UAE Tour – Le révélateur Isaac Del Toro pour le rouleau compresseur Remco Evenepoel
Mis à jour 15/02/2026 à 21:40 GMT+1
Remco Evenepoel réussit un début de saison parfait. Six victoires en huit jours de course, dont le général du Tour de Valence : le Brabançon engrange sur un rythme de glouton, à l’image d’un certain Tadej Pogacar. Plus sage, mieux entouré, le double champion olympique va se frotter à une concurrence plus féroce avec Isaac Del Toro et Adam Yates sur le Tour d’UAE. Un vrai révélateur.
Evenepoel, adieu "poker face" et bonjour maturité
Video credit: Eurosport
Huit jours de course, six victoires. Des chiffres à vous donner le tournis, à répondre au surnom de "Pogi". À l’instar du glouton slovène, Remco Evenepoel n’en finit plus de gober tout ce qui se présente à lui. Pas de menu fretin pour le Brabançon, tout le buffet y passe. Dès le Challenge de Majorque, Evenepoel a étrenné son nouveau cuissard Red Bull – BORA – hansgrohe avec une efficacité maximale (trois sorties, trois victoires dont un chrono par équipes). Sur le Tour de Valence, le Belge a fait encore plus fort.
Face au temps changeant et capricieux sévissant dans la région, Evenepoel a bombé le torse, matraquant une concurrence grossie d’un invité de marque : Joao Almeida. Le rouleur portugais effectuait sa reprise mais chez UAE-XRG, chaque jour de course est une opportunité de victoire. Pas de chance, en face, Evenepoel a un territoire à marquer. Le sien, d’abord. Transfuge remarqué de l’intersaison, arrivé escorté de millions, le champion du monde de l’effort solitaire avait des choses à prouver dans un nouvel environnement, le premier loin de ses quartiers de toujours en Belgique.
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Forfait de Vingegaard, coach parti et abandons : ciel grisâtre au-dessus de Visma
Video credit: Eurosport
Plus fort, plus serein, mieux entouré
Après sept ans au sein du "Wolfpack", le ket de Schepdaal avait des envies d’ailleurs, ou tout simplement des ambitions trop grosses pour une formation pas taillée pour ces conquêtes juillettistes. Le virage à 180 degrés de la formation flamande n’a pas suffi à taire les sirènes autour de son joyau. Difficile de donner tort à l’intéressé à l’aune de ce début d’année. Alors que la formation UAE avance généralement avec un collectif dense et un train sans égal ou presque, on n'a vu que du Red Bull sur les portions mansardées de la province valencienne.
Aleksandr Vlasov et, surtout, Giulio Pellizzari ont affiché la surpuissance d’une équipe taillée pour les sommets de la saison. Devant le ballet de ses ouailles, nul doute que le leader belge se trouvait heureux d’avoir atterri là. Aussi, une telle escorte lui évite de faire l’accordéon dans les groupes de costauds, malmené par le rythme des autres. En 2026, c’est le sien qui est dicté. Et cela vous change un homme.
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Evenepoel fait exploser Almeida et prend le pouvoir : le résumé de la 4e étape
Video credit: Eurosport
"J’ai trouvé que son comportement était enfin celui d’un champion, sûr de lui, serein", notait Steve Chainel lundi dans notre émission Bistrot Vélo. Plus de gestes déplacés, de désintéressements soudains. Remco Evenepoel en a fini de ses bouderies. Pour de bon ? Il est encore trop tôt pour le dire. Car le Brabançon n’est pas encore tombé sur des rivaux à sa mesure. Lors de l’étape reine au Tour de Valence, Evenepoel n’a même pas eu besoin de se lever de sa selle pour étouffer ses adversaires.
Del Toro, le digne héritier pour se jauger
Il s’est quand même retourné, une fois, deux fois, mais le rictus n’est pas monté jusqu'à l’épiderme. Plus mature, Evenepoel l’est également dans son expression face à la douleur. Le masque de constante impassibilité est tombé. L’effort se lit désormais sur son visage, notamment sur cette relance les coudes ouverts dans des passages à près de 20%. Des démonstrations d’une forme rayonnante, qu’il conviendra d’étalonner face à une adversité encore plus redoutable sur le Tour des Emirats.
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Isaac del Toro
Crédit: Imago
Le Belge devra notamment se farcir le duo d’UAE Isaac Del Toro – Adam Yates. Le tout sur des montées autrement plus sélectives qu’autour de Valence, avec notamment le Jebel Mobrah et ses 7 kilomètres à 12%. Un véritable test grandeur nature pour le double champion olympique, et ce même avec le forfait de Jonas Vingegaard. Cannibale des semi-classiques et dévêtu du rose sur le fil en 2025, Del Toro s’affirme comme un martien de plus dans l'échiquier. Obnubilé par l’idée de se rapprocher de Tadej Pogacar, Evenepoel sait que le chemin passera par un succès devant son "héritier".
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