Mathieu Van der Poel : Appelez-le l'ovni

Eurosport sur Google

Et revoilà Mathieu Van der Poel sur la route. Après son incartade aoûtienne sur les chemins de VTT, le Néerlandais a repris le chemin de la compétition sur le bitume à l'occasion de la première étape du Tour du Luxembourg qu'il a remportée. Dans son viseur, le championnat du monde où il arrivera après avoir soigneusement évité tous ses adversaires. "VDP" trace toujours sa route tout seul.

Evenepoel ou Van Aert : sur qui la Belgique doit-elle miser ?

Video credit: Eurosport

À 31 ans, Mathieu Van der Poel a passé l'âge qu'on lui dise ce qu'il doit faire. Est-ce seulement arrivé une fois dans sa vie de coureur professionnel ? Voilà des années qu'il navigue au gré de ses envies, flotte d'objectif en objectif sans jamais passer, ou si peu, par des lieux qui ne l'inspirent pas. Avant le Tour du Luxembourg qu'il a débuté mercredi par une victoire, le coureur d'Alpecin-Premier Tech pointait à 39 jours de course sur la route, ce qui le plaçait tout juste dans le Top 1 000 cette saison, très loin des 84 de Baptiste Veistroffer. Il est comme ça Mathieu Van der Poel et c'est aussi comme ça qu'on l'aime.
Il pourrait objecter qu'il a débuté sa saison avant les autres, c'est vrai puisqu'il l'a entamée par le cyclo-cross de Namur à la mi-décembre 2025 et qu'avec le VTT, son compteur de jours augmente également, ce qui n'est pas tout à fait faux. Tout compris, le Néerlandais atteint les 55 jours, soit autant que son coéquipier et ami Jasper Philipsen. Ce n'est donc pas tant que Van der Poel n'est jamais là, plutôt qu'il apparaît quand ça lui chante et qu'il disparaît tout aussi vite. Son calendrier version 2026 répondait à trois envies et un besoin :
  • Devenir champion du monde de cyclo-cross pour la 8e fois et détenir seul le record.
  • Disputer les quelques courses d'un jour les plus prestigieuses (au printemps puis aux Mondiaux à Montréal).
  • Tenter de décrocher un titre mondial en VTT.
  • Disputer le Tour de France, un peu parce qu'il peut s'y amuser, beaucoup parce que son équipe a besoin de sa présence.
picture

Van der Poel signe son retour : sa victoire sur la 1re étape du Luxembourg en vidéo

Video credit: Eurosport

Son palmarès depuis 2024 dit tout ce qu'est Van der Poel

Autour de ces quatre pôles, Van der Poel s'est préparé, dans les sous-bois l'hiver dernier, à Tirreno-Adriatico pour être prêt pour le printemps, au Tour de Suisse avant le Tour de France, aux Gets pour le VTT et au Luxembourg pour les championnats du monde sur route. Il n'est évidemment pas le seul à avoir gagné ce droit, mais lui a poussé le concept plus loin que tous les autres, surtout grâce à la position qui est la sienne dans son équipe Alpecin-Premier Tech, une formation qui vit par et pour lui depuis qu'il l'a rejoint en 2020.
Son palmarès des trois dernières saisons dit au fond tout ce qu'il est devenu. Sur ses désormais 17 victoires, quatre concernent des Monuments, cinq des semi-classiques belges et trois des étapes du Tour de France. Dans le même temps, Wout van Aert gagnait entre autres cinq fois sur la Vuelta, une sur le Giro, une sur le Tour, une au Portugal et quatre au Danemark. La Vuelta que vient d'achever son meilleur ennemi, très peu pour lui. Van der Poel est un coéquipier fidèle pour Philipsen mais son dévouement pour les autres et pour le cyclisme n'ira jamais vraiment plus loin. Lui son truc, ce sont les objectifs ciblés, et rien n'a d'importance au-delà de ça.

Un vrai favori pour les Mondiaux ?

Il y a fort à parier d'ailleurs pour la course en ligne des Mondiaux (le 27 septembre), soit sa dernière de la saison, lui chez qui la quête des cinq Monuments a fait long feu, après qu'il a constaté que le Tour de Lombardie (10e en 2020) était une course pour grimpeurs, ce qu'il n'est pas même au meilleur de sa forme. Peut-il croire en ses chances à Montréal dans une dizaine de jours ? A priori oui même s'il vise d'abord de retrouver le rythme après bientôt deux mois sans course sur route.
picture

Vivement la revanche : "Seixas en a fait deux fois plus que Del Toro"

Video credit: Eurosport

"Si l'on regarde le poids moyen des dix premiers au Grand Prix de Montréal, on est peut-être à 63 ou 65 kilos", rappelle astucieusement Remco Evenepoel à Wielerflits. Wout van Aert, puisque c'est lui que visait le double champion olympique, en pèse a minima dix de plus et Van der Poel aussi. "Ce ne sont pas des colosses, mais des coureurs comme Wout et Mathieu van der Poel peuvent tenir le coup lors de journées exceptionnelles", a nuancé Evenepoel. 
Des journées exceptionnelles, "VDP" en a connu un paquet dans sa carrière, pour gagner souvent, pour surprendre aussi quand il terminait 3e du Mondial de Zurich en 2024, une course à plus de 3 000 mètres de dénivelé positif, soit à peu près le menu proposé à Montréal pour la course en ligne. A mesure que les tours passeront sans une belle bagarre, la cote de Mathieu Van der Poel augmentera. Jusqu'où ? Nul ne le sait et ce n'est d'ailleurs pas lui qui aura tout à fait son destin entre les mains. Mieux vaut cependant ne pas laisser entrevoir la victoire à un tel ovni.
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité