Sagan calme le jeu

Sagan calme le jeu
Par Eurosport

Le 23/09/2011 à 16:24Mis à jour Le 23/09/2011 à 16:45

A 21 ans, Peter Sagan a déjà l'étoffe d'un grand. Au point que nombre de ses adversaires le désignent comme le danger numéro un avant la course en ligne des Mondiaux de Copenhague, dimanche. Flatté, le Slovaque refuse pourtant de se mettre la pression et se veut prudent.

Vu sa date de naissance (26 janvier 1990), la place de Peter Sagan aurait dû être parmi ceux de son âge, vendredi, lors de la course Espoirs, réservés au moins de 23 ans. Mais de par l'exceptionnelle précocité qui est la sienne, le Slovaque joue déjà dans la cour des grands. Et il ne se contente pas de regarder ses ainés, poliment, en attendant son tour. Il en impose déjà. Depuis le début de la saison 2011, Sagan a déjà signé 15 victoires. Seul Philippe Gilbert a fait mieux. Alors, gamin ou pas, l'ami Peter se pointe à Copenhague dans la peau d'un très sérieux prétendant au titre mondial. Thor Hushovd, tenant du titre, en a même fait son favori pour lui succéder.

N'est-ce pas un peu "too much" pour un coureur aussi jeune (1)? Pas forcément. Sagan, c'est le futur. Mais c'est aussi, déjà, le présent. Il arrive dans une forme éblouissante. Vainqueur de trois étapes sur la Vuelta, il a également dominé le Grand Prix de Prato voilà quelques jours. Physiquement, il est au top et sa confiance est optimale. Surtout, le parcours est parfait pour lui. Une arrivée au sprint est probable, mais le raidillon placé après la flamme rouge pourrait éliminer certains purs sprinters. Sagan, lui, va se régaler sur ce terrain. Pour toutes ces raisons, il est tout sauf absurde de l'imaginer en vainqueur dimanche soir.

"Je ne veux pas créer trop d'attentes autour de moi"

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Flatté d'être ainsi placé au coeur des pronostics, la jeune vedette de l'équipe Liquigas s'est empressée de tempérer cet enthousiasme autour de sa personne. "C'est sympa que les gens parlent de moi comme d'un favori, mais je sais que ce sera très dur pour moi dimanche", juge-t-il. Et Sagan, d'avancer ses arguments, tous recevables. "Nous ne sommes que trois Slovaques au départ, donc je ne pourrais pas vraiment avoir le soutien d'une équipe comme d'autres, plaide-t-il. Tout le monde parle d'un sprint mais je n'en suis pas si sûr. Il y aura beaucoup d'attaques. La météo pourrait aussi jouer un rôle. Celui qui gagne devra être très fort dans ses jambes et dans sa tête." Un dernier portrait-robot qui pourrait lui ressembler...

On peut néanmoins comprendre les réticences du jeune Sagan. L'an dernier, pour sa première expérience aux Championnats du monde, il n'avait pas terminé la course à Melbourne. "Je sais que le parcours me convient bien mais c'est plus compliqué que ça, estime le Slovaque. Je ne veux pas créer trop d'attentes autour de moi." Mais le me mal est fait. Il fallait gagner un peu moins cette année, surtout sur ce type d'arrivées. Aussi prudent qu'évasif, Sagan dit rêver "d'une grande course pour lui" dimanche. Mais pour un coureur qui a pris l'habitude gagner autant, qu'est-ce qu'une grande course, sinon une course qui s'achève par une victoire ?

(1) S'il s'impose dimanche , Peter Sagan deviendra le deuxième plus jeune champion du monde après Karel Kaers... en 1934 .

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