Six victoires et un match nul ! Tel fut le bilan des clubs allemands lors de la troisième journée des compétitions européennes. Un score presque parfait mais terni par le 0-0 au Mercedes-Benz Arena des Schwaben de Stuttgart contre l'équipe danoise du FC Copenhague, et par deux fautes flagrantes dans la surface de réparation oubliées par l'arbitre de. Un résultat qui fragilise un peu plus un VfB surpris en ouverture de compétition par un entreprenant Steaua Bucarest (2-2), puis défait à Molde (0-2).
Il faut sauver le soldat Labbadia !
Le VfB continue donc d'alimenter les chroniques, parfois martiennes, souvent lunaires, de la presse germanique si prompte à vilipender le club du Baden Württemberg pour son inconstance notoire. Fredi Bobic, ancien grand joueur du club et aujourd'hui directeur sportif, n'a pu résoudre, malgré ses vœux pieux, le "zick-zack Kurs", cette courbe sinusoïdale digne des plus beaux manèges de montagnes russes à la fête à Neu-Neu, qui empoisonne depuis des années l'existence de Stuttgart.
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Alors, alors ? Alors l'entraîneur Labbadia, devant les pernicieuses questions de journalistes plus avides les uns que les autres, perd son sang-froid après la défaite. Il réplique dans une conférence de presse qui restera culte. Au même titre que celle de l'illustre Trapattoni en colère en 1998, alors coach du Bayern Munich. A juste titre selon moi, il vocifère sur la mémoire courte des médias, lesquels oublient le travail qu'il a fourni l'année dernière pour redresser le club. Celui-ci est passé d'un statut de candidat à la relégation à une qualification européenne en six mois. Il éructe, avec justesse, sur le fait qu'un entraîneur n'est pas une serpillière sur laquelle tout le monde peut s'essuyer les pieds. Il appelle aussi au soutien de ses employeurs et à une véritable ligne directrice. Seul bémol, lorsque l'on compare les deux interventions médiatiques aujourd'hui mythiques, l'utilisation, par Bruno Labbadia, de termes pouvant faner les oreilles des plus fragiles d'entre nous.
Certes le VfB n'apparaissait qu'en avant-dernière position de la Bundesliga après la cinquième journée, perdant qui plus est contre Hoffenheim (0-3) à domicile. Cela vaut-il un déchaînement médiatique, plutôt qu'une réflexion poussée sur la stratégie du VfB ? D'autant plus que la courbe est repartie vers le haut. Aujourd'hui Stuttgart s'est repositionné dans la course à la lutte pour les places européennes. On ne compte qu'une seule défaite depuis le 26 septembre, même si cet unique accroc fait mal puisqu'il est contre le Molde FK en Europa League et hypothèque les chances de qualification.
A la recherche de l'équilibre… financier ou sportif ?
Il n'en demeure pas moins que la sortie médiatique du coach a divisé le pays. Et si un chroniqueur comme Oliver Kahn, par exemple, s'interroge sur "la fin de carrière d'un Bruno Labbadia" et "que cela n'a pas dû faire plaisir à tout le monde", Bobic dédramatise et affirme "que cela fait parfois du bien qu'un collaborateur vide son sac". Il n'empêche que dans son allocution, Bruno Labbadia a bel et bien attaqué la politique sportive du VfB, affirmant notamment que "s'il n'avait pas mis son veto au départ du jeune autrichien Holzhauser", la révélation au milieu de terrain depuis quelques matches, ce dernier "serait déjà parti depuis longtemps". Sans parler de la fuite des talents depuis quelques années. Le Board a répliqué que la masse salariale du Verein allemand était "encore une des plus élevées de l'élite germanique". Traduction financière : l'effectif du VfB Stuttgart est compétitif.
Bien sûr, le noyau (petit clin d'œil à la Belgique) est de bonne facture mais n'est pas un rempart contre une désillusion sportive dès que deux ou trois éléments manquent à l'appel ou sont moins performants. Kuzmanovic, en fin de contrat en juin 2013, est de plus en plus annoncé à la porte d'embarquement et ne joue plus de rôle important dans le groupe. Qui plus est, Labbadia doit modifier son traditionnel 4-2-3-1 en 4-3-3 devant les prestations médiocres de son meneur de jeu, le Hongrois Hajnal, tandis que son concurrent, l'espoir allemand Didavi, continue d'être soigné à l'infirmerie.
Mais au delà des cas individuels et des polémiques en cours, se repose sans cesse la question de la politique générale de ce club au chiffre d'affaires ronflant de 120 millions d'euros sans coupe d'Europe, mais dont la ligne directrice repose sur un fabuleux centre de formation. D'où le surnom du VfB, die "Jungen Wilden" (les "jeunes sauvages"). N'est ce pas parfois paradoxal ?
Si les dernières rumeurs font état d'une possible prolongation de contrat de l'entraîneur, après celles survenues sur un licenciement immédiat, Bruno Labbadia a tenu à clarifier son discours : "Nous sommes maintenant arrivés à un point où je dois vraiment me poser les bonnes questions, car j'ai vu combien le chemin vers le succès est étroit". Il passe, à court terme, par une performance obligatoire au Danemark, ce jeudi, en Europa League. C'est bien là l'unique certitude du moment.
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