Elimination du Maroc, du Sénéral et de l'Egypte - CAN 2024, c'est quoi ce bazar ?

Eurosport sur Google

Les principaux favoris au tapis, des sélections sans aucune référence encore en course : les quarts de finale de la CAN proposent un plateau complètement inattendu. Le Maroc, le Cameroun, l'Egypte et le Sénégal ont, tous, chuté en 8es de finale. Comment expliquer ce curieux basculement des forces ? Faut-il en tirer des conclusions définitives ?

Achraf Hakimi avec Amine Harit après la défaite du Maroc en huitièmes de finale de la CAN

Crédit: Getty Images

Nous vous avions prévenus au tout début de cette Coupe d'Afrique des Nations : tenter d'établir des favoris dans cette compétition est un jeu périlleux. Et pour cause, avant les quarts de finale, les principaux favoris sont tous passés à la trappe. Exit le Maroc, le Sénégal et l'Egypte. Le Cameroun et le Ghana, deux grands noms du Continent en dépit de sérieux doutes sur leur réel niveau du moment, ne sont plus là, eux non plus. Le constat est effarant : les cinq premières nations africaines au classement FIFA (Maroc, Sénégal, Tunisie, Algérie, Egypte) ont disparu tout comme les cinq représentants du continent à la dernière Coupe du monde (Sénégal, Maroc, Tunisie, Cameroun, Ghana).
Mieux, parmi les huit quarts de finaliste finalistes de la CAN 2022 (Burkina Faso, Tunisie, Sénégal, Guinée Equatoriale, Cameroun, Gambie, Egypte, Maroc), il ne reste plus personne. Fatalement, cette démission des supposés gros bras ouvre des brèches et la moitié des équipes encore en course n'a jamais remporté le moindre trophée continental (Cap Vert, Angola, Mali, Guinée). Aujourd'hui, seules survivent la Côte d'Ivoire, pays hôte et gros outsider en début de compétition malgré un effectif inexpérimenté, et le Nigeria comme valeurs sûres. Assiste-t-on à un basculement des forces en Afrique ? Faut-il s'attendre à l'émergence de nouvelles puissances, d'une nouvelle ère ?
picture

Le Sénégal après son élimination

Crédit: Getty Images

Arabie Saoudite et déficit physique

La CAN a toujours été difficile à prédire, c'est la nature même d'une compétition qui adorent les invités surprises tels que le Burkina Faso ou la Guinée Equatoriale dans le dernier carré des dernières éditions. Malgré tout, hormis la Zambie d'Hervé Renard en 2012, elle s'offre rarement à un sans-grade ou à une nation que personne n'avait vu arriver. Cette édition 2024 est particulièrement folle parce que les trois grands favoris (Egypte, Maroc, Sénégal) ont tous été éjectés dès les 8es de finale alors que rien ne le laissait envisager.
Les Lions de l'Atlas, premiers Africains en demi-finale d'une Coupe du monde en 2022, n'ont rien changé depuis le Qatar. L'Egypte est l'équipe la plus régulière du continent à la CAN et le Sénégal avait bien sous la main son trio de stars : Edouard Mendy, Kalidou Koulibaly, Sadio Mané. Mais la Sainte Trinité sénégalaise, moins impressionnante que lors de son sacre au Cameroun, paie-t-elle, comme d'autres (Riyad Mahrez, Romain Saïss) son exil en Arabie Saoudite, dans un championnat nettement moins compétitif ? La CAN est aussi un combat dans des conditions extrêmes qui peut parfois freiner des équipes peuplées de nombreux binationaux formés en Europe, loin des exigences du football africain.
picture

Riyad Mahrez et l'Algérie dépités face à la Mauritanie

Crédit: Getty Images

Un Maroc crispé, un Cameroun dépassé

C'est le cas du Maroc, qui a manqué de fraîcheur, et s'est crispé comme souvent quand il joue une CAN. Il n'a gagné qu'un match à élimination directe depuis 2004. A force, ce n'est plus un hasard ni une surprise. Comme lui, la Tunisie ou l'Algérie, qui, eux-aussi, font la part belle aux binationaux, ont accusé un vrai déficit physique dans la compétition. Quant au Cameroun, le crash était prévisible tant l'effectif ne fait plus honneur au palmarès de ce géant à l'échelle du continent. Il lui manquait quelques forces vives comme Vincent Aboubakar, qui n’a joué que 12 minutes, et les relations orageuses entre André Onana et son sélectionneur Rigobert Song, ont promu Fabrice Ondoa, gardien du Nîmes Olympique en National et fautif en 8es de finale. Peut-on, dans ces conditions, encore parler de surprise pour une élimination en 8es de finale ? Les conditions d’un basculement étaient réunies, ce qui reste spectaculaire, c’est son ampleur.
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité