Coupe du monde 2026 | Après leur élimination en quart de finale face à l'équipe de France, les Marocains sont apparus déjà tournés vers l'avenir

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Eliminés face aux Bleus, comme il y a quatre ans, mais cette fois en quart, les Marocains ont dit adieu à ce Mondial 2026. Déçus, mais pas abattus, ils ont tous insisté sur les promesses affichées et leur confiance en l'avenir, à la sortie d'un match difficile où ils ont souffert face à un adversaire supérieur. Tous ont tendu le doigt vers l'édition 2030, coorganisée avec l'Espagne et le Portugal.

"Le Maroc a eu peur de l’équipe de France"

Video credit: Eurosport

Le rêve se termine pour le Maroc, mais avait-il vraiment commencé ? Craints par les Français pour leur jeu enthousiasmant, leur milieu de terrain enchanteur et leurs transitions létales, les Marocains n'ont pas affiché leurs qualités dans ce quart de finale perdu face aux Bleus. Peut-être inhibés par l'enjeu et par la crainte de leur adversaire, dévorés dans l'engagement, notamment par la paire Adrien Rabiot - Manu Koné au milieu, puis assassinés par le talent de Kylian Mbappé et d'Ousmane Dembélé, les hommes de Mohamed Ouahbi n'ont pas fait mieux qu'en 2022.
A l'époque, ils avaient non seulement atteint les demies plutôt que les quarts, ce qui, pour le coup, relève surtout du hasard du tableau. Mais ils avaient surtout, par intermittence, mis en danger les champions du monde en titre de l'époque. Ce ne fut pas le cas ce jeudi. Le score est le même (2-0), mais la prestation fut inférieure. Pourtant, le groupe marocain a semblé presque satisfait à l'issue de la rencontre.

Les Bleus juste trop forts ?

"Il faut reconnaître qu'on a joué contre une très bonne équipe", a d'emblée déclaré Ouahbi au micro de Beinsport, avant d'essayer d'analyser la rencontre. "On a beaucoup souffert en première mi-temps. (...) En deuxième mi-temps, on défendait mieux... Surtout, avec le ballon, on était plus sereins. On était beaucoup mieux. En première mi-temps, on avait l'impression que des joueurs reprenaient leur souffle" a-t-il expliqué avant de revenir avec fair play sur le déclic que fut le premier but français, sur une action où Adrien Rabiot aurait pu être sanctionné d'une main.
"Certains s'arrêtent parce qu'ils voient une main. Il y a une main, je ne sais pas si elle doit être sifflée ou pas, je n'en sais rien. Après, une action individuelle de Mbappé qui marque. C'était dur à la fin", a-t-il détaillé, insistant sur la qualité de l'équipe de France. "On était venus pour faire notre jeu, on avait mis des choses en place à l'entraînement avec le coach, mais un match ce n'est pas une science infuse, il ne se passe pas forcément ce qu'on a prévu, parfois on doit s'adapter", lui a fait écho son milieu Ayyoub Bouaddi. "L'équipe adverse fait aussi des bonnes choses, il faut savoir l'accepter. On sait ce qu'on doit améliorer pour revenir encore plus fort".
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"La grinta et l'envie, elles étaient là aujourd'hui mais le football ce n'est pas que ça, et ça n'est pas passé. On a eu un petit peu de déchet technique, ça fait partie du jeu aussi. Ce qui nous a manqué aujourd'hui ? On est à chaud, on analysera le match un peu plus tard ; on a perdu on est déçus tout simplement", a expliqué de son côté Amine Sbai, entré en jeu à la 85e.

2030 déjà dans les têtes

Déçus, les Marocains ont tout de même tout le droit de l'être. Et pourtant, à les entendre autant parler d'avenir, de bases, de promesses, de vivier, de retour, on en finit par le demander s'ils le sont vraiment. "Je suis très fier de ce que nous avons réalisé. Je suis agréablement surpris par la vitesse avec laquelle les joueurs ont assimilé ma philosophie de jeu. Ils ont montré une immense envie de progresser", a ainsi souligné Ouahbi, qui a beaucoup parlé de la suite en conférence de presse. "Cette défaite ne doit pas briser notre détermination", a-t-il insisté. "Nous devons continuer à croire en notre projet, poursuivre notre travail et rester concentrés sur les fondamentaux."
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"C'est le football et on ne peut pas toujours gagner, ce match va nous permettre de grandir, savoir ce qu'on doit apprendre pour les prochaines compétitions, les détails à améliorer pour aller plus loin", a également estimé Bouaddi. "Nous disposons d'un grand vivier de jeunes joueurs et de toutes les conditions nécessaires pour continuer à progresser", s'est même enthousiasmé son entraîneur. "Il y aura d'abord une Coupe d'Afrique des Nations (en 2027) avec des éliminatoires à bien préparer et puis une compétition que nous voulons remporter à domicile en 2030", a martelé son entraîneur, convaincu que "l'avenir sera très beau si cette équipe continue sur cette voie".
On ne peut pas lui donner tort sur le principe. Fort d'un système fédéral bien huilé, le Maroc peut voir loin. Les Lions de l'Atlas ont beaucoup de qualités, un vivier important, et de réelles ambitions à avoir pour le Mondial 2030 que le royaume coorganisera avec l'Espagne et le Portugal. "A part Achraf Hakimi, qui compte plus d'une centaine de sélections, beaucoup de joueurs sont encore au début de leur parcours international. Cela laisse penser que le Maroc aura un avenir avec le sourire", a d'ailleurs acquiescé Didier Deschamps à ce sujet.

Le risque d'un apprentissage sans leçon

Le problème, c'est que demain, c'est loin. Aujourd'hui, le Maroc est éliminé, et il n'avait peut-être pas tant le droit que le devoir d'être déçu de sa performance. Les Marocains avaient convaincu face au Canada (3-0) et débarquaient dans ce Mondial en assumant leurs ambitions. "Le Maroc est entré dans une nouvelle ère, une ère où nous devons croire en notre capacité à être sacrés champions du monde", avait d'ailleurs déclaré Ouahbi avant la compétition. Dès lors, se contenter de reporter le problème à demain est un poil court, en tout cas à chaud, et peut ressembler à un mécanisme de défense plus que de construction. Avec 0,14 expected goal, et 3,05 contre, les Lions de l'Atlas n'ont pas réussi leur prestation, c'est un fait qu'ils doivent assumer.
"Cela ne veut pas dire qu’on voulait pas gagner aujourd’hui. On a tout fait pour essayer de gagner ce match. On est tombés contre une bonne équipe je le répète", s'est d'ailleurs défendu Ouahbi auprès de Beinsport. "Bien entendus qu’on reste confiants, mais on va pas se laisser abattre. On est déçus mais on va continuer à travailler (...) On doit continuer aussi à travailler la base, faire en sorte que quand il y a des blessés, des joueurs moins frais, qu'on puisse avoir un plus grand vivier. On va continuer, on ne va pas s'arrêter là. On est très déçus, on voulait plus mais il faut l'accepter", a-t-il déclaré, faisant référence sans doute à l'absence non compensée d'Ismael Saibari, qui a "changé les choses" selon son coéquipier Sbai.
A l'évidence, il ne faut pas tout jeter. Le parcours de la sélection jusqu'en quart confirme que le Maroc est présent sur l'échiquier mondial. Mais la rapidité à passer au-dessus de ce quart reste étonnante, alors que c'est justement cette croyance en la capacité, réelle, qu'aurait pu avoir le Maroc de gagner, qui semble avoir fait défaut. Oui, les lendemains marocains peuvent chanter. Le problème, c'est qu'à trop conjuguer au futur, on peut rater les enseignements du passé. Pour faire fructifier les pousses marocaines et franchir un cap, l'ambition doit se combiner à l'exigence.
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