Comme un air de famille

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Dimanche (17h00), lors du choc Manchester City-Arsenal, Patrick Vieira croisera la route de son lointain successeur : Abou Diaby. A 24 ans, le milieu de terrain marche sur les traces de son aîné.

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Crédit: Eurosport

Des grands compas, une propension à se projeter vers l'avant et une puissance athlétique hors norme. Le parallèle entre Abou Diaby et Patrick Vieira ne date pas d'hier. Une décennie sépare le milieu d'Arsenal et celui de Manchester City. Mais entre eux, il y a comme une filiation. Comme une évidence. "Il existe des similitudes, reconnaissait Arsène Wenger il y a un an et demi. Ils ont la même carrure, la même taille et le même style." Mais leurs trajectoires épousent aujourd'hui des courbes diamétralement opposées. A 24 ans, Diaby est devenu un pilier chez les Gunners, où il entame sa sixième saison. A 34 ans, Vieira est au crépuscule d'une carrière au cours de laquelle il a tout gagné, ou presque. Le constat résiste aux saisons qui passent : le natif de Dakar n'a plus ses jambes d'antan. Celles qui l'avaient propulsé de Cannes à Milan, d'Arsenal à City en passant par la Juve et l'Inter. Celles qui l'avaient érigé en "modèle" pour Diaby lorsqu'il faisait ses gammes à l'INF Clairefontaine.
A City, Vieira vit dans l'ombre des De Jong, Barry et autres Yaya Touré. Son temps de jeu s'y est réduit à peau de chagrin : seulement 76 petites minutes sur les pelouses de Premier League cette saison. "Quand tu regardes le banc de Chelsea, ils ont eux aussi de grands joueurs, relativisait récemment l'ancien Gunner dans les colonnes du Manchester Evening News. Si tu veux être au top du début à la fin d'une saison, tu dois pouvoir compter sur un effectif pléthorique. Onze joueurs débutent la saison, mais avec tout le nombre de matches et de compétitions qu'il y a, tous les joueurs doivent rester concentrés et être prêts à jouer."
Un profil "atypique"
A Arsenal, la concurrence de Diaby se nomme Song, Denilson, Wilshere voire Nasri et Fabregas. L'ancien Auxerrois ne l'a pas écartée. Il l'a apprivoisée, au gré d'une polyvalence souvent louée par Wenger. Tantôt relayeur, tantôt milieu excentré, tantôt meneur de jeu axial, Diaby n'est pas récupérateur dans l'âme. "Il est très technique et sait faire valoir ses qualités de dribbles dans de petits périmètres, décrypte Samir Nasri, son coéquipier à Arsenal et en équipe de France. Quand il est lancé, c'est quelqu'un qui peut perforer toute une défense."
Chez les Bleus, Diaby "a tout pour devenir un joueur majeur de l'équipe de France". Laurent Blanc ne tarit pas d'éloges à propos d'un "joueur assez atypique, très grand mais doté d'une habileté technique importante, qui se transfère bien devant et qui  va dans la box, comme disent les Anglais". Aux yeux du sélectionneur national, "il est indiscutable chez les Gunners et il le serait depuis longtemps en équipe de France s'il n'avait pas été aussi souvent blessé". Trop souvent freiné par des pépins physiques, l'international aux onze sélections s'est aussi forgé la réputation d'un joueur de cristal, brisé au moindre contact. Durant l'été 2009, il a donc suivi un programme de renforcement musculaire. L'an passé, il a "enfin réalisé une saison complète", rythmée par six buts en vingt-neuf matches de Premier League. Dans le même temps, son "modèle" passait le plus clair de son temps sur le banc des Citizens. Déjà. Au royaume de la démesure financière, les 107 capes internationales de Vieira n'ont pas effacé le poids des ans. 
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