jour à notre micro. Roglic a durci dans la côte, ça a été à mon avantage parce que j'ai pu après contrôler. Je savais que je ne devais pas me retrouver tout seul devant avec le vent de face."
Ce vent, Pogacar l'incriminait tout autant la veille, responsable en partie de son flegme au moment où il aurait pu, potentiellement, porter le coup de grâce sur la pointe d'Ovronnaz. "Le vent fait surtout des dégâts aux jambes, pas tant au niveau chronométrique", rappelle Pogacar à l'organisation. S'il a la ferme intention d'ajouter l'épreuve romande à son gigantesque palmarès, "Pogi" s'astreint surtout à son plan de bataille, désormais bâti en vue du Tour de France. Pas question alors de gaspiller des forces inutiles.
Pogacar, la réponse de l'indéchiffrable : "Les gens pensent que c'est facile..."
"Les gens pensent que c'est facile de gagner mais il y a toujours un gros boulot de l'équipe derrière, objecte le champion du monde. Si je veux gagner plus, mes équipiers doivent en faire plus. Je ne peux donc pas trop leur en demander tout le temps." Pogacar a trouvé la parade. Les autres formations, ragaillardis par la face "humaine" présentée par le glouton slovène, lui mâchent le travail en amont.
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"La seule chose qui me fait peur avec Seixas, c'est qu'il ne lui est rien arrivé"
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Lui n'a plus qu'à piquer au bon moment pour continuer de s'empiffrer. "On savait que le sprint serait usant avec les montées avant, détaille "Pogi". Il ne fallait pas être en tête trop tôt mais quand même bien placé dans le dernier virage. Dorian (Godon) a peut-être lancé trop tôt et ça m'a avantagé." À propos du lendemain, le potentat semble d'humeur oisive. À le croire, on ne le verra pas jouer la victoire. D'ordinaire, on l'aurait pris au mot, mais sur ces contreforts romands, il parait bien difficile à déchiffrer.
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Étape 2Rue → Vucherens / 173.1 km
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T. PogacarTerminé
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