La méthode Dunga

Le Brésil affiche un visage radicalement différent depuis la nomination de Dunga à la tête de la sélection auriverde après le fiasco de 2006. La Seleçao, qui affronte les Etats-Unis mercredi pour son deuxième match de Coupe des Confédérations, mise maintenant sur l'efficacité. Et les joueurs locaux.

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Avec le recul, c'était un peu le match de la croisée des chemins. Le France-Brésil des quarts de finale de la Coupe du monde 2006 reste à ce jour la dernière prestation la plus aboutie des Bleus, vainqueurs des champions du monde en titre de l'époque grâce à un but de Thierry Henry (1-0). C'est aussi la dernière contre-performance de la sélection brésilienne, qui n'avait par ailleurs jamais convaincu dans le jeu sur le sol allemand. Addition de stars plus qu'un collectif en somme, la formation mise en place par Carlos Alberto Parreira était rentrée au pays sous les quolibets des supporters auriverde. Les dirigeants brésiliens ont alors fait un choix judicieux, celui du changement. Et il a été radical. Avec Dunga à sa tête, le Brésil n'est définitivement plus le même. D'ailleurs, il se remet à gagner.
Un an après son arrivée sur le banc, l'ancien milieu de la Fiorentina s'était déjà offert un premier titre en tant que sélectionneur. Vainqueur de la Copa America, avec un succès de prestige sur le favori argentin (3-0) en finale, le Brésil a affiché un visage à l'image de son mentor, travailleur de l'ombre au service des stars brésiliennes des années 90: pas vraiment flashy, mais d'une efficacité redoutable. Il a mis de côté la supériorité technique brésilienne pour axer son travail sur un bloc défensif solide, même si celui-ci a été mis à mal par l'attaque égyptienne lors du premier match de la Coupe des Confédérations (4-3). Mais le bilan sur les qualifications pour la Coupe du monde 2010 le prouve. Leaders de la zone Amsud après avoir battu ce mois-ci l'Uruguay (4-0) et le Paraguay (2-1), les Brésiliens ont la meilleure attaque et, ce qui est beaucoup plus rare, la meilleure défense du tournoi. "De tous temps, le dispositif défensif de la Seleção a été mis en doute. Cette reconnaissance nous apporte donc beaucoup de satisfaction. C'est vrai que notre défense est en train de réussir de belles choses" , explique Lucio, le vrai patron de la défense mise en place par Dunga.
"Un mental de gagnants"
Autre nouveauté mise en place par Dunga, la Seleçao repose de plus en plus sur des joueurs évoluant dans le championnat brésilien. Près d'un tiers des sélectionnés pour la Coupe des Confédérations évoluent ainsi au pays: Miranda (Sao Paulo), Victor (Gremio Porto Alegre), André Santos (Corinthians), Kleberson (Flamengo), Ramires (Cruzeiro) Kleber et Nilmar (Inter Porto Alegre). Désormais, les stars évoluant en Europe n'ont plus automatiquement les faveurs de la sélection. "Je n'hésite pas à donner leur chance à des joueurs qui n'ont pas d'expérience avec la Seleção. Maintenant, il ne leur reste plus qu'à travailler, montrer leurs qualités et gagner leur place dans le groupe", explique le sélectionneur brésilien. Un message fort, et parfaitement reçu par les joueurs locaux. "Je crois que c'est clair. Pour Dunga, ce qui compte, ce n'est pas l'endroit où l'on joue, mais comment on joue. Je vais devoir m'adapter à un nouveau pays, une nouvelle réalité, mais je sais que j'aurai ma chance quand je montrerai de belles choses", affirme Ramires, qui vient de signer à Benfica plutôt qu'à l'OM.
Fort de ses trois ans d'expérience à la tête de la sélection, Dunga a également pris le temps d'insuffler à ses joueurs son état d'esprit de gagneur. Le Brésil a traditionnellement des joueurs au-dessus de la moyenne sur le plan technique, mais il a souvent affiché ses limites au niveau mental. Ce n'est plus le cas sous l'ère de l'ancien capitaine de la Seleçao. "Le Brésil joue toujours pour gagner. Même en fin de saison, les joueurs doivent entrer sur le terrain avec un mental de gagnants", a-t-il d'ailleurs martelé à l'arrivée de la sélection brésilienne en Afrique du Sud. Le tenant du titre, favori au même titre que l'Italie et l'Espagne, a ainsi préparé l'épreuve dans un seul objectif: gagner. "Nous ne sommes pas archi-favoris, mais nous ne manquons ni de puissance, ni de talent. La Coupe des Confédérations est un tournoi court, dans lequel la psychologie joue un rôle crucial. Evidemment, il faut être au top et très concentré. La compétition est rapide et c'est l'équipe la mieux préparée qui l'emportera. Compte tenu du niveau des adversaires, il est indéniable que c'est un titre important", résume Lucio. L'Italie et l'Espagne sont prévenues.
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