Quinze longues années que les supporters du Greuther Fürth attendaient cela ! Enfin la barrière qui sépare la première de la seconde division allemande s’est ouverte. Il faut dire que le club tournait autour de la montée depuis quelques temps déjà. Quatrième en 2010-2011, il finit cinq fois à la cinquième place lors de la dernière décennie.
Robben : "Cela fait du bien de jouer dans un stade comme celui-ci"
J’ai longtemps cru que le Trolli Arena avait un quelconque rapport avec la société Playmobil (ancien sponsor) dont le propriétaire Horst Brandstätter est né à Zindorf, tout prêt de Fürth. Comme si le monde de l’enfance, du tout petit, caractérisait cette équipe des « Kleeblättern ». D’ailleurs, le stade est construit à l’ancienne et basé sur un slogan très intéressant « entendre ce que les autres voient ». Sa capacité maximale n’est que de 18000 places dont la moitié environ sont encore debout. C’est donc un véritable dépaysement, un peu champêtre, au goût d’un amateurisme qui fait plaisir, que les grosses cylindrées vont se déplacer dans cette partie de la Bavière.
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Neuer et le gant à quatre doigts
18/02/2013 À 13:26
Cela n’empêche pas les projets. L’exploitation du Trolli Arena prendra fin en 2014-2015 et un nouveau stade, d’une capacité de 20000 places, verra le jour. L’enceinte deviendra alors un centre d’entraînement.
Apprentissage, formation…
Bienvenue en Bundesliga ! Quoi de mieux que de se jauger à l’aune de la référence allemande, le FC Bayern. Car pour son premier match historique en championnat de première division, Greuther Fürth recevait l’ogre affamé munichois pour un derby des plus déséquilibrés. Trop grand respect de l’adversaire et différence de classe ont engendré un 0-3 logique. Les "Kleeblättern" se sont fait piétinés sur leur propre pelouse.
La rencontre contre Schalke 04 fut un peu du même acabit (0-2). Enfin pas tout à fait, Fürth a joué, le trop grand respect, évoqué précédemment, s’est évaporé. Reste l’écart de niveau. Entre temps, les protégés de Mike Büskens ont remporté (ou plutôt les Mainzer ont perdu vu la configuration du match) leur première victoire en Bundesliga. L’histoire retiendra que c’est un jeune joueur du cru, Felix Klaus, qui marque le premier but du Verein dans l’élite allemande. Une façon aussi de promouvoir le discours local : s’inspirer de la politique de son adversaire du jour ou de la formation du SC Freiburg.
Qu’elle était "Grün" ma vallée
Suivre l’équipe des "Kleeblättern", l’année dernière, fut un régal tant le jeu produit par Greuther Fürth était vivifiant. Un 4-4-2 des plus classiques permit un festival offensif, doublé d’un jeu au sol et des passes courtes. Le tout sur un tempo très rapide. Une fois de plus un coach montre, qu’en l’absence de moyens et de starlettes, il y a d’autres manières dans le football, de régaler les amoureux du ballon rond.
L’intersaison fut un peu agitée : l’excellent Schröck, le meilleur joueur de la saison dernière en 2Liga, s’envole vers Hoffenheim tandis que le buteur trentenaire Occéan (17 buts et 9 passes décisives) se sauve, un peu comme un voleur selon ses coéquipiers, pour décrocher un meilleur contrat à l’Eintracht Frankfurt.
Mais l’ossature du groupe est restée la même. "Nous ne voulons pas changer de direction", clame le coach Büskens. Il faut dire que le gardien Max Grün (vert, verdure en allemand) est excellent et que des jeunes comme Sararer ou Prib, ont un vrai potentiel. Seul souci, Schröck et Occéan étaient des vraies plus-values. A charge aux anciens, Kleine ou Asamoah par exemple, d’amener leurs expériences afin d’assurer le maintien.
Kissinger en visite
Le weekend dernier, c’était la journée de l’intégration en Bundesliga et sur tous les maillots des joueurs, on pouvait lire le slogan "Geh dein Weg"(suis ta propre voie) à la place des marques habituelles des sponsors.
Mais l’attraction de le rencontre contre Schalke 04 était dans les tribunes avec la présence de Henry Kissinger, l’ancien ministre américain des Affaires étrangères et prix Nobel de la paix et, j’ose l’écrire, l’une des personnes les plus influentes de la seconde moitié du vingtième siècle. Né en 1923 à Fürth, il avait du fuir aux Etats-Unis en 1938 avec sa famille, les persécutions nazies. Véritable amoureux des "Kleeblättern", il révèle dans le très sérieux journal "Die Welt" : "Je suis toujours resté un vrai fan. C’est une part importante de mon existence". On n’oubliera pas de mentionner qu’il "se connecte à 11 heures précises, heure américaine, tous les samedis matins, pour suivre son équipe".
Mon esprit, évidemment mal placé, ne peut s’empêcher de penser que Henry Kissinger a choisi son déplacement, à dessein. Rappelons-le, Schalke 04 fut le club allemand utilisé sportivement par Goebbels pour la propagande nazie.
"Cet élan, ce style de jeu, ce tempo nous ont amené en Bundesliga", affirme Büskens. Alors pourquoi changer ? Greuther Fürth est au moins rafraîchissant. C'est déjà çà.
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