"Une enquête à charge". Alors que le parquet a requis dix mois de prison avec sursis et 75.000 euros d'amende contre Karim Benzema, accusé de complicité de tentative de chantage dans "l'affaire de la sextape", l'avocat du Madrilène, Me Antoine Vey, a demandé vendredi la relaxe de son client. Le dossier a été construit sur le "ressenti" de la victime présumée Mathieu Valbuena, a-t-il déclaré lors de sa plaidoirie, dénonçant les "hypothèses et les spéculations" avancées par l'accusation.
"L'élément intentionnel de l'infraction" reprochée à l'attaquant de 33 ans, à savoir la complicité de tentative de chantage, n'est pas caractérisé, a-t-il martelé à la barre. "On peut se demander ce qui intéresse vraiment les Français dans cette affaire ? Le sexe ? L'argent ? Le football ? Pas la chose judiciaire en tout cas", a-t-il plaidé. Revenant sur la conversation téléphonique entre le Madrilène et son ami d'enfance Karim Zenati, au cours de laquelle tous deux se moquent de Mathieu Valbuena après que Karim Benzema lui a parlé, l'avocat a reconnu que l'attaquant des Bleus n'était "pas dans la contrition la plus absolue". "On n'a jamais dit qu'il était bienveillant...mais ce n'est pas une infraction pénale", a-t-il développé.
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Jeudi lors de son réquisitoire, la procureure Ségolène Marés a estimé que les écoutes prouvent que Karim Benzema "s'inclut dans cette équipe et s'associe dans ce projet" de tentative de chantage autour d'une vidéo intime.

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Karim Benzema est absent depuis le début du procès. Une absence qui ne constitue pas "une stratégie judiciaire", a appuyé Me Vey vendredi, qui a mis en avant la "pression sportive" autour de son client, qui a disputé un match en Ukraine mardi soir et doit préparer le "Clasico" de dimanche contre le FC Barcelone. Lors des autres plaidoiries de la défense, Me Tewfik Bouzenoune, l'avocat de l'intermédiaire Younes Houass (contre qui le parquet a demandé 18 mois de prison avec sursis) a également regretté que ce soit "le ressenti de la victime qui conditionne les négociations".
Le délibéré devrait être rendu dans l'après-midi. Contre les quatre autres prévenus de cette affaire, le ministère public a requis des peines allant de 18 mois avec sursis à quatre ans de prison.
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