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Suspension, clashes et démission : L’escrime française en pleine zone de turbulences
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Publié 12/02/2024 à 23:37 GMT+1
Contrôlée positive à l’ostarine, Ysaora Thibus a été suspendue provisoirement par la FIE, ce qui laisse planer un sérieux doute sur sa participation aux Jeux Olympiques de Paris (26 juillet - 11 août). L’absence de la fleurettiste de 32 ans serait un nouveau coup dur pour l’escrime française, qui navigue dans des eaux troubles depuis plusieurs mois.
Ysaora Thibus (France) lors du Challenge international de Paris 2024.
Crédit: Imago
Des sourires au milieu de la grisaille. Privée de Sara Balzer, numéro 1 mondiale toujours blessée, l’équipe de France féminine de sabre s’est malgré tout imposée lors de l’épreuve de Coupe du monde organisée à Lima, dimanche, en balayant notamment les Italiennes en finale (45-26). Cette médaille d’or décrochée par Manon Apithy-Brunet, Cécilia Berder, Sarah Noutcha et Caroline Queroli relève un week-end bien fade pour les bretteurs tricolores qui, hormis Enzo Lefort (3e à Turin), n’ont pas accédé aux podiums individuels. Elle tranche aussi avec le marasme dans lequel baigne actuellement l’escrime française.
Thibus, le temps presse
Pour briller lors des Jeux Olympiques de Paris, la France compte bien évidemment sur ses escrimeurs, qui lui ont rapporté 123 breloques depuis 1896 (aucune discipline ne fait mieux). Sur le papier, les lames bleues ont d’ailleurs tout pour faire des étincelles sur les pistes du Grand Palais - a fortiori, il faut le reconnaître, en l’absence des Russes - et participer activement à l’effort national. Bref, il y a tout pour être optimiste. À moins de six mois de l’événement, cependant, l’atmosphère est plombée par un mélange de doutes et d’inquiétudes.
Dans l’univers policé des salles d’armes et des rateliers, la nouvelle a fait grand bruit. Vendredi, la Fédération internationale d’escrime (FIE) suspendait à titre provisoire Ysaora Thibus, contrôlée positive à l’ostarine le 14 janvier, en marge du Challenge international de Paris. La fleurettiste guadeloupéenne a nié "avec la plus grande fermeté" s’être dopée et va tout mettre en œuvre pour que sa suspension soit levée avant les Jeux. Mais le temps presse et il faudra peut-être se résoudre à faire sans la championne du monde 2022, qui représente une grande chance de médaille et est sans doute l’escrimeuse la plus connue du grand public en France.
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Ysaora Thibus en juin dernier.
Crédit: Imago
Les sabreurs et les épéistes vont au clash
À vrai dire, cela fait un peu plus de six mois que la discipline traverse une zone de grosses turbulences dans l’Hexagone. Le remue-ménage a commencé après des Mondiaux 2023 plutôt mitigés en termes de résultats (six médailles, une seule en or). Entraîneur du fleuret féminin, Lionel Plumenail a décidé de se retirer pour raisons personnelles, cédant sa place à Yann Détienne. Ce changement soudain en a certes surpris plus d’un, mais il s’est déroulé en douceur.
Tout le contraire de l’entreprise de sécession menée par trois sabreurs (Maxime Pianfetti, Sébastien et Jean-Philippe Patrice), qui ont obtenu de haute lutte le droit de quitter l’INSEP pour travailler avec Vincent Anstett, leur ancien coach, démis de ses fonctions au sein de l’équipe de France en mai 2023. Attendue sur la plus haute marche du podium à Paris, l’épée masculine a également connu un épisode mouvementé. Comme relaté par L'Équipe, Romain Cannone (champion olympique en titre), Yannick Borel et Alexandre Bardenet, autrement dit les trois piliers du groupe, sont montés au front pour dénoncer le management de leur coach, Hugues Obry. Celui-ci serait aujourd'hui en arrêt maladie, pour une durée indéterminée.
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Yannick Borel (France) en pleine discussion avec Hugues Obry lors du Challenge Monal, le 16 avril 2022.
Crédit: Imago
Comme si cela ne suffisait pas, la fédération doit aussi composer avec un sérieux problème à son sommet. Son président, Bruno Gares, a démissionné le 29 septembre dernier, évoquant soucis personnels et épuisement professionnel. Selon 20Minutes, l’ancien armurier de l’équipe de France aurait été poussé vers la sortie à cause d’une mauvaise gestion et de malversations financières. On ne sait pas encore dans quel état d’esprit seront les escrimeurs français lors de la cérémonie d’ouverture des JO, le 26 juillet. Ce qui paraît sûr, en revanche, c’est que le contexte actuel n’est pas propice à la sérénité.
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