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La décontraction, l'arme fatale des Américaines ?

La décontraction, l'arme fatale des Américaines ?
Par AFP

Le 01/07/2019 à 22:17

COUPE DU MONDE - Leurs conférences de presse sont des "shows" où on rit volontiers, les matches sont "fun", et on les croise dans leur hôtel comme n'importe quels clients. Les Américaines font preuve d'une déconcertante décontraction au Mondial 2019, leur manière d'éviter toute pression ?

Leur arrivée à Lyon avant leur demi-finale contre l'Angleterre mardi soir ne déroge pas à la règle. La reconnaissance du stade ? Elle s'est faite pieds nus pour la star Alex Morgan, pendant que trois coéquipières esquissaient quelques pas de danse. Lundi, en marge du point presse organisé à leur hôtel, c'est l'autre vedette de l'équipe, Megan Rapinoe, que l'on pouvait croiser au bar de l'établissement, sweet gris et short noir, elle qui boycotte l'hymne national et a pris fermement position ces derniers jours contre Donald Trump.

Le genre de déclaration qui pourrait semer le trouble dans une autre sélection mais qui n'a pas l'air de déranger outre mesure son équipe, qui poursuit son chemin comme si de rien n'était.

"Pas le protocole"

Le staff de l'équipe américaine s'est même permis d'aller visiter l'hôtel lyonnais où s'installera la "Team USA" si elle accède à la finale. Cela tombe mal, c'est celui où résident actuellement les Anglaises, leurs adversaires en demie. Leur sélectionneur Phil Neville n'a pas franchement apprécié. "Je me suis juste demandé ce qu'ils faisaient là. Ce n'est pas vraiment le protocole habituel. Je ne voudrais pas que mon équipe fasse cela. Je ne le ferais pas et je ne l'autoriserais pas. C'est leur problème", a-t-il gentiment taclé.

Megan Rapinoe (USA)

Megan Rapinoe (USA)Getty Images

Rien de choquant pour la sélectionneuse américaine Jill Ellis: "Je crois que tout le monde fait ca. C'est important d'anticiper pour mon équipe et mon administratrice. Cela n'a rien à voir avec de l'arrogance, c'est simplement de la préparation et de l'anticipation pour le staff, c'est tout à fait habituel". Ce procès en arrogance revient de temps en temps depuis le début du Mondial, après l'humiliant 13-0 infligé à la Thaïlande d'entrée, un record.

La sélection américaine s'en est toujours défendue, assure respecter tous ses adversaires, et revendique presque sa manière décomplexée d'aborder la pression de la Coupe du monde.

"Optimisme"

Les coéquipières d'Alex Morgan et Megan Rapinoe sont-elles si sûres de leurs forces ? "J'appellerais plutôt ça de la croyance (en nous), je le caractériserais comme de l'optimisme sur notre capacité à gagner, notre capacité à nous adapter tactiquement. Nous devons faire ça pour gagner", a expliqué l'attaquante-remplaçante Christen Press. Amandine Henry, l'une des rares Bleues à avoir évolué aux Etats-Unis, chez les Portland Thorns, avait raconté à l'AFP cette "positive attitude" des Américaines, loin des règles strictes qui régissent la vie de groupe des Françaises dans les grands tournois.

Megan Rapinoe of the USA celebrates with teammates after scoring her team's first goal during the 2019 FIFA Women's World Cup France Quarter Final match between France and USA at Parc des Princes on June 28, 2019 in Paris, France.

Megan Rapinoe of the USA celebrates with teammates after scoring her team's first goal during the 2019 FIFA Women's World Cup France Quarter Final match between France and USA at Parc des Princes on June 28, 2019 in Paris, France.Getty Images

A Portland, "quand on partait en mise au vert, on pouvait aller se faire des restos, sortir de l'hôtel. C'était libre en fait. Ca permet de décompresser mentalement". "Là-bas, ils s'en fichent de la façon dont on se prépare, le plus important c'est sur le terrain. C'est un management complètement ouvert, tandis qu'en France, on aime bien contrôler ce que la joueuse mange, à quelle heure elle dort...", ajoutait la milieu de terrain de Lyon.

Mais ce sont les Américaines qui ont sorti la France en quart (2-1), après un match "fun", comme l'a décrit la milieu Rose Lavelle en zone mixte. Les triples championnes du monde et quadruples médaillées d'or aux JO préparent maintenant leur demi-finale de Coupe du monde sans trop de stress, visiblement. Megan Rapinoe a fini par quitter le bar de son hôtel après quelques minutes. Pendant ce temps, une petite bande de coéquipières revenait de la piscine en peignoirs. En riant.

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