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Serie A : AC Milan, l’heure des comptes

Milan, l’heure des comptes

Le 09/05/2018 à 08:26Mis à jour Le 09/05/2018 à 15:15

SERIE A - Alors que le championnat d'Italie approche de son terme et devrait voir la Juventus titré pour la septième année consécutive, l'AC Milan a réalisé un exercice en demi-teinte. Actuellement sixième de Serie A, le club lombard pouvait espérer mieux. Après un mercato estival animé, certaines recrues ont déçu, d'autres au contraire sont parvenues à tirer leur épingle du jeu. Décryptage.

Antonio Donnarumma - Conti, Bonucci, Musacchio, Rodriguez - Kessie, Biglia, Calhanoglu - Silva, Kalinic, Borini. Le Milan s’est bien acheté une équipe l’été en pourvoyant tous les postes qui plus est. Bonus compris, le chiffre total et définitif pourrait s’élever à un peu plus de 250 Millions d’euros. Un mercato ambitieux mais nécessaire afin de refondre un effectif déforcé au fil des années. En battant la Juve en finale de Coupe d'Italie, les Rossoneri limiteraient la casse et s'assureraient une participation à la prochaine Europa League, mais l’objectif était tout autre en début de saison et les nouvelles recrues ont évidemment leur part de responsabilité.

Ils sortent la tête de l'eau

Et si c’était lui la meilleure recrue estivale du Milan ? Ok, il s’agit d’une question un brin provocatrice, mais si on se base sur le rapport qualité prix, on n’en est pas loin. Antonio Donnarumma a débarqué avec la réputation de pistonné puisqu’il s’agit du grand-frère de Gianluigi et son salaire est démesuré pour un troisième gardien (un million d’euros annuels). Il n’a disputé que deux matches, le retour sans enjeux contre Ludogorets en 16ème d’Europa League et surtout le quart de Coupe d’Italie contre l’Inter en remplaçant son frère au pied levé. Le Milan s’imposa 1-0 aux prolongations grâce à ses parades et lui doit donc en partie cette finale contre la Juve, mieux, cette rencontre fut même le tournant de la saison !

Les fréres Donnarumma à l'AC Milan

Les fréres Donnarumma à l'AC MilanGetty Images

Maintenant, parmi les “vrais” achats, celui qui a le mieux répondu aux attentes est Hakan Calhanoglu. Pourtant, les débuts ont été laborieux entre les quatre mois d’inactivité des suites d’une suspension pour complications contractuelles du temps du Bayer, le poids du numéro 10, Montella qui le trimbale d’un poste à l’autre. L’arrivée de Gattuso a tout changé pour le Turc aligné ailier gauche avec pour mission de repiquer le plus souvent possible dans l’axe. Il est monté en puissance et a agrémenté ses prestations de quelques buts et passes décisives. A 25 Millions, bonus compris, pour un joueur de 24 ans, on est presque dans les clous et il est bien le seul.

On les attendait, ils ont déçu

L'efficacité d’une nouvelle recrue se juge aussi par son prix d’achat, c’est cruel parce que le footballeur n’y est pour rien mais c’est un paramètre indispensable. Le Milan ayant surpayé pas mal d’entre elles, la perception de leurs performance en ressent, or, Leonardo Bonucci n’est pas concerné par ce discours. 42 Millions pour un joueur phare des vice-champions d’Europe âgé de 30 ans, c’était presque la bonne affaire de l’été. Mais l’ancien juventino s’est mis une pression folle en acceptant de devenir le capitaine et donc la tête de gondole de ce projet, il l’a lui même avoué. On parle là d’un élément ayant fini dans l’équipe-type de la FIFA il y a seulement six mois. Malgrè une amélioration durant la deuxième partie de saison, Bonucci est très loin de ses standards, il en vient à être éclipsé par Alessio Romagoli, son partenaire en défense centrale qui offre plus de garanties dans l'attention défensive et la construction de jeu.

Leonardo Bonucci (AC Milan)

Leonardo Bonucci (AC Milan)Getty Images

De par son expérience et son poste de playmaker, Lucas Biglia devait composer avec Bonucci l'épine dorsale autour de laquelle articuler l’équipe. Rappelons qu’il a couté 20 Millions d’euros (bonus compris) alors qu’il avait 31 ans et une seule année de contrat à la Lazio. Ce n’est pas un Pirlo comme le répètent souvent lui et son coach, mais cela ne doit pas le dédouaner de ne pas être le Biglia laziale. Le déficit de personnalité a été criant et son rendement en dents de scie. Franck Kessiè a nécessité un investissement global de 32 Millions, pour une seule bonne saison en Serie A. Comme on pouvait s’en douter, il surperformait à l’Atalanta où Gian Piero Gasperini sait tirer 150 % de ses joueurs. A San Siro, l’Ivoirien est devenu quelconque, presque inadapté techniquement et basant son jeu quasi exclusivement sur son gros coffre.

Ce n’est pas que de leur faute

Ils font aussi partie des déceptions mais ont quelques alibis. André Silva (40 Millions tout compris) a 22 ans, arrivé de Porto, a joué beaucoup moins que ses coéquipiers, a planté ses dix buts et les deux seuls en championnat ont permis de remporter deux matches. Le Portugais a du ballon et mérite qu’on insiste sur son cas. Mateo Musacchio, lui, est une erreur de casting à 17 Millions d’euros. Troisième dans la hiérarchie des défenseurs centraux, il était condamné à un rôle de figurant dans une défense à quatre. Le Milan pouvait s’en passer et se contenter de Zapata, Gomez et Paletta, mais l’arrivée de Bonucci n’était pas prévue et l'a relégué au rôle d'onéreuse solution de rechange. On n'attendait rien de Fabio Borini, roue de secours à 6 Millions parfois reconvertie arrière latéral. Il a mis du coeur à l’ouvrage et soigné ses stats avec 4 buts et 6 passes décisives. Enfin la palme de la guigne revient à Andrea Conti, rupture des ligaments du genou gauche et une rechute six mois plus tard alors qu’il s’apprêtait à rejouer. Verdict en suspens pour l'arrière droit.

André Silva (Milan AC)

André Silva (Milan AC)Getty Images

Ils n’ont aucune excuse

Dans ce marasme général, deux joueurs réussissent à faire pire que les autres. Nikola Kalinic endosse presque le rôle de bouc-émissaire. 25 Millions pour un attaquant qui a fêté ses 30 ans en janvier et dont le compteur de buts affiche un misérable 5, c'est énorme. Ce n‘est pas un serial bomber, plus un joueur associatif qui a dû se coltiner la plupart des gros matches, mais la liste des loupés s’allonge match après match. Non content, il a réussi à être exclu d’une liste de convoqués à cause de son manque d’implication. Mais si un coéquipier peut le remercier d’aimanter tous les griefs, c'est bien Ricardo Rodriguez, arrivé de Wolfsburg pour 18 Millions et un statut de Top 10 Mondial à son poste d’arrière gauche. La concurrence quasi inexistante à son poste en a fait un titulaire indiscutable. On le vantait pour ses qualités offensives, il les a arborés face à des équipes de seconde zone en Europe mais affiche un bilan triste d’un but et zéro passe décisive en Serie A. Fautes grossières et erreurs de placement illustrent ses prestations défensives, au point que les adversaires attaquent prioritairement de son côté. Dybala, Douglas Costa et Cuadrado se frottent déjà les mains.

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