Nice est sans doute l'une des équipes avec le plus de talent en L1, comment expliquer votre grande irrégularité ?
M.S. : C'est très dur à expliquer. Je vais balayer l'excuse de la jeunesse. On connait des équipes jeunes qui arrivent à être régulières. On a un groupe qui a l'expérience de la L1 malgré tout. On a juste eu une période difficile après la blessure de Dante, où on a enchainé les mauvais résultats et les blessures. On n'a jamais eu le même onze. Même si c'est dur à entendre pour nos supporters. On a aussi fait de mauvais matches, bien sûr. Mais ça va nous servir. Ce n'est pas un projet d'un an mais sur du long terme. On doit d'apprendre parce que le projet est extraordinaire ici.
Parfois, il faut mettre quelques coups de pieds aux fesses aux jeunes. Ce n'est donc pas le cas à Nice ?
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M.S. : Je n'ai pas cette impression parce qu'on s'est toujours dit les choses. On a eu des réunions entre nous pour se dire les choses clairement et sèchement parfois. Mais on ne contrôle pas tout. Quelques erreurs de relance qui font but et qu'on paie cash, ça a fait très mal à la confiance. On essaie de jouer de derrière, de construire. Les erreurs restent dans la tête et on ne fait pas toujours les meilleurs choix.
Nice a beaucoup de belles promesses mais qui est le plus gros crack dans l'effectif ?
M.S. : Il y a beaucoup de très bons joueurs mais pour moi, sans surprise, c'est Amine Gouiri. Je l'ai vu dès le premier entraînement, il a des qualités incroyables. Avant cette saison, il n'avait jamais fait une saison longue en professionnel. Sa régularité, c'est fantastique et c'est un bosseur avec un très bel avenir devant lui.

Schneiderlin : "S'il continue comme ça, Gouiri pourra faire une carrière comme Karim"

S'il continue, Amine pourra faire une carrière à la Karim
Vous avez connu Karim Benzema chez les Bleus. Est-ce que, comme nous, Amine Gouiri vous y fait penser dans ses prises de balle, dans sa technique très fine et dans son sens du but ?
M.S. : Oui, la comparaison est inévitable. Ils viennent de Lyon, jouent attaquant. Mais ce serait dur envers Amine d'appuyer cette comparaison. Karim Benzema a une immense carrière, c'est une top star. Il faut laisser Amine progresser. Je suis le premier à lui dire qu'il peut marquer plus. Il ne doit pas se laisser aller, il a raté quelques buts aussi. Les grands joueurs enchainent les grandes saisons. Dans trois ou quatre ans, on pourra peut-être les comparer. Aujourd'hui, avec son talent et son mental, s'il continue comme ça, il pourra faire une carrière comme Karim.
Comment vous jugez vos premiers pas à Nice ?
M.S. : C'est difficile de se juger. J'ai toujours un œil critique sur moi. Je peux et je vais mieux faire. Mais c'est une saison difficile sur le plan collectif. C'est difficile de sortir de belles et grosses performances. J'ai un nouveau rôle dans le vestiaire que je ne connaissais pas car j'ai toujours joué entouré de joueurs d'expérience. Si je peux aider les jeunes, je le ferais. On fera les comptes à la fin. Je suis là pour le moyen et long terme, et je suis très satisfait de ce que je vois ici.
Quand je voyais des mecs péter les plombs quand ils perdaient des matches à l'entraînement, j'ai compris
Que vous reste-t-il de vos aventures au très très haut niveau : Manchester United, Everton, les Bleus ? Qu'est-ce que vous en retirez et transmettez aux jeunes à Nice ?
M.S. : J'ai eu la chance de côtoyer des grands joueurs et entraîneurs. L'important, c'est l'exigence quotidienne pour soi et le groupe. Et l'envie. Ca nous demande deux heures par jour d'exigence et de concentration sur le terrain. C'est un métier formidable. Donc il faut s'entraîner à fond. C'est ce que j'ai appris en Angleterre. Quand je voyais des mecs péter les plombs et mettre de grands tacles quand ils perdaient des matches à l'entraînement, j'ai compris. La culture de la gagne, ça commence là. J'essaie de montrer ça. Je ne vais pas m'énerver tous les jours mais je veux montrer qu'il ne faut pas rester dans une routine, sur ses acquis.
Quand vous êtes-vous senti le plus fort ?
M.S. : J'ai eu trois, quatre années où je me sentais, non pas intouchable mais très très fort. Notamment les deux années avec Pochettino et celle avec Koeman à Southampton. Je sentais que sur le terrain, je pouvais courir et faire trois matches de suite. J'étais libre, je me sentais bien, j'avais une énorme confiance de tout le monde.
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Ce sont vos années Spiderman (ndlr : son surnom en Premier League) ?
M.S. : (Rires) C'est ça. On m'appelait comme ça parce qu'imaginez comme c'est dur pour les Anglais de prononcer mon nom…

Morgan Schneiderlin, le milieu de Southampton

Crédit: Panoramic

En 2015, vous avez cinq titularisations en Bleu après avoir joué la Coupe du monde 2014. Est-ce que vous éprouvez le regret de ne pas avoir pris le virage en 2016 ? Quand vous voyez Steven Nzonzi entrer en finale en 2018, vous ne vous dites pas : "Ca aurait pu être moi ?"
M.S. : Bien sûr je me suis dit que ça aurait pu être moi. Mais c'est le foot. Il y avait une grosse concurrence au milieu de terrain… Mon regret, c'est de ne pas avoir joué à l'Euro 2016. Et je trainerais ce regret toute ma vie. Entre 2014 et 2016, je fais quasiment toutes les sélections, le sélectionneur comptait sur moi, il me l'avait dit. La période de deux ou trois mois où j'ai moins joué à Manchester m'a coûté ma place en tant que joueur important des Bleus. Ca m'a fait mal. J'ai fait le choix d'aller à Everton. J'aurais pu accepter de jouer moins à Manchester en 2016 quand je suis revenu de l'Euro. Mais ne pas avoir joué à l'Euro, ça m'a vraiment mis un coup. Je me suis dit que le plus important c'était d'avoir du temps de jeu même si c'est dans une équipe moins exposée. J'aurais peut-être dû rester à Manchester et baisser la tête. J'aurais certainement eu encore ma chance. Mais c'est la vie.

Morgan Schneiderlin à l'entraînement avec l'équipe de France.

Crédit: Panoramic

Le deuil des Bleus ? Jamais mais…
Est-ce que vous avez fait le deuil des Bleus ?
M.S. : Non, jamais. Parce que depuis petit, je me bats pour être en équipe de France. Mais il faut être réaliste, regarder la vérité en face. J'ai bientôt 32 ans, il existe plein de joueurs qui font du super boulot au milieu dans des grands clubs. Ils ont gagné la Coupe du monde et j'espère qu'ils gagneront l'Euro.
Venir à Nice, c'est aussi se rapprocher de Didier Deschamps qui vit sur la Côte d'Azur ?
M.S. : (Rires) Oui, on m'a dit ça mais je ne l'ai pas vu encore.
La référence, c’est Pochettino
Vous avez connu Mauricio Pochettino, Didier Deschamps, José Mourinho, Carlo Ancelotti, Sam Allardyce, Ronald Koeman, Louis van Gaal, Patrick Vieira. Quel coach vous a le plus marqué ?
M.S. : L'entraîneur référence pour moi, c'est Pochettino. Dans son rapport humain et du jeu, c'est avec lui que je me suis le mieux senti. On a eu une relation particulière. Quand on se voit aujourd'hui, c'est comme si on s'était quittés hier. Après, j'ai toujours appris quelque chose de chaque coach. Ce sont tous des génies du ballon, je les écoutais les yeux grands ouverts. Je n'ai connu Ancelotti que cinq mois mais j'ai adoré son côté humain, sa personnalité, son discours. Même Mourinho avec lequel je n'ai pas beaucoup joué, j'ai pris du plaisir à ses entraînements. Il fait en sorte que ses joueurs partent à la guerre avec lui.
Vous êtes partis très jeune en Angleterre, vous êtes descendus en D3 anglaise, avant de vous imposer en Premier League, de jouer une Coupe du monde : quand vous regardez en arrière, qu'est-ce que ça vous inspire ?
M.S. : On peut se dire que c'était facile mais j'ai vécu des moments difficiles quand je descends après la première année à Southampton. Avant ça, j'aurais pu aller dans des clubs plus grands. Et quand on descend, j'y pense. Je me demande alors si ma carrière est terminée, comment faire pour redécoller. Heureusement que le club est racheté par un milliardaire. Je voulais partir mais le président m'a forcé à rester. Il y a de la chance, du travail et des bonnes rencontres.

Morgan Schneiderlin avait connu sa première sélection en équipe de France face à la Jamaïque.

Crédit: Panoramic

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