Ça plane pour Lens

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Au terme d'un match échevelé, le Racing Club de Lens a battu Le Mans (4-5, ap). Keita a offert la qualification au RCL à deux minutes de la fin de la prolongation. En finale, Lens affrontera le PSG (29 mars au Stade de France). Le Mans échoue pour la troi

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LE MANS - LENS : 4-5 (ap)Buts : Gervinho (22e), Yebda (45e), Matsui (66e), De Melo (67e) pour Le Mans - De Melo (36e, csc), Rémy (45e+1), Dindane (52e), Monterrubio (64e), Sidi Keita (118e) pour Lens
Au terme d'une soirée de rêve où le football a retrouvé ses joies simples, faites de sueurs et de larmes, de rebondissements dignes d'un vieux polar et d'acteurs portés au rang de héros, le Racing a arraché son billet pour le Stade de France où il défiera le PSG le 29 mars prochain. Aux yeux de son "Druide", Daniel Leclercq, qui a redonné au RCL une âme depuis deux mois, ce 27 février 2008 rejoindra sans doute émotionnellement le 8 mai 1999, où le Lens des grands jours, champion de France en titre, soulevait la Coupe de la Ligue après sa victoire face à Metz (1-0). C'est sans doute ce souvenir fugace et l'envie de retourner au Stade de France qui ont porté le RCL durant 120 minutes de pure folie.
Le temps d'une soirée, les hommes de Jean-Pierre Papin ont oublié leur dur quotidien, où l'espoir d'un podium en fin de championnat a depuis longtemps cédé sa place à la lutte pour le maintien. Plus anonyme. Plus laborieuse. L'exploit est d'autant plus beau que face à Lens, des Manceaux au complet, 4e du championnat, tombeurs de Lyon au tour précédent, auraient rampé jusqu'en enfer pour enfin s'ouvrir les portes de la finale, après leurs deux dernières demi-finales perdues. Avec le soutien de Léon-Bollée, drapé des mêmes couleurs sang et or que ses visiteurs, les hommes de Rudy Garcia ont longtemps cru en leur bonne étoile et "écrire l'histoire".
Les Ch'tis dans un grand jour
L'ouverture du score par Sessegnon sur une talonnade de Yebda (1-0, 22e) ouvrait le premier paragraphe, mais un coup-franc de Monterrubio dévié par le malheureux De Melo dans son propre but (1-1, 36e) ramenait un doute qui ne cessera de poindre dans les esprits sarthois. Fort du retour de ses attaquants Gervinho et Matsui, suspendus face à Valenciennes, le MUC 72 fait de nouveau la différence par Yebda qui profite d'un coup-franc rapidement joué par Sessegnon (2-1, 45e). Mais les Ch'tis sont dans un grand jour. Sur la remise en jeu, Rémy, profitant d'un superbe centre de Belhadj, décoche une reprise de volée gagnante (2-2, 45e+1).
Tenaces et séduisants en dépit de quelques errements défensifs, les Sang et Or connaissent leur état de grâce au retour des vestiaires. Une dynamique offensive bien huilée, euphorique même derrière un Belhadj intenable sur son côté gauche. Comme face à Lyon (3-0) ou Caen (4-1), le Racing croit s'envoler vers la rédemption après la reprise d'Aruna Dindane (2-3, 52e) et surtout la demi-volée acrobatique de Monterrubio qui donne un avantage prétendu décisif (2-4, 64e).
Conquérant puis proie
Il suffira d'un signe, d'une minute d'inattention aux Lensois pour se retrouver à nouveau dans la position de la proie idéale, dans l'arène de Léon-Bollée. Matsui, dépassés sur le troisième but manceau, prend le meilleur sur Belhadj avant de conclure d'une frappe croisée (3-4, 66e), tandis que De Melo fait oublier sa maladresse défensive de début de match (4-4, 67e). Pourtant, les hommes de Papin, nullement fragilisés, repartent de plus belle. Une nouvelle fois, elle croira à la délivrance sur une frappe fracassante de Coulibaly à laquelle seule la transversale mancelle résiste (85e) puis sur une percée d'Aruna Dindane, déséquilibré dans la surface par Camara (87e). Mais il était écrit que ce "match de l'année" aurait sa prolongation.
Plus frais, Monnet-Paquet et Sidi Keita, entrés en cours de jeu font la différence dans l'entrejeu. Si la frappe du premier met à contribution l'excellence de Pelé (97e), celle du second fait trembler les filets détrempés des Manceaux, qui voient du même coup s'effondrer leurs rêves d'Europe et de première coupe nationale (4-5, 118e). Etreint par un groupe de Nordistes rédempteurs, Sidi Keita connaît enfin son jour de gloire. Lui, trop souvent expulsé ou réduit à un travail de l'ombre, est enfin entré en pleine lumière.
LA DECLA : Jean-Pierre Papin (Lens)
"C'est un dénouement très heureux qui nous ouvre les portes de la finale. Mais que cela a été dur! J'ai vu une grande équipe de Lens. Les spectateurs ont dû se régaler mais pas nous sur le banc... C'était un match complètement fou comme il en existe parfois dans le foot. Pour se refaire la cerise, c'est le match qu'il fallait et l'équipe a montré qu'elle avait une âme. A 4-2, j'étais déjà dans le match de Toulouse. Mais même quand ils sont revenus, je ne voyais pas comment ils pouvaient nous échapper. A la fin, je commençais à penser à qui allait tirer les tirs au but mais on n'est pas arrivé jusque là, tant mieux. Une finale, ça se joue, ça vaut la peine. On a enchaîné quatre matches contre des gros, donc c'est mérité."
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