Mondial au Qatar | Gianni Infantino, patron de la Fifa, se sent "arabe", "gay", "travailleur migrant"

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COUPE DU MONDE - Présent en conférence de presse ce samedi à la veille de l'ouverture de la Coupe du monde au Qatar (20 novembre - 18 décembre), Gianni Infantino a répondu aux attaques subies par le Qatar en estimant qu'il se sentait "qatari, arabe, africain, gay, handicapé et travailleur migrant" dans une longue tirade. La FIFA est critiquée pour son absence de réactions dans certains dossiers.

"Je me sens qatari, gay et travailleur migrant" : le discours inattendu de Gianni Infantino

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Une prise de parole attendue et... surprenante. Le président de la Fifa Gianni Infantino a affirmé samedi se sentir "arabe", "gay", "travailleur migrant", en critiquant vivement, à la veille du coup d'envoi du Mondial 2022, les "leçons de morale" des détracteurs du Qatar, qui relèvent selon lui de "l'hypocrisie".
Dans une conférence de presse débutée par un long monologue, très théâtral, le dirigeant italo-suisse a mis en avant ses origines italiennes pour assurer se sentir proche des migrants venus travailler à Doha dans des conditions fustigées par les organisations de défense des droits humains. "Aujourd'hui, je me sens qatari, aujourd'hui je me sens arabe, aujourd'hui je me sens africain, aujourd'hui je me sens gay, aujourd'hui je me sens handicapé, aujourd'hui je me sens travailleur migrant", a-t-il récité dans cette anaphore introductive.
"Cela me renvoie à mon histoire personnelle, parce que je suis le fils de travailleurs migrants", a-t-il lancé. "Je sais ce que cela veut dire d'être discriminé, d'être harcelé, en tant qu'étranger. Enfant, j'étais discriminé (en Suisse) parce que j'étais roux et j'avais des taches de rousseur, j'étais Italien, je parlais mal l'allemand." Face aux nombreuses critiques dont la Fifa a été la cible en raison des conditions de travail des ouvriers sur les chantiers du Mondial, Gianni Infantino a affirmé que la fédération internationale était l'une des rares à se soucier de leur sort.

"Hypocrisie"

"Parmi les grandes entreprises qui gagnent des milliards au Qatar, combien ont réglé la question du sort des travailleurs migrants ? Aucune, parce qu'un changement de législation veut dire moins de profits. Mais nous, nous l'avons fait", a-t-il lancé, avant de s'interroger: "Pourquoi personne ne reconnaît ces progrès ?" Le Qatar est régulièrement critiqué par les ONG pour son traitement des travailleurs migrants, notamment dans les secteurs de la construction, de la sécurité et du travail domestique, ainsi que des personnes LGBTQ+.
Ces accusations sont vigoureusement rejetées par les autorités, qui soulignent avoir réformé leurs lois sur le travail, et par les organisateurs qataris du Mondial, qui assurent que les membres de la communauté LGBTQ+ seront accueillis sans discrimination, en dépit des lois criminalisant les relations sexuelles entre personnes du même sexe dans le pays.
"Ces leçons de morale, biaisées, sont juste de l'hypocrisie", a asséné Gianni Infantino, à la tête de l'instance suprême du football mondial depuis 2016 et seul candidat à sa succession en 2023. "Pour tout ce que nous, les Européens, avons fait pendant 3.000 ans, nous devrions nous excuser pendant les 3.000 prochaines années avant de commencer à donner des leçons de morale aux gens", a-t-il ajouté.
Sur les droits des LGBTQ+, le dirigeant a assuré que les autorités qataries lui avaient donné la garantie que "tout le monde" était "le bienvenu" pendant la Coupe du monde. "Si quelqu'un dit l'inverse, ce n'est pas l'opinion du pays, et ce n'est pas l'opinion de la Fifa", a-t-il clamé.
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"Il ne faudrait pas que le Benzema 2022 soit le Zidane de 2002"

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