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La reprise fixée au 15 mai
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Publié 06/05/2020 à 22:07 GMT+2
BUNDESLIGA - La Ligue allemande (DFL) a annoncé mercredi dans un courrier adressé aux clubs que la date de la reprise était fixée au 15 mai. Le championnat allemand avait été suspendu en raison de la pandémie du coronavirus Covid-19. Le gouvernement avait donné auparavant son feu vert pour cette reprise.
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Cette fois, c'est reparti. Oui, la Bundesliga va être le premier grand championnat européen à retrouver les terrains. Après le feu vert donné mercredi après-midi par le pouvoir politique, la DFL (Ligue de football allemand) a envoyé un courrier circulaire aux 36 clubs de première et deuxième divisions. "Après évaluation de tous les arguments, le présidium de la DFL a décidé aujourd'hui (mercredi) de reprendre la compétition en Bundesliga 1 et 2 à partir du 15 mai", indique ce courrier, dévoilé d'abord par les journaux Bild et Kicker.
D'ici moins de dix jours, et après plus de deux mois après l'interruption des compétitions en raison de la pandémie de coronavirus, le football allemand va donc reprendre. Une décision validée par Karl-Heinz Rummenigge. "Nous sommes heureux, c'est un signal important et formidable pour la Bundesliga, s'est réjouit le patron du Bayern Munich sur Sky. Il est important que la saison se décide sur le terrain, et non sur tapis vert" comme en France par exemple, a-t-il insisté. Au classement, le Bayern possède 4 points d'avance sur Dortmund, à neuf journées de la fin, et peut viser un 8e titre consécutif.
Un derby pour commencer
Son homologue de Dortmund Hans-Joachim Watzke a pour sa part reconnu qu'un arrêt du championnat "n'aurait pas été supportable économiquement pour les clubs". Même si, "jouer devant des tribunes vides sera un défi énorme, surtout pour une équipe comme le Borussia Dortmund qui tire beaucoup d'énergie de la passion de ses supporters". En effet, la suite de la saison s'effectuera à huis clos en raison du Covid-19.
Dortmund devra reprendre à domicile par le derby de la Ruhr contre Schalke, une rencontre qui déchaîne d'ordinaire les passions et la folie des 82.000 supporters du Signal Iduna Park. "Jouer sans spectateurs n'est pour personne une solution idéale", a admis le président de la DFL Christian Seifert, "mais dans cette crise qui menace la survie même de certains clubs, c'est la seule solution".
300 millions de droits TV
D'autres pays ont déjà fixé leur date de reprise, dont le petit championnat des îles Féroé (9 mai), la Serbie (30 mai), la Croatie (6 juin) ou encore la Turquie (12 juin). En jouant les neuf dernières journées, la Bundesliga (D1 et D2) va récupérer 300 millions d'euros de droits TV. De quoi donner un peu d'air à un secteur sinistré, qui emploie en Allemagne 56.000 personnes.
Pour obtenir le feu vert du gouvernement, la Ligue a présenté un protocole médical très complet, fondé sur la multiplication des tests de détection du coronavirus et sur d'innombrables mesures de protection. Les équipes devront notamment s'isoler une semaine avant le premier match.
Une décision qui fait parler
Le danger, s'il paraît statistiquement faible, n'est toutefois pas écarté. Le Dr Wilhelm Bloch, de l'Ecole supérieur du sport de Cologne, a mis en garde mercredi contre les conséquences graves que peut avoir une infection pulmonaire chez les sportifs professionnels : "Un sportif doit prendre en compte le fait qu'une infection peut signifier la fin de sa carrière", prévient-il.
Le gardien et capitaine du Bayern Manuel Neuer est conscient que ce retour au jeu est "une énorme responsabilité" pour les joueurs. "Les gens vont nous regarder depuis d'autres pays européens, en fait de partout dans le monde", a déclaré le champion du monde 2014 avec l'Allemagne au quotidien de Francfort FAZ. Lundi, la Ligue allemande de football a annoncé que dix personnes sur 1.724 testées dans les clubs de première et deuxième divisions étaient positives. Le pari de reprendre le foot ne sera gagné que si ce chiffre reste très bas, et qu'aucun club n'est contraint de déclarer forfait à cause d'un trop grand nombre d'infections.
Ce retour du football est loin de faire l'unanimité dans le pays. "L'Etat brade la santé de la population et des gens malades au football, c'est pervers", s'est emporté le champion du monde 2017 du javelot Johannes Vetter, dans une interview à un journal régional. L'ancienne championne du monde du poids Christina Schwanitz estime que le football bénéficie de passe-droits inacceptables : "Je ne trouve pas ça bien que le football ait cette position particulière et s'assoie sur tout le reste, juste parce qu'il génère beaucoup d'argent".
Dans le monde politique, la critique est venue du parti écologiste Les Verts : "On peut comprendre la volonté de revenir à la normalité", peut-on lire dans un communiqué. "Mais il n'est en revanche pas compréhensible que le football obtienne ces privilèges. Alors que des groupes très exposés comme par exemple les soignants en maison de retraite ne sont pas encore suffisamment testés pour le Covid-19, on va justement le faire sur les footballeurs."
(Avec AFP)
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