"Le vélo, c’est aussi du pilotage." Les mots sont de Romain Bardet. Ils illustrent une réalité : une course cycliste peut se gagner en montée, mais aussi en descente. Comme en témoigne le final spectaculaire de la 4e étape du Tour des Alpes, disputée ce jeudi entre Naturno et Pieve di Bono. Une étape remportée par Pello Bilbao, meilleur pilote du jour, parmi les meilleurs grimpeurs.
L’Espagnol de la Bahrain-Victorious a plongé vers l’arrivée avec quelques secondes de retard sur Aleksandr Vlasov (Astana - Premier Tech) et Simon Yates (BikeExchange). Il les a rattrapés avant de les aligner. "Je savais que c'était une arrivée parfaite pour moi (…) que je pouvais revenir dans la descente", a commenté le vainqueur du jour, nouveau 2e du général. "Bilbao était le seul avec qui je ne voulais pas arriver dans la descente", a abondé Yates, qui garde les commandes à la veille du terme de l’épreuve.
Bilbao a donc profité d’une descente vertigineuse pour garnir son palmarès. Mais il a admis qu’elle était spéciale, voire dangereuse : "Ce n'est pas le type de descente à faire tous les jours, on ne peut pas prendre toujours ce type de risques mais ce n'était pas un jour comme les autres." Il a dédié son succès au défunt Michele Scarponi, qui était son coéquipier en 2017, et dont la mort remonte précisément à quatre ans.
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Bilbao : "Ce n'est pas le type de descente à faire tous les jours"

Je rattrapais des mecs accrochés à la rambarde presque à tous les virages
Selon Bardet, 8e de l’étape et 9e du général, c’est un numéro d’équilibriste qui était demandé aux coureurs. "C’est la descente la plus technique que j’aie jamais faite, c’était la folie, a-t-il estimé au micro de la chaîne L’Equipe. Il y avait pas mal de demi-tours, c’était fou. Pire que le Mont du chat." Le grimpeur français faisant sans doute référence à la 9e étape du Tour de France 2017, durant laquelle Richie Porte et Dan Martin avaient chuté… comme ce fut encore le cas ce jeudi pour l’Irlandais d'Israel Start-Up Nation.
"J’ai vu beaucoup de mecs par terre. Je rattrapais des mecs accrochés à la rambarde presque à tous les virages, a énuméré la recrue du Team DSM. Je pense qu’il y en a beaucoup qui sont allés à la limite aujourd’hui, et ce n’est pas passé." Parmi les coureurs qui ont goûté au bitume, il y avait notamment son coéquipier Jai Hindley. Le 2e du dernier Giro rétrograde du 7e au 11e rang au classement général.
"On s’est fait peur aujourd’hui avec la chute de Jai (Hindley) qui, lui, était capable d’accompagner (les meilleurs) un peu plus loin", a commenté Bardet. Les deux hommes devraient se partager le leadership sur le prochain Tour d’Italie, à partir du 8 mai. Et il faudra bien deux semaines à l’ancien leader d’AG2R pour tutoyer son pic de forme.

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Je sens qu’il m’en manque, je n’ai pas encore récupéré
"Je ne suis pas au niveau encore. Je garde le sourire, il n’y a pas de souci, parce que la course n’était initialement pas prévue (à son programme ndlr). Je la prends vraiment comme la fin d’un stage, a confié Romain Bardet, toujours à nos confrères de L’Equipe. Ce n’était pas très rassurant aujourd’hui (jeudi), les sensations, le niveau, les chiffres et tout… ce n’est pas le top."
Le 2e du Tour de France 2016 est parvenu à positiver : "Il faut passer par des journées comme ça pour être bien. Je sens qu’il m’en manque, je n’ai pas encore récupéré. Je n’ai pas de punch. Mais ça va revenir. Je pense que j’ai beaucoup travaillé. Il faut juste que j’assimile un peu tout cela". Surtout qu’il dit apprécier une épreuve dont il salue "l’intensité vraiment élevée" : "Il ne manque que de bonnes jambes pour que la fête soit parfaite. Mais demain (vendredi) on va encore faire la course."

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Froome offensif, Pinot discret

Faire la course. C’est ce à quoi s’est attelé Christopher Froome, jeudi. Membre de l’échappée du jour, sur une étape émaillée de trois grands cols, le quadruple vainqueur de la Grande Boucle a été repris juste avant l’explication finale et a terminé à une anecdotique 82e place, à un quart d’heure du vainqueur. "C’était une bonne expérience d’être de nouveau à l’avant, s’est réjouie la star d’Israel Start-Up Nation, toujours en difficulté. Je peux sentir que ma condition s’améliore lentement."
Tout aussi à la peine sur ce Tour des Alpes, Thibaut Pinot n’a pas non plus été vu à l’œuvre dans la descente finale, avec les cadors du moment. 64e à 9’28", au lendemain d’une journée frustrante (membre de l’échappée, il avait été lâché sur crevaison), le Franc-Comtois ne se rassure pas quant à sa forme, alors que sa participation au Giro est très incertaine.

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