AFP

Coupe du monde - Top 100: Schiaffino, l'étoile de la Céleste

Top 100: Schiaffino, l'étoile de la Céleste (10e)

Le 10/06/2014 à 16:56Mis à jour Le 11/06/2014 à 21:33

Suite de notre classement des 100 joueurs les plus marquants de l'histoire de la Coupe du monde. On entre aujourd'hui dans les 10 premiers avec Juan Alberto Schiaffino. le plus grand joueur uruguayen de l'histoire fut le leader de la Céleste lors de la campagne victorieuse en 1950, au Brésil.

10. JUAN ALBERTO SCHIAFFINO
Pays: Uruguay
Date de naissance: 28 juillet 1925 (décédé en 2002)
Poste: Attaquant
Participations: 2 (1 victiore, 1 demi-finale
Matches: 9 (7 buts)

Rarement, dans l'histoire du football, un joueur aura combiné à ce point intelligence de jeu et aisance technique. Alberto Schiaffino, star incontestée de l'équipe d'Uruguay qui eut l'audace et le cran d'être sacrée championne du monde au Maracana face au Brésil, possédait ces deux atouts dans son jeu. "Il était un deuxième entraîneur, mon relais, et même plus que ça, sur le terrain", disait de lui Juan Lopez, le coach de la Céleste en 1950. Si Ghiggia fut le héros de tout un peuple en marquant le but du titre contre le Brésil, jamais l'Uruguay n'aurait pu gagner cette Coupe du monde sans le talent, le sens tactique et le calme de Schiaffino.

Cette tranquillité presque déconcertante, il sut la transmettre à ses équipiers avant le duel face à la Seleçao. "Quand nous sommes entrés sur le terrain, il y avait face à nous 200.000 personnes complètement hystériques, racontera la star du Penarol dans une biographie qui lui sera consacrée. Il faut se rendre compte de ce qu'était l'ambiance de jour-là. Le peuple brésilien venait assister au triomphe annoncé. On ne nous donnait même pas une chance sur 100 de gagner. Nous avions appris que M.Rimet, le président de la FIFA, avait préparé un discours en portugais pour la remise de la Coupe, pour féliciter les Brésiliens. Mais nous, nous étions simplement indifférents à ce qui se passait autour de nous. Nous avons joué ce matche exactement comme s'il n'y avait personne dans les tribunes. Comme s'il n'y avait pas le moindre bruit. Et quand nous avons marqué, notre impression s'est trouvée en adéquation avec la réalité. Il n'y avait plus un bruit."

Evidemment, Schiaffino a pris une part considérable dans l'exploit du 16 juillet 1950. C'est d'abord lui qui égalisa à 25 minutes de la fin du match, alors que le Brésil menait 1-0. Puis, un quart d'heure plus tard, c'est lui qui allait offrir le but de la victoire à son compère de l'attaque, Ghiggia. La suite, c'est encore Schiaffino qui la raconte. "Jamais, je pense, je n'ai vu deux ambiances aussi différentes en si peu de temps. En deux heures, j'ai assisté à la plus grande fête du monde puis, avec les mêmes gens, l'ambiance la plus glaciale qui puisse exister. C'était incroyable de se dire que nous avions plongé tout un pays dans le désarroi le plus total. Je ne l'ai compris véritablement que bien après. Mais pour nous, c'était extraordinaire. Quand nous sommes rentrés au pays, c'était plus fort que le carnaval !"

A 25 ans, Schiaffino est devenu un véritable dieu vivant dans son pays. Son aura allait rester intact jusqu'à la fin de sa carrière. Quatre ans plus tard, en Suisse, il était à nouveau le leader de la sélection uruguayenne. Mais en demi-finale, sa sortie sur blessure laissa la céleste sans arme face à la Hongrie, victorieuse 4-2 en prolongation. Ce fut la dernière rencontre de Schiaffino avec l'Uruguay. Dans la foulée, il signa un contrat record pour l'époque avec le Milan AC. Sa carrière européenne s'avéra tout aussi brillante. Vainqueur de trois scudetti et d'une Coupe européenne, Schiaffino fut rapidement l'idole de San Siro. Au point de figurer parmi les 10 plus grands joueurs de l'histoire du club. Le plus grand joueur uruguayen de l'histoire s'est éteint en 2002.

0
0