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Le temps des regrets
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Publié 30/01/2006 à 12:30 GMT+1
Eliminé dès le premier tour de la CAN 2006, le Maroc cherche à comprendre les raisons d'un tel échec. Parmi les explications, un point essentiel : le manque de temps, une préparation tronquée et rocambolesque marquée par le départ de Philippe Troussier et
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Crédit: Eurosport
La Coupe d'Afrique des Nations est une compétition cruelle pour le Maroc. Finalistes malheureux en 2004, les Lions de l'Atlas ont connu une autre sorte de désillusion en 2006 avec une élimination terrible dès le premier tour. Il y a deux ans, le peuple marocain avait pleuré les siens. Aujourd'hui, les fidèles de l'équipe nationale ne sont plus tristes. Mais révoltés par une sortie sans gloire.
Samedi, les coéquipiers du Bordelais Maroune Chamakh avaient encore une toute petite chance de rallier les quarts de finale de la CAN. Pour ce faire, il fallait terrasser les valeureux mais peu redoutables Libyens et compter sur une défaite de l'Egypte face à la Côte d'Ivoire. On sait ce qu'il en est advenu : les Pharaons ont gagné 3-1. Pas de regret cependant pour les hommes de M'hamed Fakhir qui n'ont pas été capables de faire plier la Libye (0-0). Pire, en trois rencontres, les vainqueurs de la CAN 1976 n'ont pas réussi à inscrire un seul but et pris que deux petits points.
Une menace fantôme
Malgré un effectif pléthorique et remonté après une compagne qualificative pour la Coupe du monde honorable (0 défaite) mais cruelle car sanctionnée par une non-qualification, les Lions de l'Atlas avaient envie de prendre leur revanche sur un sort impitoyable. Avant la compétition, Marouane Chamakh livrait à Eurosport.fr son sentiment sur le Maroc. Le Bordelais semblait optimiste : "En 2004, on avait fait une très bonne CAN avec seulement trois ou quatre cadres. En gardant pratiquement la même équipe, on a tous mûri et on a pris confiance en nous. L'ambiance est restée la même. On est même plus soudés entre nous. L'objectif sera d'être dans le dernier carré. Nous sommes revanchards. "
La menace marocaine aura finalement été fantomatique. A l'heure de faire le bilan, celui-ci est bien maigre. A la décharge du Maroc, il faut avouer que la préparation de cette compétition n'a pas été évidente. Il y a moins d'un mois, le sélectionneur national s'appelait encore Philippe Troussier. Arrivé le 28 octobre, le Français a fait long feu à la tête des Lions. Reparti le 30 décembre pour "divergences de vue assez profondes", l'ancien sélectionneur du Japon a laissé la place à M'Hamed Fakhir qui n'a eu que trois petites semaines pour mettre une équipe sur pied.
Trop court ? Fakhir le pense. Le Marocain n'a eu que 90 minutes et le match amical face au Congo pour parfaire sa liste des 23. "Le temps était notre principal ennemi. Comment peut-on imaginer pareil scénario ? se demande Fakhir. Choisir 23 joueurs en un match, avoir 65% des joueurs qui manquent de compétition car insuffisamment utilisés en club..." Le sort s'est ensuite acharné. Ouaddou ou encore Zaïri se sont blessés durant les matches de préparation disputés face à des équipes qui, selon Talal El Karkouri, "taclaient à hauteur de la gorge."
"C'est incroyable"
Walid Regragui aussi regrette cette terrible course contre-la-montre qui a résulté d'une mauvaise gestion de l'équipe nationale après l'élimination du Mondial 2006 : "On a besoin de travailler mais, en Afrique, c'est impossible. L'entraîneur a eu quinze jours pour préparer cette CAN : c'est incroyable. Nous les joueurs, on s'est peut-être vus trop beaux et embourgeoisés. " Le Maroc a désormais deux ans pour se remettre d'aplomb et surtout préparer la prochaine Coupe d'Afrique des Nations puis les Jeux Olympiques avec les jeunes.
M'Hamed Fakhir a envie de continuer. Afin de donner la pleine mesure de ses qualités : "Mon contrat expire en 2008. J'ai donc deux années pour construire une équipe. Lors du premier contact, les responsables de la Fédération Royale marocaine de football m'avaient assuré de leur soutien total. La CAN 2006 n'était pas un objectif. En 2008, je pourrai rendre des comptes." Aura-t-il le temps comme Roger Lemerre l'a eu avec la Tunisie et le succès que l'on sait ? La réponse sera vite donnée.
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