Eurosport
Ibisevic, la renaissance
Par
Publié 13/04/2012 à 02:17 GMT+2
En perdition à Hoffenheim, Vedad Ibisevic est à nouveau serial buteur en chef, à la pointe d’une formation de Stuttgart moribonde en janvier, et désormais bien placée pour retrouver l’Europe. Un succès sur le Werder Brême en ouverture de la 31e journée (20h30) les rapprocherait de la 4e place.
Eurosport
Crédit: Eurosport
Les joueurs aux trajectoires atypiques sont comme les chats : ils ont plusieurs vies. S’il y a fort à parier que Vedad Ibisevic n’est pas un chat, il s’est forgé un mental d’acier à travers son périple qui l’a mené jusqu’à Stuttgart en janvier dernier. Né en Bosnie, mais expatrié très jeune, sa vie, plus que sa carrière, s’apparente à celle d’un vrai globe-trotter, plus que d’un mercenaire. ‘’En 2000, j’ai suivi mes parents jusqu’en Suisse, à Bâle précisément. A cette époque, j’étais sélectionné en équipe nationale moins de 15 ans. Nous sommes restés dix mois avant de partir pour les Etats-Unis, car nous n’avons pas pu obtenir de papiers’’.
L’Amérique sera son terrain d’éclosion. D’abord universitaire à Saint Louis, le Bosnien est transféré en MLS, au Chicago Fire, avec lequel il joue 24 matches et marque... 21 buts. Il a 18 ans. Vahid Halilhodzic, alors entraîneur du Paris-SG, amorce la carrière européenne de son jeune compatriote. Repéré lors d’un match espoirs entre Serbie et Slovénie, Ibisevic fait un essai concluant de 3 semaines au PSG. Mais engagé pour trois ans, il n’en fera que la moitié. Prêté puis vendu à Dijon, il semble condamné à allonger la liste des joueurs au talent perdu sur les pelouses du Camp des Loges. Erreur. L’Allemagne sera sa nouvelle terre d’accueil. Une année d’adaptation chez le promu Aix-la-Chapelle, avant de taper dans l’œil de l’ambitieux Hoffenheim.
Stuttgart aussi veut renaitre
Décollage définitif croit-on : une saison en deuxième division, où il contribue à la montée du club, puis une première partie de saison faste, où le Bosnien se révèle enfin. 18 buts en 17 matches, et un duo d’attaque formé avec Demba Ba, qui conduit son club au titre de champion d’automne. ‘’Moi qui marquais rarement, j’ai inscrit un but, puis un deuxième. Ce fut une sorte de délivrance. Les suivants sont presque venus naturellement…’’, racontait-il au moment ou il pensait sa carrière enfin décoller. Jusqu’ici plombé par la confiance ou l’inefficacité, c’est cette fois son genou qui va le ramener sur terre, avec une blessure qui l’envoie à l’infirmerie pour 6 mois. Avant de se relever, encore.
Après trois ans et demi du côté à Hoffenheim, ponctué d’une brillante campagne de qualifications pour l’Euro-2012 avec la Bosnie, Ibisevic signe à Stuttgart pour 4,5 M€, prenant la place laissée vacante par le Russe Pogrebnyak, exilé à Fulham. Avec réussite. En 12 matches depuis son arrivée, l’artificier en a déjà claqué 8. Autant que durant toute la saison 2011. Ce retour en grâce a reconduit Stuttgart vers les sommets, 11e avant l’arrivée du Bosnien, et désormais 5e avant de recevoir le Werder Brême (8e), vendredi (20h30). Fort d’une série de 8 matches sans défaite, le VfB sera en position de force face aux hommes de Thomas Schaaf, qui jouent quasiment leur ultime chance d’accrocher la C3 l’an prochain. Un succès, et les champions d’Allemagne 2007 pourront aborder avec sérénité les 3 dernières journées. L’Europe, utopique il y a quelques semaines, n’est finalement plus si loin de faire son retour à la Mercedes-Benz Arena.
Retrouvez l’ensemble des articles sur Foot123
Sur le même sujet
Publicité
Publicité