Une semaine (presque) trop tranquille pour Tadej Pogacar sur l'UAE Tour
Eurosport sur GoogleSept jours de course et voilà déjà Tadej Pogacar (UAE-Emirates) à trois victoires. Le Slovène en a ajouté deux ce dimanche avec l'ultime étape de l'UAE Tour et le classement général pour la troisième fois de sa carrière. Aux émirats, la maison de son sponsor, "Pogi" était là en VRP de luxe et de ce côté-là, il a rempli sa mission. Sur le volet sportif, on repassera pour tirer des enseignements.
Pogacar en solitaire pour conclure le Tour UAE : l'arrivée en vidéo
Video credit: Eurosport
Pour les Emirats arabes unis, Tadej Pogacar est probablement un meilleur ambassadeur que ne l'est le Manchester City de Pep Guardiola. En ce moment évidemment, tant les Cityzens ont perdu de leur splendeur. De tout temps aussi. Après tout, le champion du monde porte constamment sur le dos les initiales "UAE" qui regroupent les sept émirats de la région. Son sourire "ultra-bright" et ses attaques de feu ont fait sa réputation. Du côté de l'état-major émirati, on ne peut qu'avoir apprécié sa semaine (deux victoires d'étape, le général et du spectacle) dans le désert après deux éditions séchées (2023 et 2024).
La grosse minute d'avance qu'affiche le classement général à la faveur de Pogacar sur ses trois poursuivants, les Espagnols Ivan Romeo (Movistar, 4e à 1'26''), Pello Bilbao (Bahrain-Victorious, 3e à 1'19'') et l'Italien Giulio Ciccone (Lidl-Trek, 2e à 1'14'') ne dit rien, ou presque, des rapports de force de la semaine écoulée au Moyen-Orient. Le champion du monde y a fait la pluie et le beau temps, remportant les deux étapes pour grimpeur (la 3e et la 7e). Dans le vent de Jebel Jais, il savait, pour connaître l'endroit, qu'il fallait attendre les derniers hectomètres. Ce qu'il a fait. Et même ce dimanche vers Jebel Hafeet, il aurait très bien pu faire de même.
Il aurait pu contrôler, mais...
Après tout, une bordure avait éliminé Lennert van Eetvelt très tôt dans cette 7e étape et même le Belge de la Lotto-Dstny semblait trop tendre pour l'inquiéter, lui-même confiant la semaine dernière que les adversaires de Pogacar courraient pour la 2e place quand il était là. "C'était bien de créer un peu de chaos, a souri 'Pogi" après l'arrivée. Nous, les coureurs du général, devions être très prudents et toujours attentifs. Au début, je ne pensais pas que ça roulerait dans le groupe mais c'est allé jusqu'à l'arrivée, donc pour moi c'était une très bonne journée."
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Pogacar dépose tout le monde et s'envole à l'avant de la course
Video credit: Eurosport
Toute étape menée sur un rythme élevé est une bonne journée pour un Pogacar qui a fait dans le show loin, très loin de l'arrivée, ou sur des étapes qui ne lui convenaient a priori pas cette semaine. C'est à Jebel Hafeet, ce dimanche, qu'il est revenu dans son rôle, presque à contre-coeur à l'écouter. "Les gars ont fait un excellent travail pour moi et j'ai décidé d'essayer de partir en solo, je ne voulais pas être surpris, contre-attaqué ou quoi que ce soit d'autre mais je n'aurais pas été contre d'y aller un peu tranquille".
On se demande bien qui aurait pu avoir l'outrecuidance d'attaquer le champion du monde. Felix Gall (Decathlon-AG2R La Mondiale) l'avait bien fait vers Jebel Jais, mais l'Autrichien était repoussé dans le deuxième peloton sur la 7e étape. Le leader du général aurait pu contrôler mais ce n'est pas sa nature, et Pogacar va rarement contre ce que lui dit sa tête, son cœur ou quoique ce soit d'autre.
Pogacar trop seul, trop fort
Il était un peu surprenant de voir Ciccone et le jeune Oscar Onley (Picnic-PostNL) s'accrocher à sa roue après son accélération quand ceux qui avaient réussi l'exploit se comptaient sur les doigts d'une main la saison dernière. Ben O'Connor lui-même avait qualifié sa tentative de stupide après avoir voulu rouler trop près du soleil et l'avoir payé sur le Giro. Il n'a fallu que quelques décamètres de plus pour que le champion du monde, qui avait troqué ce maillot pour le paletot rouge de leader de l'UAE Tour, ne se retrouve seul. Son avance sur la ligne (33'' sur Ciccone) dit beaucoup de l'application toute relative qu'il a mis dans les derniers kilomètres de l'ascension.
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Tarling au sol, la roue de Froome tordue : grosse chute sur la 7e étape de l'UAE Tour
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On ne pourra pas tirer grand-chose de la semaine émiratie de Pogacar. On l'a vu gagner là où il devait gagner face à des coureurs qui ne jouent pas dans la même catégorie. Joshua Tarling (INEOS Grenadiers) et Stefan Bissegger (Decathlon-AG2R La Mondiale) se sont payés son scalp mais le chrono leur convenait tellement qu'on n'y verra pas un quelconque recul dans l'exercice. L'an dernier, Pogacar n'avait eu besoin que de cinq jours de course pour décrocher ses trois premiers succès. C'est à peu près tout ce que l'on peut dire et l'honnêteté oblige à ajouter que ça n'augure rien de sa saison à venir.
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