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Rétro 1954 : le Miracle de Berne fait renaître l'Allemagne

Rétro 1954 : le Miracle de Berne fait renaître l'Allemagne

Le 28/04/2010 à 00:01Mis à jour Le 28/05/2014 à 08:30

En attendant le coup d'envoi de la Coupe du monde, retrouvez les grands moments des précédentes éditions. Aujourd'hui : Suisse 1954. Champions olympiques en 1952, les Hongrois illuminent le monde par leur jeu ultra-offensif. Mais c'est bien la RFA qui remporte sa première Coupe du monde.

Le bilan

  • Lieu : Suisse
  • Participants : 16
  • Champion : RFA
  • Matches : 26
  • Buts marqués : 140 (5,38 par match)
  • Meilleur buteur : Sandor Kocsis (HON) 11 buts
  • Affluence : 943 000 (36 269 par match)

La finale : RFA - Hongrie (3-2)

  • Buts : Morlock (10e), Rahn (18e, 84e) pour la RFA; Puskas (6e), Czibor (8e) pour la Hongrie
  • RFA : Turek - Posipal, Liebrich, Kohlmeyer - Eckel, Mai - Rahn, Morlock, Ottmar Walter, Fritz Walter (Cap.), Schäfer. (Entraîneur : Sepp Herberger)
  • HONGRIE : Grosics - Buszansky, Lorant, Lantos - Bozsik, Zakarias - Czibor, Kocsis, Hidegkuti, Puskas (Cap.), Toth J. (Entraîneur : Gusztav Sebes)

Invaincue depuis 31 matches, la Hongrie part archi-favorite de la finale de la Coupe du monde 1954. Sur le terrain boueux de Berne, les Hongrois affronte un adversaire qu'ils avaient battu 8-3 lors de la phase de poule, la RFA. Blessé lors de cette rencontre et longtemps incertain, Puskas fait le forcing pour être dans l'équipe de départ. L'ailier du Real Madrid ouvre la marque (6e), puis les Hongrois doublent la mise par Czibor (8e). Cueillis à froid, les Allemands réussissent pourtant un incroyable retournement de situation. Après la réduction du score de Morlock (10e), Rahn crucifie la Hongrie en inscrivant un doublé (18e, 84e). Malgré un nombre incalculable d'occasions, deux tirs sur les montants et un but refusé à Puskas à deux minutes de la fin du match, les Hongrois s'inclinent à la surprise générale face à la RFA, qui remporte en Suisse la première Coupe du monde de son histoire.

Fritz Walter et Ferenc Puskás, capitaines de l'Allemagne et de la Hongrie, avant la finale de la Coupe du monde 1954

Fritz Walter et Ferenc Puskás, capitaines de l'Allemagne et de la Hongrie, avant la finale de la Coupe du monde 1954Imago

La star : Sandor Kocsis (Hongrie)

Après avoir activement participé à la conquête du titre olympique hongrois en 1952, Sandor Kocsis a marqué la Coupe du monde 1954 de son empreinte. Avec 11 buts au compteur, dont quatre inscrits lors de la victoire historique de son équipe face à la RFA en phase de poules (8-3), l'attaquant des Magyars a enlevé le titre de meilleur réalisateur de la compétition. Il restera cependant le héros malheureux de la finale perdue contre les Allemands de l'Ouest avec une tête renvoyée par la transversale alors que les deux équipes étaient à 2-2. Auteur de 74 buts en 68 sélections, il a notamment disputé la finale de la Coupe des clubs champions du FC Barcelone avec une autre des plus grandes stars de l'équipe hongroise, Czibor.

Sandor Kocsis Coupe du monde 1954

Sandor Kocsis Coupe du monde 1954AFP

Le but : Helmut Rahn (RFA)

Helmut Rahn n'était certainement pas le joueur le plus flamboyant d'une attaque allemande qui comptait dans ses rangs une légende comme Fritz Walter. Mais il restera à jamais le joueur qui a offert à la Mannschaft son premier titre de championne du monde. Déjà buteur en quarts de finale face à la Yougoslavie (2-0), Rahn a signé un doublé en finale contre la Hongrie, dont le but de la victoire à la 84e minute. Sur une action initiée par Schäfer et relayée par Walter, il s'empare du ballon aux abords de la surface, élimine deux défenseurs hongrois par un enchaînement de crochets avant de placer une frappe victorieuse du pied gauche. Malgré plusieurs occasions en fin de match, les Hongrois n'ont jamais pu se remettre de cet exploit de Rahn.

Helmut Rahn

Helmut Rahn Imago

Le saviez-vous ?

  • La Coupe du monde 1954 a été la première de l'histoire à être retransmise à la télévision. Huit rencontres de l'édition suisse ont été diffusées sur le petit écran.
  • L'édition 1954 a également été marquée par l'application d'un système de têtes de série pour la première fois dans l'histoire de la Coupe du monde. La première phase s'est déroulée avec quatre poules de quatre équipes, dont deux têtes de série désignées avant la compétition selon le classement mondial de l'époque. Ironie de l'histoire, la RFA n'avait pas bénéficié de ce statut et elle demeure aujourd'hui la seule nation non tête de série à avoir remporté la compétition depuis que ce système a été instauré.
  • La Coupe du monde 1954 a marqué l'apparition des maillots numérotés.
  • Pour la première fois dans l'histoire de la Coupe du monde, deux frères ont disputé la finale et ont été sacrés champions du monde en 1954. Il s'agissait des Allemands de l'Ouest Fritz et Ottmar Walter.
France Mexique 1954 Coupe du monde

France Mexique 1954 Coupe du mondeAFP

Le chiffre : 5,38

Avec 5,38 buts de moyenne par match, l'édition 1954 restera certainement à jamais la Coupe du monde la plus prolifique de l'histoire. Si la Hongrie a largement contribué à un tel chiffre avec notamment ses deux victoires contre la Corée du Sud (9-0) et la RFA (8-3) lors de la phase de poules, la rencontre la plus riche en buts ne concernait pas les "Magyars". Vainqueurs de la Suisse 7-5, les Autrichiens ont remporté lors du Mondial suisse le match où les filets ont le plus tremblé toutes Coupes du monde confondues.

Olivier Eggimann et Alfred Körne lors du quart de finale Autriche-Suisse durant la Coupe du monde 1954

Olivier Eggimann et Alfred Körne lors du quart de finale Autriche-Suisse durant la Coupe du monde 1954Imago

Les Bleus : élimination dans la phase de poules

Désignés tête de série du groupe 1 avec le Brésil, les Français passent complètement à côté de leur entrée dans la compétition en s'inclinant devant la Yougoslavie (1-0) sur un but de Milutinovic au quart d'heure de jeu. Malgré une courte victoire sur le Mexique (3-2), les Tricolores sont éliminés au profit des Yougoslaves, qualifiés avec les Brésiliens. C'est une énorme désillusion pour une génération prometteuse, emmenée notamment par Jean Vincent et Raymond Kopa, qui se montrera bien plus brillante quatre ans plus tard en Suède.

L'équipe-type

Coupe du monde 1954 infographie
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