Coupe du monde I Les tops et flops de Maroc - Espagne : Bounou héroïque, Boufal électrique, Roja pathétique

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COUPE DU MONDE – Les exploits de Yassine Bounou, la solidité de l'axe défensif marocain, les dribbles électrisants de Sofiane Boufal, les maux éternels de la Roja et les paris perdants de Luis Enrique et un record dont les Espagnols se seraient bien passés : voici les tops et les flops de la victoire du Maroc face à l'Espagne (0-0 a.p., 3-0 t.a.b.) mardi en 8e de finale.

Yassine Bounou, héros du Maroc face à l'Espagne

Crédit: Getty Images

Les tops

Il n'avait finalement pas eu grand-chose à faire durant le temps réglementaire et la prolongation. Yassine Bounou n'a eu qu'un seul tir à arrêter sur cette période, une frappe de Dani Olmo à la 55e minute de jeu. Trop peu pour se chauffer les gants ? Pas du tout. Le portier sévillan a été bouillant durant la séance de tirs au but. Un brin chanceux sur la tentative de Pablo Sarabia repoussée par le poteau, mais totalement décisif avec deux parades sur celles de Carlos Soler et Sergio Busquets. Il n'est que le deuxième gardien à terminer une séance de tirs au but invaincu dans l'histoire de la Coupe du monde. Il est surtout devenu un héros de la nation marocaine pour l'éternité.
C'est un trio impassable. Ils se sont tous, ou presque, cassé les dents sur la défense marocaine : la Croatie de Modric, la Belgique de De Bruyne et, ce mardi, l'Espagne de Pedri. Si les Lions de l'Atlas possèdent la meilleure défense de toutes les équipes qualifiées (1 but encaissé, seulement), ils le doivent à une cohérence collective remarquable mais aussi au Mondial absolument ahurissant de trois joueurs : Nayef Aguerd, Romain Saïss et l'épatant Sofyan Amrabat. Les deux défenseurs centraux, blessés en cours de match, ont su couper toutes les tentatives adverses tandis que l'abattage du milieu de la Fiorentina a été absolument phénoménal. Si le Maroc a réussi cet exploit, il le doit en partie à ces trois-là.
Il fut le premier Marocain à sortir, peu après l'heure de jeu. Pour le plus grand plaisir de Marcos Llorente qui a vécu un calvaire pendant tout ce temps. L'Angevin fut sur une autre planète face à l'Espagne où son sens du dribble a fait des ravages quasi systématiques. Il y eut d'abord cette feinte de corps pour lancer son récital (6e). Puis, des prises de balles toujours délicieuses et une accélération constante du jeu marocain. Mais c'est ce dribble absolument incroyable qui restera : une feinte de corps, sans toucher le ballon, qui laissa Llorente cloué sur place face à tant de magie. Juste magnifique.

Les flops

Du classique. L'Espagne a eu 76,8% de possession de balle, elle a dépassé la barre des 1 000 passes (1019), elle en a réussi plus de 900 (926)… pour un seul tir cadré. Le Maroc a été héroïque, mais la Roja a aussi été sanctionnée par la stérilité de son jeu. C'est loin d'être une première, puisque ça dure quasiment depuis 2012 et sa victoire à l'Euro. Elle s'est caricaturée dans ce Mondial, où son carton face au Costa Rica (7-0) restera l'exception qui confirme la règle. La formation de Luis Enrique s'est enfermée dans ses principes de conservation sans jamais parvenir à changer de rythme pour faire mal à l'adversaire. C'est peut-être tout ce qui lui manque. Mais c'est l'essentiel.
Son coaching n'a pas porté ses fruits. Luis Enrique a lancé Alvaro Morata pour se doter d'un finisseur capable de percer le coffre-fort marocain. Cela n'a pas marché. Il a voulu dynamiter les ailes avec les entrées de Nico Williams et Ansu Fati. Sans plus de réussite. Il a enfin tenté le pari Pablo Sarabia, juste avant la fin de la prolongation, en comptant sur l'adresse du Parisien sur les tirs au but. C'était l'échec final. L'ancien Sévillan, après avoir déjà touché du bois sur la dernière frappe du match, a heurté le poteau sur la première tentative espagnole de la séance. L'ultime symbole des échecs de Luis Enrique.
La Croatie a confirmé lundi qu'elle était bien une spécialiste de l'exercice. Pour l'Espagne, c'est tout l'inverse. C'est la première fois dans l'histoire de la Coupe du monde qu'une nation perd quatre séances de tirs au but. Bien malgré eux, les Espagnols ont fait tomber un record. Ils y ont mis la manière, bien malgré eux également, en ne transformant aucune de leurs tentatives (3-0). Ce n'est que la deuxième fois qu'un tel phénomène se produit dans un Mondial. Le plus ironique de l'histoire ? Luis Enrique avait exigé de ses joueurs qu'ils travaillent spécifiquement cet exercice. Mais quand ça ne veut pas…
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