Jeux Olympiques - Paris 2024 - L'escrime française vise huit médailles au Grand Palais

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Huit médailles. Voilà l'objectif fixé par la fédération française d'escrime dans ces Jeux de Paris à domicile. Les Bleus se veulent ambitieux au Grand Palais. Un grand huit de podiums qui constituerait leur meilleur bilan depuis… 104 ans. Sacré défi, donc, d'autant que les derniers mois n'ont pas été avares en soubresauts et en polémiques.

Enzo Lefort et les Bleus du fleuret lors de l'Euro 2024.

Crédit: Getty Images

Dire que l'avant Paris 2024 a été de tout repos pour l'escrime tricolore serait mentir.  "On nous demande de faire des médailles, on veut qu'on fasse tout pour : respectez-nous." C'était le cri du cœur de Manon Apithy-Brunet le 30 mai dernier sur le plateau de Mon Paris Olympique sur Eurosport, en référence aux tensions entourant la sélection du sabre masculin pour les Jeux. Une polémique de plus, qui a touché presque toutes les armes ces derniers mois. Mais maintenant, place au sport, au Grand Palais, et à la fête olympique. Du moins chacun l'espère.

 
"Avec toutes les actualités qui se sont enchaînées, les nombreuses armes qui ont été chahutées, les entraîneurs qui ont démissionné… Je suis admirative des athlètes, qui ont su rester mobilisés. Parce que franchement, ce n'était pas évident", souligne Maureen Nisima, une des consultantes d'Eurosport pour Paris 2024.  "On n'a pas toujours entendu parler de l'escrime pour les meilleures raisons ces derniers mois, confirme Léonore Perrus, qui officiera elle aussi au micro sur nos antennes durant ces Jeux. Désormais, il y a moins de remous, tout le monde revient de stage. C'est bien qu'il y ait ce temps calme."
 
Tout le monde aurait aimé une préparation plus sereine, mais l'équipe de France continue de disposer d'un vivier de médaillables que beaucoup de nations peuvent lui envier. De quoi perpétuer une tradition bien établie puisque, en dehors du mémorable fiasco londonien en 2012, l'escrime a toujours largement apporté sa contribution, y compris en 2021 à Tokyo, où les Bleus avaient récolté cinq médailles dont deux en or. Un tel bilan au Grand Palais ne constituerait pas un échec, mais il laisserait sans doute un petit parfum d'inachevé.
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Video credit: Eurosport

 
L'escrime est assez pernicieuse
 
L'analyste de données Gracenote donne sept médailles aux escrimeurs français dans la dernière mouture de ses prédictions pour Paris 2024. Parmi elles, trois titres, pour Marie-Florence Candassamy (épée), et deux par équipes au sabre féminin et à l'épée masculine. De son côté, le magazine américain Sports Illustrated est un peu moins généreux dans ses prévisions mais envisage tout de même six médailles. Une telle moisson (six-sept podiums) relève de l'ambition plus que de l'utopie.
 
Officiellement, l'objectif fixé par la fédération est d'ailleurs de huit podiums, ce qui surpasserait les sept médailles d'Atlanta (1996) et Los Angeles (1984) et égalerait le total d'Anvers (1920). Le record de Paris en… 1900 restera ce qu'il est, un record pour l'éternité (15 médailles). "L'objectif principal est que toutes les équipes soient médaillées, estimait après un Euro assez prolifique mais non dénuée de certaines déceptions (huit médailles, quatre titres) le directeur technique national Jean-Yves Robin. Donc si on arrive déjà à avoir six médailles dans les épreuves par équipe, on aura fait une grosse partie du chemin."
 
Le groupe compte sur ses leaders, comme le champion olympique en titre et champion du monde Romain Cannone et Yannick Borel à l'épée, Sara Balzer, dominatrice cette saison au sabre, Marie-Florence Candassamy (épée), Enzo Lefort (fleuret) mais aussi sur les révélations récentes comme Auriane Mallo-Breton et Luidgi Midelton, tous deux à l'épée. "On a des perspectives de médailles dans toutes les armes, juge Jean-Yves Robin. Mais l'escrime est assez pernicieuse, elle peut révéler des gens qui n'étaient pas prévus et oublier, malheureusement, des favoris qui ne répondent pas présents."
 
Ce fut notamment le cas à Tokyo il y a trois ans quand Romain Cannone s'était révélé au monde entier en décrochant l'or alors que les épéistes comptaient davantage sur Yannick Borel. Comme souvent, il y aura sans doute une ou deux divines surprises, et une ou deux grosses déceptions. Mais entre les talents individuels et des collectifs rarement loin du compte, il est raisonnable d'être optimiste.
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Video credit: Eurosport

 
Le groupe du sabre dames est très, très solide
 
"C'est dans les armes de convention qu'on a le moins de risques d'avoir de mauvaises surprises, juge Maureen Nisima. Sara Balzer est notre chance de médaille d'or la plus évidente. On peut aussi citer Enzo Lefort, qui a la maturité nécessaire et l'expérience des grandes compétitions. À l'épée hommes, les trois peuvent être champions. Ils voudront montrer qu'ils sont légitimes. Mentalement, ils auront tous quelque chose à défendre. Chez les filles, je vois deux médailles possibles en individuel, mais je ne prendrai pas parti !"
 
Léonore Perrus compte, elle, sur une grosse moisson du groupe qu'elle connaît le mieux, celui qui a été le sien, le sabre féminin. "Ce qui est visé, assène notre consultante, c'est deux médailles d'or, une en individuel et l'autre par équipes. On peut même espérer trois médailles au total. Le groupe du sabre dames est très, très solide. Les filles ont toutes un tempérament différent mais elles se retrouvent collectivement. Elles me font penser à l'équipe russe de la grande époque, qui écrasait tout sur son passage."
 
Malgré les soubresauts et les polémiques, les Bleus veulent être au rendez-vous sous la verrière du Grand Palais. Et si toute cette pollution extérieure ne laisse pas trop de traces, on voit mal pourquoi ils n'y seraient pas.
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