Super Bowl - Bad Bunny est resté festif avec un message d'unité malgré les insultes de Trump

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Le chanteur Bad Bunny a transformé dimanche le spectacle de la mi-temps du Super Bowl en célébration de son archipel natal de Porto Rico et de l'Amérique latine toute entière, sans évoquer Donald Trump, qui l'a pourtant mis en cause dans la foulée. Comme attendu, le président américain a fustigé la performance sur les réseaux sociaux.

Bad Bunny a assuré le traditionnel concert de la mi-temps du Super Bowl, dans la nuit de dimanche à lundi.

Crédit: Getty Images

L'événement était l'un des plus attendus de l'histoire du traditionnel show de la mi-temps du Super Bowl, à Santa Clara (Californie), dans la nuit de samedi à dimanche. La dimension politique potentiellement explosive s'ajoutait à l'attrait de la présence de Bad Bunny, considéré aujourd'hui l'artiste le plus populaire au monde, né à Porto Rico et farouchement opposé à Donald Trump. De quoi composer un cocktail explosif encore jamais vu.
Si l'artiste a bien amené sur la pelouse du Levi's Stadium ses chansons engagées et son univers culturel, Benito Antonio Martinez Ocasio, son vrai nom, a évité les critiques acerbes et les mises en accusation envers le président américain. Cela n'a pas pour autant apaisé Donald Trump, qui a qualifié le concert d'"affront à la grandeur de l'Amérique" sur son réseau Truth Social quelques minutes après la fin du show. "Personne ne comprend un mot de ce que dit ce type", a écrit le chef de l’État, Bad Bunny chantant et s'exprimant quasi-exclusivement en espagnol, parlé par plus de 41 millions de personnes aux États-Unis, selon des chiffres officiels.

De nombreux invités et les polémiques évitées

Dès l'annonce de son invitation à Santa Clara, fin septembre, plusieurs élus et personnalités de la droite américaine avaient condamné la sélection de Bad Bunny et du groupe de rock Greenday, critique du président Donald Trump, lequel avait parlé d'"horrible choix". Une semaine avant le Super Bowl, lors de la cérémonie des Grammy Awards, récompenses de la musique américaine, l'artiste avait appelé à mettre "ICE dehors" (ICE out), en référence à la police américaine de l'immigration au cœur d'immenses polémiques, qu'il n'a pas mentionnée dimanche. "Nous ne sommes pas des animaux (...) nous sommes humains et nous sommes américains", avait scandé l'artiste portoricain, vainqueur de trois trophées dont celui d'album de l'année. Mais il avait aussi appelé, lors de cette soirée de gala, à renoncer à la haine pour privilégier l'amour, une ligne à laquelle il s'est tenu dimanche.
Accompagné en permanence d'une troupe de danseurs, Bad Bunny s'est promené dans les allées d'un village portoricain recréé pour l'occasion, avec salon de beauté, vendeur de glaces (piraguas) ou joueurs de dominos, en interprétant plusieurs de ses standards. Titi Me Pregunto, Nuevayol ou Monaco ont ainsi résonné dans l'enceinte, tandis que se déhanchaient une impressionnante brochette d'invités de marque du monde hispanique au sens large, de l'acteur Pedro Pascal à la chanteuse Karol G, en passant par Cardi B. La plus grande surprise sera venue de l'apparition de Lady Gaga, qui a livré une convaincante version salsa de son titre à succès Die With A Smile, Bad Bunny s'étant substitué à Bruno Mars pour l'occasion.

Un concert parallèle organisé par la droite radicale américaine

Vêtu d'un costume croisé blanc crème et de baskets assorties, Bad Bunny ne s'est jamais départi de son habituelle décontraction et a régalé le public de quelques facéties, notamment l'écroulement (préparé) du toit d'un cabanon sur lequel il se trouvait. Il a conclu le spectacle en détournant le God Bless America (Dieu bénisse l'Amérique) si cher à beaucoup d'Américains pour en faire un slogan à la gloire de tout le Continent, avec une procession de drapeaux latino-américains.
"Ce show n'est rien moins qu'une gifle à notre pays", a martelé Donald Trump dimanche. Une pétition demandant le remplacement de Bad Bunny par le chanteur country de 73 ans George Strait avait réuni plus de 130 000 signatures. L'organisation Turning Point, créée par le polémiste conservateur Charlie Kirk, assassiné en septembre, avait elle organisé un concert alternatif baptisé The All American Halftime Show avec trois artistes country et le rockeur trumpiste Kid Rock.
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