Mano a mano Audi-Peugeot

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Audi et Peugeot se relaient en tête au Mans depuis le départ, donné à 15h00, avec des arguments différents : la R18 est plus rapide, la 908 consomme moins. Mais Audi n'a plus qu'une voiture en course après les deux effroyables crashs qui ont failli couter la vie d'abord à McNish, puis Rockenfeller.

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Crédit: Eurosport

Après six heures d'épreuve, la 79e édition des 24 heures du Mans déroulait un scenario rêvé, entre des Audi et des Peugeot au faîte de leurs possibilités. A 21h00, l'Audi n°2 de Fässler, Lotterer et Tréluyer menait avec 90 tours au compteur, devant les trois Peugeot 908 officielles : la n°7 de Davidson, Gené et Würz à1 min 02 sec, la n°9 de Bourdais, Lamy et Pagenaud à 2 min 07 sec, et la n°8 de Minassion, Montagny et Sarrazin à 2 min 17 sec. Et à la 5e place l'Audi n°1, championne sarthoise en titre, pilotée par Bernhard, Dumas et Rockenfeller, à 2 min 16 sec.
Seule manquait à l'appel l'Audi n°3 de Capello, Kristensen et McNish, spectaculairement accidentée dans un sentiment d'effroi total à la 54e minute de course. En voulant dépasser coup sur cup l'Audi n°1 de Timo Bernhard et la Ferrari 458 GT n°58 d'Anthony Beltoise, McNish était sorti de la piste à pleine vitesse après la passerelle Dunlop, percutant de plein fouet un rail derrière lequel se trouvaient plusieurs commissaires de piste et photographes. Aucun blessé ne fut à déplorer et ce fût probablement là un miracle, des débris ayant volé de toutes parts. Le pilote écossais, victorieux de la plus grande classique de l'Endurance en 1998 sur Porsche et en 2008 sur Audi, a été admis à l'hôpital, où il passera la nuit en observation .
La course ayant été interrompue une bonne heure, Audi et Peugeot ont montré par la suite que leurs options techniques étaient tout près d'être équivalentes : V6 plus puissant pour l'allemande et meilleure tenue dans les courbes très rapides, consommation moindre du V8 et bonne vitesse dans les rectiligne pour la française, par ailleurs plus douce avec les gommes. Voilà comment l'identité de la marque leader n'a fait que changer, au gré des arrêts au stands.
Rockenfeller lui aussi miraculé dans le crash de l'Audi n°1
Chez Peugeot, Anthony Davidson (n°7) et Simon Pagenaud (n°9) ont enchaîné un triple relais et Stéphane Sarrazin (n°8) un quadruple, avec le même train de pneus. La n°8 a connu un petit pépin. "On a cassé un répartiteur de freins en début de course et ça nous a coûté un demi-tour au stand pour le refaire", a expliqué Franck Montagny en début de soirée. "Les conditions sont plus fraîches à présent, et c'est plus difficile. En plus, de vieilles voitures ont tourné entre le warm-up et la course et ça n'est pas bon pour les pneus."
"Maintenant on remonte, mais ce n'est pas simple, car nos adversaires sont rapides", a ajouté Stéphane Sarrazin. "J'ai fait un quadruple relais avec les mêmes pneus et la voiture est restée stable et constante de bout en bout."
Au volant de la n°9, Simon Pagenaud a fait un tout droit peu avant la fin de la quatrième heure de course. "C'est une partie difficile de la course, car le soleil descend et cela rend la visibilité délicate", a expliqué" le Potevin. "Je me suis fait surprendre à un freinage, j'ai bloqué les roues arrière et je suis allé tout droit. Il faut faire attention dans le trafic et faire un compromis entre prendre des risques et perdre un peu de temps lorsque l'on dépasse une voiture plus lente."
Du côté d'Audi, on retiendra l'image de Wolfgang Ullrich, directeur d'Audi Sport, applaudissant de soulagement en voyant Allan McNish sortir vivant de l'épave de sa machine ; ainsi que le constat de Tom Kristensen, huit fois vainqueur de l'épreuve : "C'est la première fois que je suis au Mans en n'ayant pas la possibilité de rouler." Et puis, vers 22h40, une chape de plomb tombait de nouveau pendant quelques minutes sur le garage d'Ingolstad, inquiet quant à la vie de Mike Rockenfeller, sorti de la route à très haute vitesse entre Mulsanne et Indianapolis. Fort heureusement, l'Allemand de 27 ans pouvait lui aussi donner des signes de vies providentiels, à quelques mètres d'un amas de débris.
En exclu, nous avons une chaîne 100% Le Mans, donc la course pendant 24h sans interruption (et sans commentaires).
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