Des larmes de joie de Maureen Nisima à la rage enfouie de Laura Flessel... L'une aime sa médaille de bronze, l'autre déteste sa médaille d'argent, mais ça ne durera pas. Ou la différence entre un dernier assaut gagné et un combat perdu...
3e finale olympique pour Flessel
La piste venait d'être désertée par Maureen Nisima, dans les bras de son entraîneur où elle étouffait de profonds sanglots de joie, et par Ildiko Mincza, 4e et digne, quand Laura Flessel et Timea Nagy en prenaient possession. Les finales olympiques, les deux femmes connaissaient plutôt bien. Pour Laura Flessel, il s'agissait là de sa 3e, les deux premières, en 1996, s'étant révélées fructueuses. Itou pour la Hongroise, qui ne disputait que sa deuxième finale, sa première lui ayant permis de s'emparer du titre individuel de Flessel, en 2000.
Athenes 2004
"C'est dingue !"
22/08/2004 À 20:45
Nagy infranchissable
Laura Flessel n'entrera jamais tout à fait dans sa finale. Gênée par deux atouts que la nature avait offerte à la Hongroise, à savoir sa taille (plus de 1m80) et le fait qu'elle soit gauchère, la Guèpe n'arriva jamais à en faire le tour. L'attaque ? Manqué. Le contre ? Pas mieux. La Hongroise, qui avait vécu une saison un peu creuse en raison de la naissance de sa fille, prenait rapidement un avantage de trois touches (7-4). Un avantage qu'elle gérait parfaitement, jusqu'à s'imposer 15-10. A s'en écarquiller les pupilles...
L'histoire aurait pu être encore plus belle, dans le clan tricolore. Car, cette Nagy qui allait devenir championne olympique, Maureen Nisima l'avait poussée dans ses retranchements en demi-finale, la poussant au golden score, l'obligeant à venir chercher sa place en finale sur une ultime attaque.
Nisima en bronze
En finale pour la médaille de bronze, Maureen Nisima parvenait à éteindre totalement sa rivale hongroise, Ildiko Mincza, usée sans doute par son tournoi, bien plus encore par la rage que déployait la fille de Bondy. Victoire sans appel (15-12) et première médaille de bronze pour le clan tricolore.
Sur le podium, Laura Flessel pleurait encore. De déception. Un pâle sourire tentait tout de même d'éclairer son visage. Bientôt, elle se rappellera qu'elle a vécu quelques moments bien plus sombres que celui-là, il y a quelque temps.
ELLES ONT DIT
Timea Nagy : "J'ai gagné, mais je crois que Laura Flessel est la meilleure au monde. Nous avons d'excellentes relations, de mèr à mère. Maureen Nisima, c'est l'avenir ".
Laura Flessel-Colovic : "J'étais toujours trop loin ou trop près. Trop loin, j'étais condamnée à prendre de la vitesse et Nagy me voyait venir. Trop près et j'étais contre un mur. J'ai passé mon temps à chercher la distance".
Maureen Nisima : "Le point positif, c'est que j'aurais pu repartir sans rien. J'aurais très mal vécu cela. Cette médaille est la conclusion d'une journée remplie d'émotions vives ".
Athenes 2004
La touche finale
22/08/2004 À 18:45
Athenes 2004
D'or ou d'argent ?
22/08/2004 À 06:30