En Italie, les "pagelle" sont une tradition ancestrale. Chaque lendemain de match, ces "bulletins de notes" sont scrupuleusement scrutés et épiés dans les quotidiens, sportifs comme généralistes. Par les tifosi, évidemment, prêts à s'en prendre à leur auteur en cas de désaccord (comme souvent). Mais aussi par les principaux concernés, certes plus discrets dans leur lecture mais tout aussi attentifs, au point que certains proches n'hésitent pas, parfois, à contacter le quotidien en question.
Depuis son arrivée à la Juve à l'été 2019, Adrien Rabiot, lui, n'a pas échappé aux commentaires souvent piquants des journalistes transalpins. Pêle-mêle : "On ne sait pas à quoi il sert (...) Tout simplement inutile" signé La Gazzetta dello Sport après l'élimination face à Villarreal en Ligue des champions, "un pas en avant, deux en arrière (...) Le Rabiot version fantôme est de retour" après un nul contre Bologne en avril, ou encore "toujours aussi imprécis" pour Tuttosport lors de la victoire à Sassuolo il y a quinze jours.
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Il m'a juste manqué un peu de continuité et de constance
Il serait toutefois injuste de résumer la saison de Rabiot à ces quelques commentaires virulents. Avec les trois quarts des matches disputés cette saison comme titulaire, le milieu de terrain français est l'un des hommes de confiance de Massimiliano Allegri. Il a même délivré à plusieurs reprises des prestations plus que convaincantes, notamment lors du choc perdu face à l'Inter début avril. "C'est enfin le vrai Rabiot", constatait le Corriere della Sera. La Gazzetta dello Sport estimait même qu'il avait été le meilleur des siens, lui attribuant ainsi la meilleure note avec un 7/10. Précision importante : dans la Botte, la moyenne est donnée à partir de 6/10. Dans une Juve qui est parvenue à sauver sa saison en décrochant une qualification pour la prochaine édition de la C1, malgré un jeu peu emballant qui fait grincer des dents une grande partie des tifosi, l'ancien milieu du PSG a alterné le bon et le moins bon. La lumière lors de certains matches, puis l'ombre dans d'autres.
"Vous avez vu le "vrai" Rabiot, il m'a juste manqué un peu de continuité et de constance, reconnaissait-il dans un entretien à DAZN il y a quelques jours. Je donne toujours tout ce que j'ai sur le terrain, mais c'est difficile de maintenir ce niveau à tous les matches. La prestation contre l'Inter a été de très haut niveau, comme d'autres plus récentes. Je dois les répéter chaque week-end et c'est la chose la plus dure." Malgré la considération de son entraîneur, son avenir est toutefois incertain.

Un salaire trop élevé pour son rendement

A l'heure où son club a décidé d'alléger sa masse salariale, actuellement la plus élevée de Serie A avec 102 millions d'euros nets, les émoluments de Rabiot font ​tâche. Selon la presse transalpine, l'international français touche actuellement le troisième plus gros salaire de la Juve avec 7 millions d'euros nets par saison, à égalité avec le nouvel arrivant Dusan Vlahovic. Au total, les Bianconeri comptent douze joueurs avec un salaire minimum de cinq millions par saison. Beaucoup trop.
Paulo Dybala va d'ailleurs partir l'été prochain, tout comme Aaron Ramsey, l'homme aux 8 800 euros/minute jouée, prêté aux Rangers depuis janvier dernier mais invité à faire définitivement ses valises au plus vite. En coulisses, les dirigeants piémontais négocient presque toutes les prolongations de contrat à la baisse. Et concernant celle de Rabiot, dont le bail expire l'année prochaine, les discussions semblent actuellement au point mort.

Le PSG prêt à en découdre avec la Juve pour renforcer son milieu de terrain

Selon les médias italiens, la Juve aimerait monétiser le départ de Rabiot l'été prochain. "C'est sa dernière chance pour le faire", rappelait Tuttosport ces derniers jours. En effet, le "Duc" sera libre de négocier avec un autre club dès janvier 2023. "Et son entourage aimerait probablement miser sur cette option", confirmait La Gazzetta dello Sport la semaine passée. "Pour l’instant, il est bien à la Juventus même si les journalistes italiens veulent qu’Adrien parte", avait rétorqué sa mère et agent dans les colonnes de Ouest-France.
Pour la presse locale, plusieurs clubs anglais seraient sur ses traces. "Une chose est sûre : il gagne trop pour ce qu'il a apporté jusqu'à aujourd'hui", estimait le quotidien rose en février. En 43 matches cette saison, le natif de Saint-Maurice (Val-de-Marne) n'a délivré que deux passes décisives. Et la case "buts inscrits" est toujours vierge. Pour un joueur de son calibre, c'est trop peu.

"Il a un moteur différent des autres"

Dans les différents systèmes utilisés par Max Allegri cette saison (4-4-2, 4-3-3, 4-2-3-1...), Rabiot a toujours trouvé une place au milieu. II est d'ailleurs annoncé titulaire pour la finale de Coupe d'Italie face à l'Inter Milan, mercredi soir, au Stadio Olimpico de Rome. "Quand j'étais jeune, je jouais plus avancé, comme un numéro 10, se souvenait-il à DAZN. Aujourd'hui, je préfère avoir plus d'espace devant moi et partir de plus loin. Celui qui pense que je suis un joueur offensif se trompe. Je suis un numéro 6 ou 8, pas 10. Je sais qu'ici, en Italie, vous faites attention au nombre de buts marqués, mais ce n'est pas une obsession pour moi, ni une vocation. La considération du "Mister" ? J'ai beaucoup progressé avec lui, c'est important un entraîneur qui vous lance des défis et n'hésite pas à vous secouer."
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Plusieurs fois cette saison, Rabiot s'est ainsi transformé en un cocotier que Max Allegri s'est amusé à agiter, comme lors de sa première conférence de presse l'été dernier après l'annonce de son retour. "Il doit marquer au moins dix buts étant donné sa qualité", indiquait-il. Avant d'en remettre une couche début novembre : "Il doit faire beaucoup plus". Mais l'entraîneur toscan n'a pas utilisé que la manière forte.
"C'est un joueur qui a de la force, expliquait-il avant le déplacement à Cagliari le mois dernier. Il sait également multiplier les efforts et les courses. Il a un moteur différent des autres. C'est pour cela qu'il est meilleur lorsque nous jouons à deux au milieu. Puis il y a aussi des matches où nous passons à trois et il est un peu moins bon (...) Contre l'Inter, il avait fait un très bon match techniquement, jouant beaucoup de ballons verticaux et je pense qu'il pourra s'améliorer encore à l'avenir." Reste à savoir s'il s'inscrira dans le Piémont... ou ailleurs.
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