Allemagne I Pétition, banderoles... Jérôme Boateng, l'insurrection bavaroise
Eurosport sur GoogleLa fronde a fini par payer. Initialement de retour au Bayern Munich dans le cadre d'un stage pour la préparation à un diplôme d'entraîneur, Jérôme Boateng, condamné pour coups et blessures sur son ex-compagne, a finalement fait marche arrière après le tollé suscité par cette possibilité. Indignés, les supporters du club bavarois s'étaient mobilisés en masse.
Jérôme Boateng
Crédit: Getty Images
Il y a d'abord eu une pétition, intitulée "Fixer des limites à la violence misogyne : Jérôme Boateng ne devrait pas être autorisé à revenir au Bayern Munich", signée par plus de 2000 personnes, dont des supporters du Bayern Munich. Puis des banderoles éloquentes lors du "Klassiker" face au Borussia Dortmund (2-1) : "Quiconque donne une plateforme au coupable est complice. Boateng, casse-toi !", "Pas de place pour les porcs dans notre club. Boateng n’a rien à faire ici" ou encore "Aucune tribune pour les agresseurs. Casse-toi, Boateng !".
Si la communauté bavaroise s'est autant mobilisée ces dernières semaines, c'est que l'hypothèse d'un possible retour de Jérôme Boateng, qui compte 363 matches avec le Bayern entre 2011 et 2021, la débectait. À l'origine, l'ancien défenseur allemand, qui a récemment raccroché les crampons, devait faire son come-back dans le cadre d’un stage pour la préparation à un diplôme d’entraîneur. Vincent Kompany, le technicien du Rekordmeister, avait même donné son feu vert "pour que Boateng passer quelques semaines avec nous et partager son expérience en tant que défenseur de haut niveau".
Les deux se sont connus à Manchester City lors de la saison 2010-2011, et le Belge n'a donc vu aucune entrave à lui ouvrir les portes de son quotidien au club. À l'inverse de ses supporters, qui n'ont pas oublié les déboires judiciaires de celui qui a remporté neuf fois la Bundesliga, cinq fois la Coupe d'Allemagne et deux fois la Ligue des champions.
Vous pourrez vous concentrer entièrement sur le terrain
Sur les dernières années de sa carrière, Boateng a fait plus parler de lui en dehors des terrains, avec un procès pour violences conjugales sur son ex-femme pour des faits remontant à l'été 2018. Condamné par le tribunal de grande instance de Munich à une amende de 1,2 million d'euros de dommages et intérêts pour coups et blessures, le 2 novembre 2022, soit moins que la somme réclamée un an plus tôt (1,8 million), il avait finalement vu sa peine se réduire encore. En effet, à l'issue de la procédure en révision, il avait finalement écopé d'un avertissement et d'une amende de 200.000 euros, à payer en cas de nouvelle condamnation. Mais en Bavière, personne n'a oublié cette affaire.
Outre une pétition et des banderoles hostiles, les supporters du Bayern n'ont pas hésité à assaillir les réseaux sociaux de commentaires afin de manifester leur colère concernant ce possible retour du joueur, même pour une période réduite. Toujours très attentive à l'image véhiculée par le club, connu dans le monde entier, la direction bavaroise a décidé de faire marche arrière. "Lors d'un échange constructif entre le FC Bayern et Jérôme Boateng cette semaine, il a été décidé que Jérôme Boateng ne ferait pas de stage d'observation au sein du club. Jérôme reste très attaché au FC Bayern et ne souhaite pas que le club subisse de préjudice en raison des discussions controversées actuelles à son sujet", annonçait-elle dans un communiqué diffusé le 17 octobre.
L'intéressé, lui, a préféré s'effacer sans faire de vagues. "Cher Bayern, cher Vincent, à la suite des récentes discussions sur ma personne, j'ai décidé de me concentrer sur la licence (d'entraîneur) et d'autres sujets qui me tiennent à cœur. Vous pourrez vous concentrer entièrement sur le terrain et sur l'objectif de poursuivre cette série de victoires consécutives", partageait-il en réaction à l'annulation de son stage. A-t-il été surpris des réactions de ses anciens supporters ? Probablement pas. Deux ans plus tôt, son possible retour, cette fois sur les terrains, avait déjà suscité l'incompréhension générale.
Octobre 2023, un premier retour manqué
Le Bayern, alors touché de plein fouet par les blessures, cherchait avec le champion du monde 2014 une solution de secours, alors qu'il ne disposait que de trois défenseurs centraux de formation : Dayot Upamecano, Matthijs De Ligt et Kim Min-jae. Avec les blessures de ces trois défenseurs, le milieu défensif Leon Goretzka avait même été aligné en défense centrale lors du 32e de finale de la Coupe d'Allemagne contre Münster (4-0). Dans l'urgence, Jérôme Boateng, libre depuis l'expiration de son contrat à l'OL, avait été contacté pour une bonne semaine de test à l'entraînement sur les terrains de la Säbener Strasse et une potentielle signature dans la foulée. Sauf que rien ne s'est passé comme prévu.
"En considérant tous les aspects, le Bayern a décidé de renoncer à engager Jérôme Boateng", tranchait le club bavarois après plusieurs jours, offrant toutefois la possibilité au défenseur "de se maintenir en forme" au club. La raison de cette volte-face ? Une vague de critiques, encore une fois, de la part de supporters contraires à son retour. Et déjà pour les mêmes raisons. "Il s'est bien comporté, il s'est bien entraîné", expliquait celui qui était alors sur le banc du Bayern, Thomas Tuchel. "Cette décision n'a pas qu'une composante sportive", confirmait-il, évoquant "une situation d'urgence en défense centrale".
Jérôme Boateng a finalement rebondi quelques mois plus tard à la Salernitana, en Italie, où il n'aura toutefois disputé que sept matches. Dans la foulée, une ultime expérience au Linzer ASK (Autriche) dans l'anonymat le plus total. Là où le peuple bavarois aimerait qu'il reste.
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