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L'Angleterre y croit dur comme fer : "Personne ne veut rentrer à la maison"

"Personne ne veut rentrer à la maison"

Le 07/07/2018 à 20:09Mis à jour Le 07/07/2018 à 20:19

COUPE DU MONDE 2018 - Solide et dominatrice contre la Suède (2-0), l'Angleterre disputera mercredi sa première demi-finale mondiale depuis 1990. La fin d'une interminable attente et le début d'une semaine que tout le football anglais espère historique. Car les joueurs de Gareth Southgate ne veulent pas s'arrêter là.

Au coup de sifflet final, Marcus Rashford s'est agenouillé. Pris par l'émotion, l'attaquant de Manchester United s'est tout de suite mis à pleurer. A 20 ans, il n'était même pas né la dernière fois que l'Angleterre avait accédé au dernier carré d'un tournoi majeur. C'était lors de "son" Euro, en 1996. Seuls six des vingt-trois membres de l'équipe de Gareth Southgate avaient déjà vu le jour le 4 juillet 1990, date de la dernière demi-finale de Coupe du monde des Three Lions. Et encore. Danny Rose avait deux jours. Jordan Henderson trois semaines et Kyle Walker un mois et demi.

Les larmes de Rashford coulent donc après quasiment trois décennies d’une insupportable attente pour la sélection de sa Majesté. Gareth Southgate, lui, avait 19 ans et se trouvait à l'aube de sa carrière professionnelle. Lors de la demie de 1990, il était devant sa télé. Samedi, après la victoire contre une Suède usée (2-0), le sélectionneur anglais a demandé à tout le monde de bien savourer la performance de ses hommes. "J'espère que tout le monde en profite et apprécie, parce que ça n'arrive pas souvent à l'Angleterre", a-t-il rappelé au micro de la BBC. A raison. Après 1966 et 1990, ce n'est que la troisième fois que l'Angleterre se retrouver à deux matches du titre.

Dele Alli après son but contre la Suède

Dele Alli après son but contre la SuèdeGetty Images

" Etre en demi-finale, c'est une sensation absolument incroyable"

Cette équipe domine tous ses vieux démons, ou plutôt ceux de ses devancières, car la jeunesse du groupe de Southgate le rend paradoxalement plus hermétique aux traumas passés. Après avoir remporté sa première séance de tirs au but en Coupe du monde lors du huitième de finale face à la Colombie, l'équipe d'Angleterre a abattu un autre mur propre au XXIe siècle, celui des quarts, sur lequel elle avait buté lors des Mondiaux 2002 et 2006 et de l'Euro 2012. "Etre en demi-finale, c'est une sensation absolument incroyable", dit Southgate.

Là où le parcours anglais devient plus qu'intéressant, c'est que la bande à Harry Kane, qui n'a au passage pas eu besoin de marquer pour que son équipe s'impose, a su se sortir de deux rencontres totalement différentes. "On savait que ce serait un match qui n'aurait rien à voir avec la Colombie et qu'on devrait élever notre niveau car la Suède ne laisse pas jouer l'adversaire, juge Southgate. La Suède est une équipe bien organisée, on les a parfois sous-estimés par le passé et aujourd'hui, notre état d'esprit était le même que le leur mais il y avait plus de qualité de notre côté."

Gareth Southgate

Gareth SouthgateGetty Images

Andersson : "Cette équipe est assez forte pour gagner la Coupe du monde"

Personne n'attendait l'Angleterre à pareille fête. A force d'accumuler les désillusions, il devenait difficile de croire à cette équipe. C'était oublier le travail abattu par ce groupe depuis deux ans. "Je sais que beaucoup de gens ne croyaient pas en nous, mais que ce soit le staff ou les joueurs, nous étions tous persuadés de pouvoir faire quelque chose de grand en Russie, plaide Harry McGuire, auteur de son premier but international samedi pour ouvrir le score. "Il y a de bons joueurs dans cette équipe, et un staff méticuleux, qui prépare les choses avec précision. Le deuxième but, aujourd'hui, en est le symbole. C'est une séquence que nous avons énormément travaillé à l'entraînement."

Si l'attente a été interminable, les Anglais n'ont pas envie de se contenter de cette demi-finale, fut-elle historique. "Personne ne veut rentrer à la maison, prévient Jordan Pickford, encore monumental samedi. "On doit encore rester sept jours quoi qu'il arrive", sourit le sélectionneur. Mais c'est bien de finale dont rêve. Janne Andersson, le sélectionneur suédois, est en tout cas convaincu que cette Angleterre-là peut aller au bout. "Je pense que cette équipe est assez forte pour gagner la Coupe du monde, dit-il. Ils sont puissants, très bien organisés et ne laissent pas grand-chose à l'adversaire. Je tiens à les féliciter, aussi bien les joueurs que leur coach."

Gareth Southgate et ses hommes ont balayé bien des fantômes en l'espace de quatre jours. Et quand bien même elle ne devrait pas être à Moscou le 15 juillet, l'Angleterre a déjà réussi sa Coupe du monde. Mais elle a envie de rêver. Après 28 ans de disette, elle a l'a bien mérité.

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