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Dommage, 2018 ne fut qu'une parenthèse

Dommage, 2018 ne fut qu'une parenthèse

Le 03/12/2019 à 00:33Mis à jour Le 03/12/2019 à 11:34

BALLON D'OR 2019 - Virgil van Dijk est le joueur de l'année. Mais Virgil van Dijk n'a pas été élu Ballon d'Or 2019. Les votants ont préféré au défenseur de Liverpool un certain Lionel Messi, sacré pour la sixième fois. Le meilleur joueur du monde a damé le pion au meilleur footballeur de l'année écoulée. 2018 n'aura été qu'une parenthèse. Dommage pour l'idée collective du jeu.

Autant y aller tout de go : si l'on m'avait demandé mon avis, j'aurais voté pour Virgil van Dijk et fait du défenseur néerlandais de Liverpool le Ballon d'Or 2019. Pour une raison simple et qui devrait prévaloir : il est le joueur de l'année du club de l'année. Et, à mes yeux, cela devrait suffire à le distinguer. Manque de pot, le Ballon d'Or, comme on pouvait s'y attendre, lui a filé entre les doigts pour tomber une nouvelle fois dans les bras de Lionel Messi. Pour sept minuscules points, le Barcelonais a récolté les lauriers pour la sixième fois de sa carrière. C'est un record et c'est immense.

Loin de moi l'idée de dire que l'Argentin ne le mérite pas. Individuellement, il est compliqué d'avancer le contraire. On pourrait s'étendre sur les semaines qui passent et les exploits répétés du numéro 10 du Barça. Exploits qui n'en sont plus, d'ailleurs, tant l'Argentin en a fait son ordinaire. Avec Messi, la norme est d'exception. Ça fait un certain temps que ça dure. Et ce n'est pas fini.

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Mais être "le meilleur joueur de sa génération", dixit Jurgen Klopp, ne fait pas automatiquement de vous "le meilleur joueur de l'année". Pas plus hier qu'aujourd'hui. Il est simplement dommage que ces deux qualités soient aujourd'hui fondues dans le même moule.

Les défauts du Ballon d'Or

Depuis sa création en 1956, le Ballon d'Or a frustré plus d'un prétendant. Et les injustices n'ont pas attendu le XXIe siècle pour être légion. Demandez donc à Hristo Stoichkov si, avant d'être récompensé deux ans plus tard, il n'aurait pas aimé recevoir le Ballon d'Or 1992. Et Zinédine Zidane ne méritait-il pas d'être sacré en 2000 après son récital de l'été ? Et quid de l'invincible armada espagnole du tournant des années 2010 ? De Xavi à Iniesta, ces messieurs avaient de belles têtes de joueur de l'année. Ils n'auraient pas volé la récompense. Ils ne l'ont jamais récoltée.

Comme Virgil Van Dijk en 2019. Immense tout au long de l'année. Le Néerlandais fut le fer de lance d'une équipe de Liverpool qui a reconquis l'Europe et n'a perdu qu'une seule fois en Premier League, le championnat le plus relevé du continent. Le défenseur a également grandement participé au redressement de l'équipe des Pays-Bas, qui verra l'Euro 2020 après avoir manqué l'édition 2016 et le Mondial 2018. Van Dijk est le meilleur défenseur du monde, assurément. Mais son défaut, rédhibitoire avec le Ballon d'Or, reste d'être défenseur, justement.

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Son autre "défaut" est de ne pas suffisamment dépasser du collectif, malgré ses 193 centimètres. A une époque où l'individu a pris toute la place et entrainé les votants du Ballon d'Or dans son sillon, c'est rédhibitoire. Et surtout regrettable.

L'an dernier, l'élection de Luka Modric et les rêves de sacre d'Antoine Griezmann avaient laissé imaginer que le Ballon d'Or avait revêtu ses habits d'antan, d'avant 2010 pour être précis, et redonné aux accomplissements collectifs l'importance qu'ils méritent. Ce ne fut qu'une parenthèse. Preuve en est, avec le sixième couronnement de Lionel Messi et la troisième place de Cristiano Ronaldo, qui semble relever autant du réflexe pavlovien que de ses accomplissements de l'année. Virgil van Dijk (2e du Ballon d'Or), Sadio Mané (4e), Mohamed Salah (5e) et Alisson Becker (7e) n'ont trusté que des places d'honneur. Un remarquable travail d'équipe, là encore. Et un beau gâteau qui aurait mérité une belle cerise.

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