Depuis quelques semaines, la presse allemande n'a d'yeux que pour Florian Wirtz lorsqu'il s'agit d'évoquer le début de saison canon du Bayer Leverkusen. Mais, plus que le nouveau prodige "made in Bayer", l'équipe entraînée par Peter Bosz rayonne surtout par son collectif. Et Moussa Diaby incarne mieux que quiconque le style, les progrès et le séduisant parcours du club de la Ruhr jusqu'à présent.
Débarqué à l'intersaison 2019 pour quinze millions d'euros, l'ancien Parisien a pris son envol au Bayer Leverkusen, actuel troisième du championnat. Titulaire indiscutable du onze du B04, Diaby régale les observateurs. Mieux, à seulement 21 ans, il s'est imposé comme l'un des fers de lance de l'équipe de Peter Bosz.

Moussa Diaby lors du match entre le Bayer Leverkusen et Augsburg en février 2020

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Petit à petit, le titi a fait son nid

Arrivé sur la pointe des pieds en Allemagne, Moussa Diaby commence à se faire un nom. Signature surprise du Bayer Leverkusen il y a bientôt deux ans, le jeune Parisien a changé de monde en traversant le Rhin. Et a pris le temps de prendre la mesure de son nouveau défi. "Je pense que 2019 était compliqué pour lui. C'était un nouveau pays, une nouvelle ville, une nouvelle culture", nous explique Henning Kuhl, journaliste pour Eurosport Allemagne. "De plus, le club avait beaucoup de bons joueurs à son poste comme Leon Bailey et Karim Bellarabi. Ça a pris du temps avant qu'il n'éclose."
Un temps d'adaptation nécessaire, mais qui n'a pas empêché le gamin du 19e arrondissement de vite trouver ses marques du côté de la Bay-Arena. Après avoir démarré sur le banc, l'ailier a été lancé comme titulaire après douze journées de Bundesliga. Depuis, il a rarement quitté le onze. Avec 8 buts et 8 passes décisives en 39 matches toutes compétitions confondues la saison passée, Moussa Diaby a marqué les esprits.
Le début de saison 2020-2021 n'a fait que conforter cette dynamique. Les départs de Kevin Volland et Kai Havertz ont contribué au changement de statut de l'ancien joueur du PSG. "Cet été a aussi été un tournant pour lui. Les départs de Havertz et Volland l'ont libéré" en quelque sorte et il a accepté à bras ouverts ces nouvelles responsabilités", poursuit notre confrère. Et le show a continué.

La zizanie Diaby

Dans un championnat où l'intensité et la contre-attaque trônent en reines, Moussa Diaby a endossé le costume de premier détonateur cette saison. Une responsabilité qu'il partage avec Leon Bailey, son pendant sur l'aile droite, et le jeune Florian Wirtz, la dernière merveille de l'académie.

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Et s'il performe autant depuis plusieurs mois maintenant, c'est surtout par ses qualités de percussion et son explosivité balle au pied. Capable de créer le déséquilibre avec ses courses, sa conduite et ses dribbles, Moussa Diaby joue sur les qualités qu'on lui connaît depuis ses débuts.
Pour Henning Kuhl, tout est réuni pour que l'ailier cartonne. "Le système mis en place par Peter Bosz lui va à merveille. Le Néerlandais adore les ailiers rapides et percutants, mais qui peuvent aussi décrocher dans l'entrejeu. C'est un joueur très dangereux avec et sans le ballon, capable de jouer à tous les postes de l'attaque, très bon dans les un-contre-un et qui peut marquer et distribuer. Ça fait beaucoup !" Des qualités que parvient à valoriser Peter Bosz dans son traditionnel 4-3-3, pouvant se muer en 4-1-4-1.

Peter Bosz, le mentor idéal pour rouler sa bosse

S'il y en a bien un qui a cru au potentiel de Moussa Diaby, c'est bien le Nerlandais. Fort de son expérience à l'Ajax pour lancer les jeunes, Bosz avait fait du Parisien l'une de ses priorités. "Il y a même eu quelques bruits de couloir comme quoi Bosz le voulait lorsqu'il était à Dortmund ! (ndlr, le Batave a entraîné le BvB en 2017, Diaby n'avait que 18 ans à l'époque)" L'international espoir français (11 sélections) a d'ailleurs constaté de nombreuses similitudes avec celui qui l'a lancé chez les pros, Thomas Tuchel. Couvé par ce dernier pendant un an à Paris, l'ailier a retrouvé le même discours et la même philosophie chez le technicien néerandais. "Le coach a voulu me préserver. Il m'a lancé au bon moment", déclarait Diaby à L'Équipe, il y a quelques mois.
"Il y a même eu quelques bruits de couloir comme quoi Bosz le voulait lorsqu'il était à Dortmund !
La patience du jeune Tricolore a très vite payé. Auteur de performances remarquées et régulières, il a vite rendu la pareille à son entraîneur. Au sortir de la victoire face au Borussia Dortmund (2-1) il y a quelques jours, Bosz n'avait d'ailleurs pas tari d'éloges sur son poulain, comme souvent. "Moussa Diaby a marqué les esprits avec ses dribbles et ses courses dans le dos de la défense. Il a fait un excellent travail, encore une fois."

Moussa Diaby avec Peter Bosz, en novembre 2019

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Mais le titi a encore beaucoup de progrès à faire. Des axes d'amélioration que Bosz ne manque pas de souligner, même après sa prestation remarquée face aux Marsupiaux. "Bien sûr, nous connaissons tous sa vitesse et ses capacités de dribbleur. Mais vous devez être honnête : il lui reste à améliorer sa dernière passe." Un sentiment partagé par notre collègue qui suit le Bayer au quotidien. "Je pense qu'il peut être encore plus décisif. Il a tout pour devenir une immense menace. Mais il ne faut pas oublier qu'il est encore très jeune. Je pense qu'à terme, il deviendra le genre de joueur capable de faire un ‘double-double’ avec dix buts et dix passes décisives chaque saison." Autant d'éléments qui devraient lui permettre d'étoffer davantage sa panoplie pour s'installer à la table des grands joueurs du pays. Le Parisien en a l'étoffe.

L'avenir de Leverkusen, c'est lui

En un an, Moussa Diaby s'est mis tout Leverkusen dans la poche. Très apprécié des supporters, le Français a même été élu joueur de la saison par les supporters du club, au nez et à la barbe de l'ancien enfant prodige Kai Havertz et du capitaine Charles Aránguiz. Pas une surprise pour Henning Kuhl. "A Leverkusen, si vous donnez tout, que vous jouez bien, les fans vous adorent, même si les résultats ne sont pas bons. Beaucoup de supporters, notamment des jeunes, portent le maillot de Diaby. Ils adorent son explosivité et ses qualités avec le ballon". Les fans du Bayer ont d'ailleurs lancé le hashtag #DiabyArmy pour soutenir le joueur, qui n'hésite d'ailleurs pas à interagir avec ces derniers.
Et la romance entre Diaby et le Bayer Leverkusen pourrait bien s’inscrire dans la durée. Conscient du potentiel de son joueur, le club allemand a très vite pris les devants pour étendre le bail de son poulain. Déjà lié jusqu'en 2024, Moussa Diaby a rempilé pour une saison supplémentaire avec une belle revalorisation salariale et une clause libératoire revue à la hausse. "Je pense que le club veut travailler avec lui pour longtemps et sa prolongation est un signe. Les dirigeants adorent la triplette Diaby-Wirtz-Bailey et ils veulent les conserver de nombreuses années pour performer", esquisse le journaliste allemand.
Cette prolongation vise surtout à freiner les convoitises des cadors européens, Manchester en tête. Cet automne, Bild révélait que les Citizens, mais surtout les Red Devils étaient prêts à casser leur tirelire pour leur joueur. Avant que Rudi Völler, le directeur général du club allemand, ne sorte les barbelés pour l'ancien Parisien, dont la valeur marchande pourrait atteindre des sommets, proches de ceux établis pour Kai Havertz.

Leon Bailey (à droite) et Moussa Diaby

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Premier français à porter le maillot de "die Werkself", un club pourtant plus que centenaire, Diaby apparaît donc comme l'un des visages du futur pour le Bayer. Même s'il n'était pas forcément le titi le plus attendu, l'ailier s'affirme plus que jamais comme l'un des plus gros coups récemment réalisés par le Bayer sur le marché des transferts.
Samedi, face à Leipzig et sa pléiade de Tricolores, Moussa Diaby sera l'un des joueurs à suivre dans le choc entre le deuxième et le troisième du championnat. Une opportunité de plus pour confirmer sa progression aussi surprenante que supersonique.
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